Très ému, le président de la République a promis de poursuivre l’élan de rapprochement russo-africain. Le titre de «Docteur honoris Causa» est la plus haute distinction de l’institut MGIMO attribuée à des personnalités œuvrant en faveur, entre autres, de la promotiin des liens entre l’Afrique et la Fédération de Russie.

 

Le chef de l’État a été honoré par l’institut d’État des relations internationales (MGIMO) de Moscou, à l’occasion d’une cérémonie organisée , mardi 28 octobre, dans les locaux de l’établissement. Azali Assoumani a reçu le titre de «docteur honoris Causa» de l’institut. Il s’agit d’une distinction que l’établissement accorde à des personnalités distinguées pour leur parcours politique personnel et leur engagement en faveur de la paix, du règlement des conflits, du développement, de la culture et du rapprochement des peuples, entre autres.

 «Les membres de l’institut d’État des relations internationales MGIMO ont décidé à l’unanimité d’attribuer le titre de docteur honoris causa à Monsieur Azali Assoumani, président des Comores, pour sa contribution au renforcement des liens entre la Russie et l’Afrique», a déclaré le recteur de l’institut, Anatoly V. Torkounov. La remise de la distinction de ce titre baptisé «Doctor honoris Causa» au chef de l’État comorien a eu lieu en présence du recteur, du premier ministre du Rwanda, de la première dame de la Namibie, Epaphras Denga Ndaitwah, de l’un des groupes d’opposition parlementaire russe, «LDPR» (en français : parti libéral démocrate de Russie), Leonid E.

 Slutsky et de la vice-présidente de la Douma d’Etat, la chambre basse russe, Margarita A. Voropaeva. Le choix de décerner le titre de docteur honorifique de l’institut d’État des Relations internationales de Moscou au président de la République est motivé, selon son recteur, par son action diplomatique en faveur du rapprochement des liens entre la Russie et l’Afrique lorsque Azali Assoumani était à la tête de la présidence en exercice de l’Union africaine entre 2023 et 2024. Anatoly V. Torkounov a aussi cité l’engagement du chef de l’État ces dernières décennies en faveur du règlement des crises dans son propre pays et le leadership manifesté en vue de résoudre certains conflits à l’échelle du continent et au-delà.

Le règlement de la crise séparatiste 

Selon l’entourage du chef de l’État, le règlement en 2001 de la crise séparatiste qui a secoué le pays, a été une prouesse à la fois politique et diplomatique qui a évité les Comores de l’éclatement et qui a servi de modèle pour d’autres pays du continent. «Le minimum de résolution d’une crise similaire est de 15 à 20 ans. Or le président Azali a réussi à régler cette crise en deux ans après son arrivée au pouvoir», a justifié Houmed M’saidie, le conseiller politique du président de la République qui rappelle que «la paix et la stabilité» ont été les leitmotivs du chef de l’État dans tous les forums internationaux.

 Houmed M’saidie a rappelé, entre autres actions, que le leadership d’Azali Assoumani, à la tête de l’Union africaine (UA), a permis de constituer «un pool diplomatique» pour pousser la Russie et l’Ukraine à se parler et à offrir aux deux pays une alternative de discussions en vue d’un règlement négocié à leur conflit. «Le président Azali s’est rendu à Kiev et à Moscou pour renforcer les missions de bons offices en vue d’une solution au conflit.

 L’Afrique, grâce au président Azali, a brisé la glace entre la Russie et l’Ukraine à un moment où aucune tentative africaine de paix n’a été engagée à l’époque. Tout cela a laissé de traces», a souligné Houmed M’saidie qui a rappelé également l’adhésion de l’Afrique au sein du G20 grâce à l’engagement du président Azali Assoumani, permettant au continent africain d’inscrire un nouvel agenda dans sa volonté de prendre part activement aux grandes décisions internationales.

Le rapprochement des liens entre la Russie et l’Afrique 

Le recteur de l’institut Anatoly Torkounov a ainsi salué «l’engagement du chef de l’État comorien en faveur de la paix et de l’entente mutuelle entre les peuples et les combats pour le développement socio-économique». Le haut fonctionnaire russe a lui aussi rappelé les efforts de médiation du conflit russo-ukrainien et a notamment exprimé sa reconnaissance au président Azali Assoumani pour avoir participé à tous les forums russo-africains.

 «Le chef de l’État des Comores, Azali Assoumani, a été toujours au rendez-vous et a participé au renforcement du dialogue entre la Russie et l’Afrique au plus haut niveau quand il était président de l’Union africaine. Nous lui remercions et nous en sommes très reconnaissants», a encore souligné le patron de l’institut qui a affiché la détermination de son établissement à diversifier les actions dans le continent et à établir des liens avec des universités africaines pour promouvoir les relations diplomatiques, les échanges scientifiques, académiques, culturels et économiques entre la Russie et l’Afrique.

 Le chef de l’État, très ému après la remise du titre, a remercié l’institut et les autorités de la Fédération de Russie, soulignant l’impérieuse nécessité de mettre en avant des solutions diplomatiques en vue de faire taire les armes dans le monde, de régler les différends politiques et de mettre un terme aux crises cycliques afin de s’atteler au développement socio-économique. «Je mesure la portée symbolique de cette distinction. J’en suis très reconnaissant.

 Et cela me pousse à travailler encore davantage au renforcement et à la consolidation des liens entre la Russie et mon pays et entre la Russie et l’Afrique», a déclaré Azali Assoumani, très acclamé par le public présent dominé par des professeurs et de nombreux étudiants de l’institut. «Je mesure la tâche que vous venez de me confier», a dit le président de la République qui a promis d’appuyer «toutes les initiatives de la Russie en faveur du développement de l’Afrique», insistant sur le rôle de la jeunesse dans cette vision de rapprochement des peuples.

 Créé en 1944, l’institut d’État des relations internationales MGIMO compte plus de 11.000 étudiants et accueille chaque année des dizaines de ressortissants du continent africain. L’établissement demeure la plus grande référence dans la formation de l’élite russe dont les diplomates et les hauts cadres de l’administration publique. Le titre de “Docteur honoris causa» est la plus importante distinction réservée aux grandes personnalités œuvrant en faveur de la paix, de la promotion du savoir scientifique et du rapprochement entre la Fédération de Russie et le monde.