Les Comores ont célébré le 25ᵉ anniversaire de l’Accord cadre pour la renonciation aux Comores. L’événement a réuni autorités, diplomates et citoyens sur la place de l’Indépendance de Fomboni.

 

Hier mardi 17 février, sur la place de l’Indépendance de Fomboni, a été célébré le 25ème anniversaire de l’« Accord cadre pour la réconciliation aux Comores ». Le président de la République, Azali Assoumani, a exprimé sa gratitude envers le peuple comorien, et particulièrement les habitants de Mwali, qu’il a qualifiés d’«incarnation de la culture de la paix, de la stabilité et du vivre-ensemble». Le chef de l’État a rendu hommage aux signataires de l’accord disparus, dont l’ancien Premier ministre Abbas Djoussou, et salué les contributions déterminantes des anciens émissaires étrangers, notamment de l’Union africaine. Il a également réaffirmé son engagement à «céder le pouvoir en 2029 à un Comorien originaire de Ndzuani», une autre manière d’honorer un autre point du pacte de la réconciliation nationale, qu’est la présidence tournante entre les îles.

«La paix est un héritage fragile qui nécessite un entretien constant»

La cérémonie, qui a réuni plus de 700 personnes de toutes les localités de l’île, a débuté à 8 heures et s’est déroulée jusqu’à 12 heures, en présence de nombreuses autorités nationales : ministres, directeurs généraux de sociétés d’État, le mufti de la République, le président de l’Assemblée de l’Union des Comores, ainsi que des officiers de l’Armée nationale de développement. Plusieurs diplomates étaient également présents, dont l’ambassadeur de Tanzanie, les représentants de l’Union africaine et de l’Union européenne, et le representant résident du système des Nations unies.La gouverneure de Mwali, Chamina Ben Mohamed, avait ouvert la cérémonie en rappelant l’importance historique de cet accord. «Il y a 25 ans, notre nation a traversé une période très sensible de son histoire, marquée par de nombreux obstacles. Toutefois, les Comoriens ont choisi le dialogue plutôt que la division, la concertation plutôt que la confrontation, et la réconciliation plutôt que la rupture », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur le fait que la signature des accords de Fomboni constituait le socle de l’architecture institutionnelle du pays et le ciment d’une union restaurée.

 

Le programme a été rythmé par la lecture du Saint Coran et la projection d’un documentaire retraçant les témoignages des artisans de «ce quart de siècle de paix». Parmi eux, feu Bahe Cheikh (Mohamed Hassanaly) déclarait : «Dans cet accord, nous avons un terrain commun de plantation dont chacun de nous doit cultiver, planter et récolter la production en son temps. » Trois témoignages d’acteurs directs du processus (Houmed Msaidié, conseiller du président, Saïd Ali Bacar de Ndzuani et Chamsi Bounou, notable de Mwali) ont permis de revivre les étapes clés du dialogue, depuis Pretoria et Addis-Abeba jusqu’à Fomboni.


Les représentants diplomatiques ont pour leur part réaffirmé leur attachement à la paix et à la stabilité des Comores. Le représentant résident du Pnud a rappelé que « la paix est un héritage fragile qui nécessite un entretien constant ».La célébration, la première à se tenir à Mwali après 25 ans, a également mobilisé plusieurs associations et groupes culturels, sous la conduite de Mohamed Saïd Abdallah Mchangama, ancien président de l’Assemblée nationale, notamment l’association Boka de Mayotte, le groupe Babadi, Swayif El Watwan de Ndzuani, le groupe Wana wa Comores et Asmum de Nyumashiwa. Elle s’est déroulée dans le calme, malgré un contexte social et politique tendu ces dernières semaines. Pour Abdou Hamadi, cadre de la ville de Djwaezi, «l’absence d’incidents montre que la population a compris les enjeux diplomatiques, politiques et économiques de cette célébration».


Pour Élanrif Hamidi, notable de Mwali, « la célébration de l’Accord de Fomboni doit rester un rendez-vous annuel, tout comme la prise de l’indépendance et la Journée Maore, afin que les générations futures se souviennent ». L’événement a aussi mis en évidence les limites des infrastructures locales et la nécessité de renforcer les capacités d’accueil de l’île pour soutenir son développement et accueillir de futurs événements nationaux de grande envergure.La cérémonie s’est clôturée par l’inauguration d’une stèle commémorative sur la place de l’Indépendance, face au siège de Comores Telecomn