La rencontre, à la fois symbolique et fraternel, a permis aux deux chefs d’Etat de raviver l’amitié qui lie les deux pays depuis 1979 et ouvrir la voie à la concrétisation de nombreux dossiers dont la signature d’un mémorandum de coopération générale. Moroni a fait une demande pressante d’ouverture d’une ambassade turque aux Comores et l’établissement d’un cadre pour faciliter les investissements de la Turquie dans les îles.
Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, a eu un tête-tête avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan à l’occasion de la 5eme édition du Forum d’Antalya consacré essentiellement aux grands équilibres mondiaux et à la paix au Moyen-Orient. (Lire page 2). Accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Mbaé Mohamed et de son conseiller diplomatique, Djaé Ahamada Chanfi, entre autres, le président de la République a renouvelé une demande de redynamisation de la coopération bilatérale.
Définir et structurer le partenariat
Les deux pays n’ont pas encore signé un accord général de coopération mais affichent leur volonté de le faire suite à la deuxième session des consultations politiques qui ont eu lieu à Ankara au début du mois d’avril. L’objectif étant de définir et de structurer le partenariat entre les Comores et la Turquie. Pour l’heure, les initiatives directes visent à créer les conditions nécessaires à la formalisation d’une coopération classique devant contribuer à la concrétisation de nombreux dossiers d’un mémorandum de coopération générale.
«Un accord-cadre général permettra de faciliter la conclusion d’accords sectoriels, notamment dans les domaines de la défense, de la santé, de l’économie et de l’agriculture, tout en soutenant la mise en place d’un conseil des affaires destiné à renforcer les échanges et promouvoir les investissements», souligne la page officielle de Beit-Salam qui précise que l’objectif final visé par les deux chefs d’Etat est de «renforcer les échanges économiques et commerciaux, mettre en place des instruments juridiques et des accords-cadres, encourager les investissements turcs aux Comores» mais aussi «créer un conseil économique conjoint» et «développer les infrastructures structurantes».
Des positions communes
Le volume des échanges entre la République de Turquie et les Comores a été estimé à «23,3 millions de dollars en 2024», selon l’Agence turque de coopération internationale (Tika), citée par l’agence de presse Anadolu. «La dynamique actuelle confirme la volonté des deux pays d’inscrire leur partenariat dans la durée, en élargissant progressivement les domaines de coopération», souligne cette agence de presse gouvernementale turque.
La partie comorienne souhaite l’ouverture rapide d’une ambassade turque à Moroni pour booster ces initiatives et capitaliser cette nouvelle donne de la coopération. Une réflexion sur un cadrage des investissements turcs aux Comores a été engagée par les deux parties avec la perspective de la création «d’un conseil des affaires destiné à renforcer les échanges et promouvoir les investissements».

En marge du tête-à-tête, le chef de l’Etat a évoqué l’organisation en 2027 des Jeux des Iles de l’Océan indien et sollicité l’accompagnement de la Turquie. Tout comme le soutien de la Turquie dans la promotion d’un écosystème sanitaire viable et son appui pour le renforcement des capacités humaines et techniques du futur Centre hospitalier universitaire (Chu El-Maarouf), entre autres.S’agissant des conflits et des crises qui secouent le monde, le tête-à-tête entre les deux présidents a permis à ces derniers d’afficher leur position commune sur le respect des grands principes qui doivent guider les relations internationales. La République de Turquie, par sa position stratégique entre l’Orient et l’Occident, est considérée comme un acteur diplomatique majeur dans les équilibres mondiaux entre l’Europe, l’Arabie et l’Afrique.
Les relations internationales
Les deux chefs d’Etat ont ainsi affiché leurs convergences de vue sur les crises actuelles et les rapports qui doivent animer les Etats vers un monde débarrassé des conflits. Les deux présidents ont reconnu que les guerres sapent l’ordre international, appelant à leur règlement pacifique dans le respect des principes des Nations-Unies. Les deux chefs d’Etat ont appelé à la fin de la guerre au Moyen-Orient et au règlement rapide de la question palestinienne.Les Comores et la Turquie, membres de l’Organisation de la coopération islamique (Oci), affichent des positions communes sur presque tous les sujets en raison de leur attachement au multilatéralisme, à la stabilité et à la paix. Des positions encore réaffirmées, il y a quelques années, par les présidents Azali Assoumani et Recep Tayyip Erdoğan, lors du sommet Türkiye-Afrique de 2021 à Istanbul et du Forum économique Türkiye-Afrique en 2023.
| «Les deux chefs d’Etat ont ainsi affiché leurs convergences de vue sur les crises actuelles et les rapports qui doivent animer les Etats vers un monde débarrassé des conflits. Les deux présidents ont reconnu que les guerres sapent l’ordre international, appelant à leur règlement pacifique dans le respect des principes des Nations-Unies. Les deux chefs d’Etat ont appelé à la fin de la guerre au Moyen-Orient et au règlement rapide de la question palestinienne». |




