Les écoles privées contestent la note ministérielle interdisant l’exclusion d’élèves pour impayés et dénoncent des suspensions jugées illégales de directeurs, à l’issue d’une rencontre tendue avec le ministère.
La Coordination des écoles privées (Cep) a rencontré, jeudi dernier au siège du ministère, certaines autorités de l’Éducation nationale, dont le doyen de l’Inspection générale, Moustakim Djoubeir. Cette réunion visait à revenir sur les décisions de suspension touchant plusieurs responsables d’écoles privées, notamment ceux des écoles privées Enumeco et Franco-Arabe de Mitsudje ya Hambuu. À l’Enumeco, le directeur avait été suspendu après qu’un élève a été empêché de poursuivre les cours en raison de retards de paiement des frais scolaires. Une décision que la Cep juge «excessive et juridiquement infondée ».
Selon le secrétaire général de la coordination, Archak Moussa, les échanges ont permis de clarifier certains points. «Les autorités du ministère ont reconnu le manque de cadre légal les autorisant à suspendre des directeurs d’écoles privées. Elles ont plutôt la légitimité de saisir les conseils d’administration pour demander de telles mesures », a-t-il expliqué. Concernant l’Enumeco, le ministère est revenu partiellement sur sa décision. «Le directeur est appelé à reprendre ses fonctions, mais avec des prérogatives limitées.
Une décision qui ne nous a pas plu en tant que coordination, mais qui a été validée par le conseil d’administration de l’école », a précisé Archak Moussa. Le principal concerné, Mzé Said Moudjibou Roihman, affirme pour sa part ne pas être totalement écarté. «Je ne suis pas interdit d’assurer mes fonctions administratives et pédagogiques. Mais le ministère m’a privé de certaines prérogatives, notamment la signature de dossiers officiels ou la représentation de l’école lors de réunions», a-t-il déclaré.
Au-delà de ce cas, la Cep insiste sur son opposition ferme à la note ministérielle interdisant l’exclusion des élèves pour non-paiement des frais scolaires, car elle estime qu’ «elle ne tient pas compte des réalités de fonctionnement des établissements privés». La situation est différente au sein de l’école Franco-Arabe de Mitsudje ya Hambuu. Ici, les suspensions ne sont pas liées aux frais scolaires, mais à une affaire impliquant des collégiens filmés dans une situation compromettante au sein de l’établissement, dont des images ont circulé sur les réseaux sociaux.
Des suspensions toujours en vigueur
Face à la gravité des faits, le ministère, par une note de service du 27 janvier 2026, a suspendu le directeur ainsi que certains surveillants. «Jusqu’à preuve du contraire, le personnel concerné n’est pas encore autorisé à reprendre ses fonctions», a indiqué Archak Moussa. De son côté, l’établissement a pris des mesures disciplinaires sévères à l’encontre des élèves impliqués. «Nous avons remis les dossiers aux parents.
Seul celui de la fille n’a pas encore été récupéré», a affirmé par téléphone le directeur suspendu, Mourtadhoi Said Nassur, tout en évitant de s’exprimer davantage sur l’affaire. Ces dossiers ravivent le débat sur les limites de l’intervention du ministère dans la gestion des établissements privés et sur la nécessité, pour les acteurs du secteur, d’un cadre juridique clair et consensuel.

