La présidence de la République a clarifié la portée historique de cet accord qui a mis fin au séparatisme, réconcilié les Comoriens et doté le pays de nouvelles institutions republicaines.

 

Le porte-parole et le coordonnateur de la communication de la présidence de la République, Mohamed Issimaïla et Ali Djae, ont animé hier mercredi 28 janvier un point de presse au palais de Beit-Salam. Au cœur des échanges : la célébration, prévue le 17 février prochain, du vingt-cinquième anniversaire de l’Accord-cadre de la réconciliation nationale, signé à Fomboni et ayant mis fin à la crise séparatiste déclenchée en 1997 à Ndzuani.
Face aux spéculations nourries par une partie de l’opposition politique, notamment après l’annonce de la tenue de la commémoration à Mwali, le porte-parole de la présidence a tenu à lever toute ambiguïté.

Selon lui, cette date sera exclusivement consacrée à la célébration de l’accord qui a permis de préserver l’unité nationale. «Le 17 février, ce que nous allons faire, c’est juste célébrer tout ce que nous avons fait pour préserver l’unité natioanle, rien d’autre. Il n’y aura pas de sujet relatif à la tournante ni à la Constitution qui sera discuté », a-t-il affirmé avec insistance. Mohamed Issimaïla a rappelé que cet accord, bien que signé à Mwali, concerne l’ensemble de la nation comorienne.

 Il a ainsi répondu aux leaders politiques mwaliens opposés à la tenue de cet événement sur l’île. « Cet accord a été signé à Mwali, mais ce n’est pas un accord qui concerne seulement cette île, mais la nation entière », a-t-il dit. Qualifiant le 17 février de date « fondamentale dans la nouvelle histoire des Comores», le porte-parole a mis en avant l’importance du devoir de mémoire. «Lorsqu’on commémore une histoire, il faut au minimum tenir compte de deux éléments essentiels : apprendre l’histoire à ceux qui ne l’ont pas vécue et rappeler les faits à ceux qui l’ont vécue », a-t-il soutenu.


Revenant sur les années de crise liées au séparatisme anjouanais, Mohamed Issimaïla a évoqué les nombreuses tentatives infructueuses de médiation à l’étranger, notamment à Madagascar et à Addis-Abeba. C’est finalement à Fomboni, à Mwali, que les Comoriens ont choisi de se retrouver pour réfléchir ensemble à une sortie de crise fondée sur le dialogue, la collaboration et l’unité nationale.  Les négociations n’avaient toutefois rien de simple.

 Le porte-parole a rappelé qu’à un moment critique, la délégation anjouanaise avait refusé d’entrer dans la salle des discussions tant que le drapeau national y flottait. Alors que les forces politiques présentes refusaient toute concession, le président de l’époque, Azali Assoumani, avait fait preuve de sagesse en acceptant ce compromis, une décision qui s’est révélée déterminante pour l’issue des discussions. Ces échanges ont abouti à la signature de l’Accord-cadre de réconciliation nationale, dit Accord de Fomboni, entre les autorités fédérales et celles de Ndzuani.

 Mohamed Issimaïla a rappelé que le président Azali Assoumani avait participé activement aux négociations, en proposant une approche réaliste alliant dialogue et concessions, face à des positions jugées plus idéalistes. «De cet accord sont nées des avancées institutionnelles majeures : la création de l’Union des Comores, l’instauration de la présidence tournante, l’adoption d’une nouvelle Constitution et la mise en place des institutions insulaires, notamment les îles autonomes, les midjijengo», a rappelé le porte-parole de Beit-salam.


Insistant sur l’importance de la transmission historique, le porte-parole a appelé la jeunesse comorienne à s’approprier cette page essentielle de l’histoire nationale. Il a rappelé que la stabilité institutionnelle actuelle du pays trouve son origine dans ces événements, et a précisé qu’au cours des 25 dernières années, les Comores n’ont connu aucun coup d’État, contrairement aux décennies précédentes. S’agissant de la commémoration du 17 février 2026, Mohamed Issimaïla a assuré qu’elle «se déroulera comme toute autre journée officielle, sans discours équivoque ni propos susceptibles de polémique ou de mauvaise interprétation».