À l’approche de la rentrée universitaire en France, Laithe Mohamed Halifa alerte sur les difficultés rencontrées par les étudiants comoriens, qu’il attribue notamment au manque d’orientation et d’accompagnement.

 

À l’occasion de la rentrée universitaire et de la période d’inscription des étudiants comoriens souhaitant poursuivre leurs études supérieures en France, Al-watwan s’est entretenu avec Laithe Mohamed Halifa, ancien président et cofondateur du Mouvement des étudiants et jeunes comoriens de Lyon (Mejcl). Il revient sur les difficultés rencontrées par certains bacheliers et étudiants comoriens dans leur parcours académique en France.

Mieux préparer les départs

Pour Laithe Mohamed Halifa, l’un des principaux facteurs d’échec réside dans «l’absence d’un véritable dispositif d’orientation et d’accompagnement des étudiants aux Comores».  Selon lui, de nombreux jeunes choisissent leur filière sans disposer d’informations suffisantes sur le contenu des formations, leurs objectifs, les compétences attendues ou encore les débouchés professionnels.

Cette situation peut conduire certains candidats à s’orienter vers des formations qui ne correspondent pas réellement à leur parcours, à leur niveau d’études ou à leur projet professionnel. «Beaucoup de jeunes comoriens choisissent leur filière sans forcément connaître précisément le contenu de la formation, ses objectifs, les compétences attendues ou encore les débouchés professionnels», explique-t-il. Le parcours scolaire ou académique constitue également un élément déterminant dans l’examen des candidatures.

 
Les résultats obtenus au lycée ou à l’université sont pris en compte par les établissements d’enseignement supérieur français, qui évaluent notamment la cohérence entre le parcours du candidat et son projet d’études. Face à ces difficultés, l’ancien président du Mejcl estime qu’il est temps de renforcer l’orientation universitaire aux Comores, et ce dès le lycée. 


Il plaide pour une meilleure information des élèves sur les différentes filières, leurs exigences, leurs objectifs, mais aussi leurs perspectives professionnelles. Laithe Mohamed Halifa évoque également l’existence d’un atelier de travail organisé dans le cadre du Programme de coopération régionale des politiques migratoires (Crpm2), financé par l’Agence française de développement et mis en œuvre par Expertise France, en collaboration avec plusieurs associations comoriennes.

 Ces acteurs réfléchissent à des solutions visant notamment à mieux informer et orienter les étudiants avant leur départ, faciliter leur accès à des formations adaptées et financièrement accessibles, renforcer leur accompagnement et prévenir les situations de précarité. Car, en l’absence d’une orientation suffisamment solide, les conséquences peuvent être importantes. Certains étudiants se retrouvent contraints de s’inscrire dans des établissements privés aux frais de scolarité élevés.

D’autres connaissent des ruptures ou des retards dans leur cursus universitaire. Il arrive également que des étudiants soient obligés de travailler parallèlement à leurs études afin de subvenir à leurs besoins.  Pour Laithe Mohamed Halifa, «l’enjeu dépasse donc la seule question de l’admission dans une université ou une école française». Il s’agit surtout de permettre aux jeunes Comoriens de «construire, avant leur départ, un projet d’études réaliste et cohérent avec leur niveau, leurs capacités et leurs perspectives professionnelles».