Réunis en conférence de presse, les collectifs des écoles privées et des parents d’élèves de Ndzuani ont rejeté une fois encore le bulletin unique. Ils invoquent des difficultés techniques, administratives et financières, et réclament un dialogue avec les autorités éducatives.
Les collectifs des établissements privés et des parents d’élèves ont réaffirmé, samedi, leur opposition à l’instauration du bulletin unique, ce nouveau procédé introduit par le ministère de l’Education, et qui consiste pour les établissements scolaires, publics comme privés, de centraliser les notes des élèves sur une plateforme numérique du ministère. Réunis en conférence de presse, ils ont détaillé les raisons de leur position, tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’un rejet du changement, mais d’une « contestation des modalités de mise en œuvre de la réforme».Parmi les principaux arguments avancés figurent le «manque de maîtrise des outils informatiques dans plusieurs établissements», l’ «absence de connexion Wi-Fi fiable» et les «dysfonctionnements administratifs déjà constatés». Les intervenants ont notamment évoqué le « retard récurrent dans la délivrance des diplômes» ainsi que «le risque d’un coût financier supplémentaire supporté par les parents».
Prenant la parole, le président du Collectif des écoles privées de Ndzuani, Takidinne Daroueche, a dénoncé une incompréhension du ministère face aux revendications exprimées. «Nous ne sommes pas en désaccord sur la méthode et le contenu de cette réforme. Le ministère comprend mal nos revendications. Nous ne refusons pas le changement, mais nous défendons l’autonomie administrative et financière de nos établissements», a-t-il déclaré, avant d’appeler à un «dialogue sincère». Il a également pointé du doigt des «dysfonctionnements» tels que «la tenue tardive de certains conseils d’établissement», plusieurs semaines après la rentrée scolaire.
Le président d’honneur du Collectif, Bacar Abdou, a insisté sur la «préservation de l’identité des écoles privées ». Selon lui, le bulletin scolaire relève de «l’intimité de l’école». Il a proposé une alternative consistant à «transmettre au ministère les noms et les notes des élèves afin que celui-ci établisse uniquement des relevés de notes, tout en laissant aux établissements la gestion de leurs bulletins».Au nom des parents, Saïd Halid a rappelé les «difficultés persistantes liées à la gestion administrative nationale». Il a évoqué l’ «indisponibilité des diplômes du baccalauréat à Ndzuani depuis 2018» et s’est interrogé sur « la capacité d’un seul bureau à traiter des milliers de bulletins et de réclamations». Il a également dénoncé une réforme «à contre-courant de la décentralisation» et souligné «l’impact financier pour des familles déjà fragilisées».Juriste des deux collectifs, Dr Ibraza Oumar a assuré du « caractère apolitique » de la mobilisation. Il a estimé que la réforme «pourrait fragiliser le secteur privé, pourtant essentiel dans un contexte de saturation de l’enseignement public», et rappelé que «les conseils d’administration des écoles restent seuls habilités à prendre des décisions majeures concernant l’avenir des établissements».

