Le président de la République dit reconnaitre la légitimité du débat démocratique et les divergences de vue mais souhaite que tous les acteurs politiques convergent tous sans ambigüité ni faux-semblants vers un principe sacré : l’unité et l’indivisibilité du pays. «Retrouvons-nous sur l’essentiel. Débattons, oui. Contestons, si nécessaire. Proposons des alternatives, pour l’intérêt de la Nation. C’est cela la démocratie. Mais ne faisons jamais de la paix, de l’unité nationale et des acquis institutionnels des terrains de division», a-t-il souligné. 

 

A Fomboni hier, le chef de l’Etat a lancé un appel aux Comoriens à mettre l’intérêt supérieur du pays au-dessus des velléités partisanes, à prêcher la paix et à participer à l’élan de consolidation de l’unité retrouvée après la signature de l’Accord-cadre pour la réconciliation aux Comores. « Célébrer Fomboni ne signifie donc pas sanctuariser le    passé  mais reconnaître que notre pays a su, à un moment critique, choisir le dialogue plutôt que la rupture,  pour l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-il d’abord souligne en préliminaire, ajoutant que «la stabilité c’est honorer en permanence, l’esprit de compromis, et réaffirmer que l’intérêt supérieur de la Nation doit dépasser les clivages partisans ». Il fera part de la particularité historique de l’Accord de Fomboni. «Il est devenu une référence en matière de résolution pacifique des conflits dans les petits États insulaires et en Afrique. Sa portée est internationale. Sa signification est universelle : un peuple peut transformer ses divergences en un pacte d’avenir».

L’unité et l’indivisibilité du pays

Azali Assoumani, dans son discours, est longuement revenu sur le processus de résolution de la crise séparatiste, les négociations engagées, les sacrifices consentis, les acteurs mobilisés et les compromis arrachés après trois années d’incertitudes et de fragilisation de l’unité du pays. Le président de la République dit reconnaitre la légitimité du débat démocratique et les divergences de vue mais souhaite que tous les acteurs politiques convergent tous sans ambigüité ni faux-semblants vers un principe sacré : l’unité et l’indivisibilité du pays.
«Retrouvons-nous sur l’essentiel. Débattons, oui. Contestons, si nécessaire. Proposons des alternatives, pour l’intérêt de la Nation. C’est cela la démocratie. Mais ne faisons jamais de la paix,  de l’unité nationale et des acquis institutionnels  des terrains de division », a-t-il déclaré. «Il s’agit d’un rendez-vous avec l’Histoire. L’opposition a donc toute sa place dans notre démocratie. Elle est légitime, nécessaire et utile. Mais l’unité nationale sur les fondamentaux de la paix et de l’intégrité territoriale devrait transcender les clivages», a ajouté Azali Assoumani, remerciant, au passage, des chefs de partis de l’opposition dont le député Ibrahim Ali Mzimba, chef de l’opposition parlementaire, de Housni Mohamed Abdou du parti Swauti et des ténors des organisations de la société civile comme l’ancien président de l’Assemblée nationale, Mohamed Said Abdallah Mchangama. « L’Accord de Fomboni n’appartient ni à un camp, ni à un gouvernement, ni à un homme. Il appartient à la Nation. Il est le patrimoine politique commun de tous les Comoriennes et Comoriens », a-t-il insisté.


Le président de la République a, une nouvelle fois, réaffirmé le caractère sacré et symbolique de la date du 17 février, érigée en jour férié. « S’il est une date qui ne devrait pas nous diviser après le 6 juillet 1975 ça devrait être celle du 17 février 2001, parce que, dans la crise institutionnelle profonde que traversait le pays, cet Accord a permis d’éviter le pire. L’Accord-cadre de Fomboni a restauré la confiance entre les îles et entre les Comoriennes et Comoriens », a-t-il souligné. «Il a ouvert la voie à une architecture politique fondée sur le compromis, l’équilibre et la reconnaissance des spécificités insulaires», a-t-il ajouté. Pour Azali Assoumani «célébrer l’Accord de Fomboni, ce n’est pas seulement honorer le passé. C’est interroger notre présent et engager notre responsabilité collective pour l’avenir des générations futures».


