Exemption de visas pour les détenteurs de passeports officiels, coopération technique dans des secteurs vitaux tels que les hydrocarbures, la pêche, l’agriculture, l’éducation, le tourisme ou encore réaffirmation des principes du droit international, les deux pays affichent une volonté commune de poser les jalons d’une coopération « mutuellement bénéfique ». Trois projets d’accords sur « l’énergie, l’économie et le commerce, la promotion et la protection des investissements » sont en cours de négociations.
Les Comores et la Guinée Equatoriale ont scellé, mardi 24 mars à Malabo, un accord-cadre de coopération qui couvre presque tous les secteurs clés de développement. Le document est signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Mbaé Mohamed et Simeón Oyono Esono Angue, au premier jour de la visite d’Etat du président de la République, Azali Assoumani, à l’invitation de son homologue equato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.
Le locataire de Beit salam a été accueilli à l'aéroport par le premier ministre Manuel Osa Nsue avant les honneurs militaires d'usage et la réception officielle à la présidence équato-guinéenne.
«Une coopération mutuellement bénéfique»
Accompagné d’une importante délégation, le chef de l’Etat, aux côtés de son épouse, Ambari Darouech, a salué « les liens d’amitié et de coopération » et « les opportunités communes de développement durable notamment l’économie bleue», ajoutant que « ma visite s’inscrit dans une vision commune d’impulser une nouvelle dynamique de coopération pour l’intérêt de nos deux pays et de nos deux peuples». Les deux chefs d’Etat ont eu un tête-à-tête avant la signature de cet accord de coopération.
Les deux pays ont mis en avant leurs particularités et leur appartenance à presque toutes les organisations internationales, jugeant de sceller «une coopération mutuellement bénéfique». Outre l’accord sur «l’exemption de visas » pour les détenteurs de passeports officiels et «le mémorandum sur les consultations diplomatiques», les deux pays ont signé « un communiqué conjoint » qui détaille les domaines par lesquels ils seront appelés à explorer les pistes de leur partenariat multiforme en construction.
Renforcer la coopération Sud-Sud
Réaffirmant les principes classiques de la coopération, le communiqué conjoint précise que «les deux chefs d’État ont souligné l’importance de renforcer la coopération Sud-Sud comme outil essentiel pour promouvoir le développement économique, le transfert de connaissances et l’échange d’expériences entre les pays en développement», avant de souligner l’engagement pris «d’intensifier le dialogue politique et diplomatique à travers la tenue régulière de consultations entre leurs Ministères des Affaires étrangères respectifs, afin de coordonner leurs positions et de renforcer la coopération dans les forums régionaux et internationaux».
Les hydrocarbures, la pêche, l’agriculture, l’éducation et le tourisme ont été mis en avant par les deux pays avec la volonté de « promouvoir le commerce bilatéral et encourager un environnement favorable aux investissements entre les secteurs public et privé de la Guinée équatoriale et de l’Union des Comores ». Le document ajoute que «les deux délégations ont réaffirmé leur engagement à consolider les mécanismes existants de coopération bilatérale et à explorer, à travers la Commission Mixte, de nouveaux domaines de coopération susceptibles de contribuer au développement économique et social des deux pays».
Les deux pays «ont souligné l’importance de renforcer la coopération Sud-Sud comme outil essentiel pour promouvoir le développement économique, le transfert de connaissances et l’échange d’expériences entre les pays en développement» et aspirent promouvoir « de programmes de bourses, des échanges académiques et de la coopération entre Universités et Institutions de formation, afin de contribuer au développement du capital humain».
Devant son homologue equato-guinéen, le chef de l’Etat est revenu sur les questions internationales et «la nécessaire solidarité» entre les pays africains face aux tensions et aux crises qui gangrènent le monde.
Les deux présidents « ont réaffirmé leur engagement en faveur des principes et des objectifs de l’Union africaine, notamment en ce qui concerne la promotion de la paix, de la sécurité, de la stabilité politique et de l’intégration régionale en Afrique», selon toujours le communiqué qui ajoute que «les deux parties ont réitéré leur attachement au multilatéralisme et ont souligné le rôle central de l’Organisation des Nations Unies dans la promotion de la paix et de la sécurité internationales, ainsi que dans la recherche de solutions concertées aux grands défis mondiaux».
Le 11eme sommet de l’Oeacp
Dans ce même registre, les Comores et la Guinée Equatoriale, à travers leurs chefs d’Etat, « ont réaffirmé leur engagement en faveur du respect du droit international, notamment les principes de souveraineté des États, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures, éléments fondamentaux pour la coexistence pacifique entre les nations».
Trois accords de coopération dans les domaines de «l’énergie, de l’économie, du commerce, et la protection des investissements» sont en cours de négociations et qu’il a été demandé «aux ministres des Affaires étrangères de faire le suivi nécessaire pour explorer les pistes devant conduire à leur validation et leur signature», selon le département en charge des Affaires politiques et juridiques du ministère des Affaires étrangères.
Il est à noter que le président de la République prendra part ensuite au 11eme sommet de l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) qui aura lieu du 27 au 29 mars à Malabo. Une session extraordinaire des ministres des Affaires étrangères s’ouvre ce vendredi 27 mars avant le sommet des chefs d’Etat prévu le lendemain. Divers forums sont au programme : Economie bleue dans les PEID, entreprenariat jeunes, insertion des femmes dans les systèmes agroalimentaires.
Outre le président de la République, la délégation comorienne de Malabo est composée des ministres des Affaires étrangères, Mbaé Mohamed, des Finances, du budget et du secteur bancaire, Moussa Abderemane, du conseiller diplomatique Djaé Ahamada Chanfi, des ambassadeurs Assoumani Youssouf Mondoha et Mohamed Chatur El Badaoui, du chef de pôle «Economie » au secrétariat général du gouvernement, Raoul Delapeyre et du député Ibrahim Ali Mzimba et de hauts cadres du ministère des Affaires étrangères.




