L’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Oeacp) veut bien peser sur tous les fronts de la géopolitique mondiale. Les pays membres ne souhaitent pas se limiter à leurs objectifs classiques de facilitation et de promotion des échanges mais comptent imposer leur voix dans les forums internationaux en raison de leur poids démographique «dans un monde en pleine recomposition».
Réunis à Malabo en Guinée Equatoriale, du 27 au 29 mars, les 79 pays membres de l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Oeacp) ont amorcé ensemble un processus de réinvention pour s’adapter à la nouvelle reconfiguration de la géopolitique mondiale. Le thème retenu à l’occasion de ce 11eme sommet des chefs d’Etat «Une OEACP transformée et renouvelée dans un monde en mutation» colle avec cette ambition affichée par les pays membres.
Des forums et des tables rondes
Fondée il y a exactement 50 ans, à travers l’accord de Georgetown (Guyane), l’organisation s’était limitée, dans son acte fondateur, à l’établissement d’une coopération commerciale avec l’Union européenne pour permettre aux pays membres d’accéder au marché du Vieux du continent. Mais elle connaitra une évolution progressive de son statut, avec les ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique), via les Accords de Lomé (1975) et ceux de Cotonou (2000) et plus tard, depuis 2008, les fameux Accords de partenariat économique (Ape) négociés toujours entre l’Union européenne et les pays membres avec les mêmes objectifs d’accès au marché européen, réciproquement.Mais depuis 2020, l’organisation prend une nouvelle dénomination : l’Oeacp avec des ambitions nouvelles d’élargir non seulement son champ d’action mais aussi sa vision en tant qu’actrice des grands rapports internationaux en raison de son poids démographique. La plateforme regroupe aujourd’hui presque la moitié des pays membres de l’Onu et représente environ 1,4 milliard d’habitants, soit 15% de la population mondiale. «Ce bloc de 79 pays en quête de renouveau, Malabo doit sceller une transformation historique, capable de lui redonner du poids dans un monde en pleine recomposition», a-t-on souligné.
A Malabo, la machine de la transformation de l’organisation a été mise en marche. Les chefs d’Etat à l’instar de l’Equato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, du Kenyan, William Ruto ou du Comorien, Azali Assoumani (lire page 3) ont acté l’idée d’une réinvention de l’institution. «L’Oeacp ne doit pas se limiter à subir, mais devrait plutôt s’évertuer à anticiper, à proposer et à agir», a souligné le secrétaire général de l’organisation, le Tchadien Moussa Saleh Batraki.En marge du 11eme sommet, de nombreux forums et tables rondes ont été organisés sur diverses thématiques : coopération Sud-Sud, maitrise de l’endettement, changements climatique, innovations technologiques, entreprenariat-jeune, autonomisation des femmes. Les ministres des Affaires étrangères et des finances, Mbaé Mohamed et Moussa Abderemane ainsi que d’autres cadres nationaux ont pris part aux séances thématisées.
Un accent particulier a été mis sur «les financements verts» censés permettra aux Petits Etats insulaires en développement (Peid), membres de l’Oeacp, de pouvoir obtenir de fonds pour mieux faire face aux effets des changements climatiques. Un aspect largement soutenu par le président de la République dans son intervention au cours du débat général des chefs d’Etat. «Les pays en développement doivent pouvoir accéder à des financements plus justes, plus équitables et mieux adaptés à leurs vulnérabilités», a-t-il souligné.



