Changements climatiques, transformation numérique et industrialisation des pays membres, le président de la République estime que l’organisation doit s’atteler à apporter des réponses via des programmes concrets, estimant que les trois volets sont, à la fois, au cœur des préoccupations des populations et en droite ligne avec les ambitions des Etats pour répondre aux défis du développement socio-économique.
Le président de la République a pris la parole à Malabo à l’occasion du débat général des chefs d’Etat organisé en marge du 11eme sommet de l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Oeacp). Azali Assoumani, devant ses homologues, a défendu «trois priorités» majeures pour l’organisation aujourd’hui déterminée à engager un plan de transformation pour mieux s’adapter à la nouvelle donne mondiale.
Conscient que les changements climatiques constituent la principale menace du siècle pour les pays insulaires, le chef de l’Etat a lancé un appel à la solidarité et à la mise en œuvre des programmes propres en faveur des gouvernements. «Les pays de l’OEACP sont parmi les plus exposés aux effets du changement climatique. Pourtant, ils possèdent également un potentiel immense, notamment dans le domaine de l’énergie renouvelable et de l’économie bleue», a souligné Azali Assoumani.
Le président de la République a estimé que les fragilités que connaissent ces pays insulaires ne doivent pas constituer une fatalité mais qu’il «nous appartient alors, de transformer cette vulnérabilité en opportunité, en mobilisant des investissements capables de soutenir des économies résilientes, durables et inclusives». Il fera un plaidoyer en faveur de «la résilience et de la transition vert» pour accompagner les pays concernés à amortir durablement les chocs posés par les défis climatiques.
L’inclusion des Comores dans les marchés économiques régionaux
La deuxième priorité défendue par le chef de l’Etat est «la souveraineté numérique et le saut technologique». Pour lui, « l’avenir du développement se joue désormais aussi dans la maîtrise des technologies numériques, de l’intelligence artificielle et de la gouvernance des données», ajoutant que «nos pays ne doivent pas rester de simples consommateurs de technologies, mais devenir des acteurs capables d’innover, de créer de la valeur et de développer leurs propres capacités industrielles et numériques».La troisième priorité est celle qui consiste à « valoriser nos ressources » en mettant les pays membres sur les rails de l’industrialisation. Une approche défendue par le président de la République dans ses interventions lors des forums internationaux, estimant qu’une politique de transformation conduira non seulement à la création de la valeur ajoutée et de la richesse mais surtout à la création d’emplois aux jeunes et, à terme, à l’inclusion des Comores dans les espaces et marchés économiques régionaux«Trop longtemps, les matières premières ont quitté nos territoires sans générer toute la valeur qu’elles pouvaient créer pour nos économies. Le moment est donc venu de renforcer notre intégration dans les chaînes de valeur mondiales et de soutenir une industrialisation qui crée des emplois, notamment pour notre jeunesse», a souligné Azali Assoumani.
Un autre point souligné par le président de la République est «la réforme de l’architecture financière internationale», estimant que le chantier constitue «un enjeu essentiel» dans un monde en pleine ébullition où les financements du développement connaissent un tarissement continue
«Les pays en développement doivent pouvoir accéder à des financements plus justes, plus équitables et mieux adaptés à leurs vulnérabilités. La mobilisation d’outils tels que l’indice de vulnérabilité multidimensionnelle constitue à cet égard une avancée importante» a enchaîné le chef de l’Etat qui a adhéré aux principes de l’Oeacp avant de renouveler son attachement à sa volonté de transformation défendue par le secrétariat général.
« Face aux défis du changement climatique, de l’endettement et de la fracture numérique, nous réaffirmons que l’unité et la solidarité entre nos 79 États membres sont essentielles pour transformer nos vulnérabilités en résilience collective», a-t-il mentionné. «La Déclaration de Malabo souligne également l’importance de renforcer le multilatéralisme, conformément aux principes de l’Organisation des Nations Unies, tout en accélérant la transformation numérique, l’accès au financement du développement et la valorisation durable de nos ressources», a-t-il poursuivi.
La guerre eu Moyen-Orient et la souffrance des Palestiniens
Se disant ouvert à tout dialogue qui aboutira à des solutions innovantes pour répondre aux préoccupations des populations, Azali Assoumani a promis de faire de son pays un acteur attentif aux réformes structurelles de l’Oeacp. Il estime « qu’au-delà des projets et des mécanismes financiers, ce sommet doit surtout réaffirmer une conviction : le multilatéralisme reste indispensable pour relever les défis du XXIème siècle», selon ses termes.
«Mon pays, l’Union des Comores, compte apporter sa modeste contribution pour que le dialogue d’aujourd’hui, débouche sur des résultats concrets : un pacte de partenariat renforcé, le lancement de projets structurants dans les infrastructures numériques et l’énergie verte, ainsi qu’une coopération accrue dans les domaines de l’innovation et du transfert de technologies », a-t-il souligné, appelant l’organisation à peser de tout son poids pour contribuer à un cesses-le feu au Moyen-Orient et aider à mettre un terme à la souffrance des Palestiniens.
« Dans un contexte international marqué par des bouleversements géopolitiques, des guerres meurtrières, des extrémismes de tous bord et les catastrophes naturelles où de nombreux peuples sont aujourd’hui victimes de génocide, d’exil, de violence ou d’oppression et où de nombreux Etats voient leur existence, leur souveraineté et leur sécurité menacés et remises en cause », a-t-il souligné, appelant à « la fin du calvaire que vivent nos frères Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie » et à « un cessez-le-feu immédiat au Proche et Moyen Orient » mais surtout à « un retour à la table de négociations et au dialogue, en vue de bâtir une coexistence pacifique entre voisins dont le destin est lié, quels que soient leurs différends».



