Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine ont bouclé hier dimanche à Addis-Abeba le 39eme sommet de l’organisation. La thématique officielle à savoir « Garantir une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 » a eu un écho particulier lors du débat général des chefs d’Etat. « Aujourd’hui encore, plus de 400 millions de personnes, sur notre continent, n’ont pas accès à une source d’eau potable sûre, et plus de 700 millions sont privés de services d’assainissement adéquats. Les premières victimes de cette situation sont bien sûr les enfants, les femmes et les populations rurales », a, par exemple souligné le président du Burundi, Evariste Ndayishimiye.
La persistance des conflits en Afrique
Mais la thématique a été éclipsée par de nombreux dossiers brûlants au cœur des priorités des dirigeants du continent, et plus particulièrement les guerres au Soudan, à l’Est de la République démocratique du Congo (Rdc) et les changements de régimes au sein de la région du Sahel.
Devant l’assistance, le président de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf s’est attelé, dans un premier temps, à démontrer « les bouleversements du monde » et leur impact sur la marche du continent, regrettant, dans son discours d’ouverture la persistance des conflits en Afrique et l’incapacité pour le continent à mieux recadrer sa vision stratégique dans un monde ou « le multilatéralisme est mis à rude épreuve ».
Le numéro un de l’Union africaine a lancé un appel à un sursaut pour faire face aux défis posés par les modifications de l’ordre international. «Faire taire les armes, sur notre continent, peine à aboutir. La fragilité politique et institutionnelle d’un certain nombre de nos pays nous préoccupe. Les conflits ouverts ou latents deviennent chroniques», a-t-il souligné. «Les changements inconstitutionnels de gouvernement refont surface et nous rappellent les temps obscurs postindépendance. Le bouleversement de l’ordre international a certainement un impact significatif sur les affaires du continent, sans oublier les ingérences récurrentes dans nos affaires par des acteurs externes », a déclaré le président de l’Union africaine, qui précise « face à ce constat, l’Afrique devra se renforcer à travers l’accélération de ces programmes d’intégration politique et économique. Il ne s’agit pas de vœux pieux mais d’un impératif de survie ».
Une analyse partagée par le secrétaire général de l’Onu, António Guterres. « Dans un monde en proie aux divisions et à la méfiance, l’Union africaine est un bastion du multilatéralisme », a-t-il souligné avant de brosser la triste liste des conflits qui secouent le continent et affirmer son engagement à rester toujours aux cotés de l’Afrique pour concrétiser les ambitions en matière d’appui au développement, à la lutte contre les effets des changements climatiques et à la mobilisation des financements en faveur des projets structurants au profit des populations du continent.
« Je peux vous garantir que jusqu’à la fin de mon mandat, l’Afrique sera la priorité numéro un de l’ONU dans toutes ses activités. Et que le partenariat entre l’Union africaine et l’ONU sera notre partenariat stratégique le plus important. Après le 31 décembre, je peux vous garantir que, où que je sois, quoi que je fasse, l’Afrique sera toujours au centre de mes préoccupations et de ma solidarité active », a promis le chef de l’Onu.Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, adepte du multilatéralisme, a arboré dans le même sens en mettant en garde contre toute forme de fracture des grands idéaux du continent. Il a ensuite souligné « l’importance de la paix durable en Afrique, attiré l’attention sur la question de l’intégrité territoriale et évoqué la situation de l’île comorienne de Mayotte » avant de « réaffirmer le soutien des Comores à la Somalie ainsi que la solidarité du pays avec la Palestine».
Mayotte, soutien à la Palestine et Accord de Fomboni…
Le chef de l’État a mis l’occasion à profit pour annoncer la commémoration des 25 ans de la signature de l’Accord-cadre pour la réconciliation nationale signée le 17 février 2001 à Fomboni et dont l’Union africaine a joué un rôle de premier plan, soulignant que la célébration est «une étape déterminante dans l’unité retrouvée et la consolidation de la stabilité institutionnelle aux Comores».Le président Azali Assoumani a eu des échanges avec Nardos Bekele-Thomas, Directrice Générale du NEPAD, «dans le cadre des efforts de transformation du pays et de mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine». Le chef de l’Etat a évoqué divers projets dont «le Développement des infrastructures, l’Accès à l’eau potable et amélioration de l’assainissement, la promotion des énergies renouvelables et l’appui à la Sonelec » mais aussi «un corridor maritime pour faciliter la circulation des biens et des personnes entre les îles».Un sommet Italie-Afrique a été organisé à Addis-Abeba en présence de la présidente du Conseil italien, Georgia Meloni, qui a réaffirmé la volonté de son pays à raffermir ses liens avec le continent. De nombreuses réunions de haut niveau sur la santé et l’agriculture ont été également eu lieu en marge du sommet.