Pour le président la célébration d’un moment de communion doit toujours faire consensus dans toutes les couches de la société. «Lorsque la République commémore un événement d’une telle dimension, reconnu par nos partenaires et inscrit dans notre mémoire collective, il ne s’agit pas d’un meeting partisan», a-t-il souligné, précisant l’obligation pour les dirigeants et les acteurs politiques du « rappeler aux jeunes générations que la stabilité c’est honorer en permanence, l’esprit de compromis, et réaffirmer que l’intérêt supérieur de la Nation doit dépasser les clivages partisans».

Le socle de la consolidation  de l’unité du pays

Le chef de l’Etat a rendu grâce à Allah pour avoir permis aux Comoriens de trouver eux-mêmes une solution à leur propre crise après des pourparlers infructueux, estimant que «l’accord» n’est qu’une « étape » du pays dans sa quête d’unité et de progrès. «L’Accord cadre de Fomboni, n’est donc pas un simple texte juridique. Il est l’expression d’un sursaut national. Il est la réponse d’un peuple qui, face aux tensions séparatistes et aux incertitudes institutionnelles, a choisi le dialogue plutôt que la division, la négociation plutôt que la confrontation, l’unité plutôt que l’éclatement », a encore souligne Azali Assoumani, précisant ainsi que «cette architecture institutionnelle, issue du compromis et du courage politique, a permis de restaurer la paix, de stabiliser nos institutions et d’ouvrir une nouvelle page de notre destin commun».


Le président a souligné la nécessité de préserver les acquis démocratiques et  faire respecter l’agenda constitutionnel au nom de la stabilité, rappelant que l’alternance politique doit demeurer le socle de la consolidation de l’unité du pays et de la poursuite des plans de développement. «Permettez-moi de rappeler une autre date, devenue mémorable, justement à cause de l’Accord de Fomboni  et qui nous rappelle le chemin parcouru : la date du 26 mai», a-t-il rappelé. «En effet, le 26 mai 2002, le 26 mai 2006,  le 26  mai  2011, le 26 mai 2016, le 26 mai 2019 et le 26 mai 2024, sont les dates d’investiture du résident nouvellement élu dans notre pays, depuis cet Accord de 2001. C’est la date qui symbolise les élections libres et démocratiques et les alternances pacifiques entre pouvoir et opposition, que connait notre pays depuis bientôt trois décennies», a-t-il mentionné avant de réitérer sa volonté à passer la main à un citoyen de l’île de Ndzuani en 2029. «J’ai donc bon espoir, et je prie Dieu que le 26 mai 2029, je passerai le flambeau à mon successeur, ressortissant de l’Ile Autonome de Ndzouani,  qui sera choisi par le peuple comorien, pour l’intérêt supérieur de notre pays».

 

Des hommages à des personnalités nationales et internationales

Le chef de l’Etat a rendu hommage à «l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, Paul Bérenger, l’ancien premier Ministre de la République de Maurice, feu Jacques Sylla, ancien premier Ministre et Président de l’Assemblée nationale de la République de Madagascar, Abdulkadeer Shareef, ancien Vice- ministre des Affaires étrangères de la République Unie de Tanzanie, Abdou Diouf, ancien Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Pierre Andre Wiltzer, ancien ministre français délégué à la Coopération et à la Francophonie, Jean-Pierre Lajaunie, ancien Représentant de la Présidence de l’Union européenne, Mamadou Kane, ancien représentant des Nations Unies et Wilfrid Bertile, ancien Secrétaire Général de la Commission de l’Océan Indien». Des hommages ont été également rendus aux feux Mohamed Fazul, Abasse Djoussouf et Issamidine Adaine qui nous ont quitté» mais aussi «à ceux d’entre eux, qui sont parmi nous et je veux citer le Lieutenant-Colonel Said Abeid, Messieurs Ali Toihir et Saidali Bacar, connu sous le surnom d’Astuce ».