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Ali Mhadji, de l’université à l’hémicycle

Ali Mhadji, de l’université à l’hémicycle

Elections 2019 | -

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Transfuge de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc), le député Ali Mhadji a décidé de se lancer dans la course présidentielle, dont le premier tour aura lieu le 24 mars prochain. Seul député dans la liste des candidats, il a toujours milité aux côtés de l’Union de l’opposition, dont les candidats affiliés promettent de revenir sur l’ancien système.

 

Sur les treize candidats en lice pour l’élection présidentielle, il est le seul né dans la même région que le président (en congé), Azali Assoumani, le Hambuu. Soutenu par la Crc, lors des dernières élections législatives dans cette région du sud de Ngazidja, Ali Mhadji, qui a coupé les ponts avec son ancienne famille politique depuis son expulsion, au mois d’octobre 2017, fera cavalier seul pour conquérir Beit-Salam. Il faisait partie avec Maoulana Charif, vice-président du parlement, des deux députés sur lesquels le parti présidentiel pouvait compter à l’Assemblée nationale au cours de ces quatre dernières années.
Absent sur la scène politique pendant ces quatre derniers mois, jusqu’à l’annonce de sa candidature, celui qui vient de retrouver son fauteuil de député, occupé momentanément par son suppléant, ne compte pas jeter l’éponge, même s’il n’a toujours pas retrouvé son immunité parlementaire, levée l’année dernière, laquelle a été retirée lorsqu’il était soupçonné d’être impliqué dans l’affaire du gendarme Ali Radjabou, à qui on a amputé la main. S’il a créé son propre parti, avec son ami, Idi Boina, tous les deux dissidents de la Crc, le président de la commission des affaires extérieures du parlement a préféré garder le statut de candidat indépendant. Co-fondateur du parti «Cr en mouvement», Ali Mhadji s’est, depuis sa rupture avec son ex-parti, mué en farouche opposant du gouvernement actuel.

Anti Crc

Une hostilité qui a débuté à l’hémicycle lorsqu’ il refusait de voter certaines lois proposées par son propre camp. C’est d’ailleurs, à cause de ses prises de positions que les siens l’ont «radié». Enfant de Shuani ya Hambuu, Ali Mhadji est un enseignant chercheur à l’Université des Comores à laquelle il a intégré au lendemain de son ouverture. Il y enseignera pendant des années, la sociologie des organisations, les relations internationales, entre autres. D’ailleurs, de 2003 à 2005, il a fait l’unanimité auprès de ses collègues et a été chois chef du département Aes.
En 2000, il sort de l’Ecole nationale d’administration publique du Canada avec un Dess.  Sept mois plutôt, il avait commencé ses études doctorales en sociologie à l’Université Laval d’Ottawa en passant par Ontario jusqu’au Québec, Ali Mhadji est passé à l’Institut national des Langues et civilisations orientales (Inalco). Polyglotte (français, arabe, swahili et anglais), le chercheur a passé presque une bonne partie de sa carrière au Canada. Désigné porte-parole de l’Union de l’opposition, il reste parmi les candidats critiques du pouvoir.

Abdou Moustoifa
Demain : le candidat Salim Saadi

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