Dans le cadre des 600 activités prévues pour célébrer l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels, l’ambassadeur de Chine aux Comores s’est entretenu avec la presse locale sur divers sujets de l’actualité internationale. La conférence de presse a été précédée de l’activité Journée portes ouvertes à la représentation diplomatique le 1er juin.
Vendredi matin, 5 juin, l’ambassadeur de la République populaire de Chine aux Comores s’est entretenu avec la presse locale à Moroni. Huang Zheng a tenu, à travers cette entrevue, à présenter la position de la Chine sur cinq sujets d’importance capitale de l’actualité internationale. Il s’agit de la situation au Moyen-Orient, des relations sino-américaines, du principe d’une seule Chine, de l’année sino-africaine et de la politique chinoise de tarif zéro aux produits africains.
«Face aux récentes turbulences internationales, a déclaré le diplomate dans sa présentation liminaire, la Chine n’a cessé d’élargir son ouverture». Ainsi, il a débuté son exposé par la présentation des quatre propositions du président Xi Jinping visant à maintenir et promouvoir la paix et la stabilité au Moyen-Orient. Pour l’ambassadeur Huang, «la position de la Chine sur la situation en Iran est très claire. Ce conflit a infligé de lourdes pertes à la population iranienne et à celle d’autres pays de la région». Compte tenu des répercussions, ce conflit pèse lourdement sur l’économie mondiale, impacte les circuits commerciaux et industriels et la stabilité de l’approvisionnement énergétique mondial. «Ce qui porte atteinte aux intérêts communs de la communauté internationale», a-t-il insisté.
La préoccupation majeure de la Chine reste de trouver rapidement une issue à cette situation dans l’intérêt non seulement des Etats-Unis et de l’Iran, mais aussi des pays de la région et du reste du monde. C’est dans ce contexte, rappelle le conférencier, que lors d’une rencontre avec le prince héritier des Emirats arabes unis, le président chinois a présenté une approche en quatre points pour préserver et promouvoir la stabilité au Moyen-Orient. Il s’agit, premièrement, de s’en tenir au principe de la coexistence pacifique permettant de soutenir les pays de la région dans l’amélioration de leurs relations afin de mettre en place une architecture de sécurité commune, globale et durable. Puis, s’en tenir au principe de la souveraineté de tous les pays, en rejetant toute ingérence dans les affaires intérieures. Il faut aussi s’en tenir à l’état de droit international qui s’articule autour du respect des chartes et résolutions des Nations Unies ainsi que des normes régissant les relations internationales. Et enfin, s’en tenir à l’équilibre entre la sécurité et le développement. Il s’agit, en fait, de promouvoir le développement économique et social comme fondement essentiel pour éradiquer les crises et bâtir une paix durable.
La position constante de la Chine
Le diplomate chinois a évoqué, au passage, la proximité des pays du Golfe avec l’Union des Comores et la préoccupation de cette dernière pour une paix durable dans la région. A en croire Huang Zheng, seul le dialogue peut résoudre les différends et espère «que les parties concernées sauront saisir cette opportunité de paix, respecter les engagements en matière de cessez-le-feu, maintenir la dynamique des négociations, s’en tenir au règlement des différends par des moyens politiques et diplomatiques, et parvenir rapidement à un cessez-le-feu global et durable, afin de créer les conditions nécessaires au rétablissement de la paix et de la tranquillité au Moyen-Orient et dans la région du Golfe».
Au sujet des avancements récents des relations sino-américaines, l’ambassadeur a rappelé la visite d’Etat de deux jours, à l’invitation du président Xi Jinping, effectuée en Chine par le président américain Donald Trump, au mois de mai dernier. Le voyage revêtait une importance historique étant la première visite d’un président américain en Chine depuis neuf ans. Selon le conférencier, les deux présidents ont eu des rencontres et «ont procédé à un échange de vues approfondi sur les grandes questions concernant les deux pays et le monde, et sont parvenus à une série de nouveaux consensus».
L’ambassadeur Huang a révélé que «les deux présidents sont convenus d’une nouvelle vision de l’établissement des relations sino-américaines constructives de stabilité, afin de donner une orientation stratégique pour le développement des relations sino-américaines dans les trois ans à venir et au-delà, de promouvoir le développement stable, sain et durable des relations sino-américaines, et d’apporter davantage de paix, de prospérité et de progrès au monde». Il est rapporté également que les deux Chefs d’Etat sont convenus de renforcer la communication et la coordination sur les questions internationales et régionales. Huang Zheng a ajouté que «la Chine est prête à travailler avec les Etats-Unis pour élargir la coopération et gérer les divergences dans un esprit d’égalité, de respect et de bénéfice mutuel, et apporter davantage de stabilité et de certitude à un monde de changements et de turbulences».
En abordant la question de Taïwan, l’ambassadeur a martelé que l’île fait partie intégrante du territoire chinois depuis l’antiquité, qu’elle n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais un pays. «Le retour de Taïwan à la Chine est un acquis de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise de même que de la victoire de la Seconde Guerre mondiale». Le conférencier a saisi l’occasion pour saluer l’unanimité de tous les pays africains, à l’exception de l’Eswatini, à ne pas reconnaître «l’indépendance de Taïwan» et soutenir la réunification de la Chine.
L’adhésion à une seule Chine
Quant à la célébration de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels 2026, il s’agit d’une initiative importante convenue conjointement par le président Xi Jinping et les dirigeants africains. Les relations sino-africaines ont une longue histoire et l’amitié traditionnelle entre la Chine et l’Afrique s’est renforcée au fil du temps.
Il est réjouissant, à en croire l’ambassadeur Huang, de constater que les peuples chinois et africains se rapprochent de plus en plus, que la coopération sino-africaine s’étende sans cesse et que l’amitié entre la Chine et l’Afrique s’approfondisse continuellement. Le «Sud global», représenté notamment par la Chine et l’Afrique, se développe et s’élève de manière irrésistible. La célébration de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels, ce sont près de 600 activités prévues en Chine et en Afrique mettant en lumière les échanges artistiques, éducatifs et sportifs, tout en renforçant les programmes de santé et de formation.
Le dernier point de la conférence sur les échanges économiques et commerciaux sino-africains se focalisait sur la politique de droits de douane nuls à l’égard de 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine. Elle est appliquée à compter du 1er mai dernier. Cette politique a trouvé des échos très chaleureux dans tous les milieux en Afrique, et les dirigeants africains l’ont hautement appréciée.
La Chine est la première grande économie à accorder volontairement le traitement de droits de douane nuls à tous les pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec elle. «Nous avons concrétisé par des actions concrètes l’engagement solennel pris par le président Xi Jinping envers les dirigeants africains», a déclaré l’ambassadeur Huang Zheng. De nombreux produits africains de haute qualité ont déjà fait leur entrée en Chine en franchise de droits et sont disponibles pour les consommateurs chinois dans les supermarchés. Le conférencier a émis le souhait de voir également bientôt des produits comoriens de haute qualité bénéficier eux aussi du tarif zéro et intégrer le marché chinois.



