Le Conseil des ministres recommandé une révision des frais de scolarité à l’Université. Une large campagne de sensibilisation auprès des parties concernées va être lancée afin d’éviter que la situation ne débouche sur une crise sociale. L’amphithéâtre et les foyers sociaux environnants pourraient être réquisitionnés pour résoudre une éventuelle saturation des infrastructures universitaires.

 

Le Conseil des ministres a eu lieu hier jeudi 27 août au palais de Beit-salam, sous la présidence du chef de l’Etat, Azali Assoumani. Plusieurs dossiers ont été examinés. Et à l’issue de la réunion, la porte-parole du gouvernement, Fatima Ahamada, en a livré le compte rendu à la presse. La ministre de l’Information a expliqué que son collègue de l’Energie, Aboubacar Said Anli, a évoqué la question de la rationalisation de la gestion des quotas d’eau attribués à certaines institutions de l’État. Le ministre a présenté la nécessité de dresser un état des lieux des quotas accordés aux cinq principales institutions concernées. 


Les membres du Conseil ont toutefois souligné qu’une évaluation ne signifie pas nécessairement une augmentation ou une diminution des volumes attribués. Ils ont rappelé que certaines institutions jouent un rôle central et qu’il serait donc plus pertinent de renforcer leur approvisionnement plutôt que de procéder automatiquement à une réduction. Le Conseil a plaidé pour l’attribution d’un quota spécifique au stade omnisports de Maluzini, afin de contribuer à la rentabilisation des investissements réalisés par l’État.
La situation de l’Université des Comores à l’approche de la rentrée universitaire 2026-2027 a également occupé une place importante dans les discussions. Face à l’augmentation attendue du nombre d’étudiants, le ministre de l’Education nationale, Bacar Mvoulana, a tiré la sonnette d’alarme sur l’insuffisance des ressources disponibles pour préparer convenablement leur accueil. 


Le Conseil a ainsi recommandé de revoir les frais scolaires pour la prochaine rentrée et de mener une large campagne de sensibilisation auprès des parties concernées, afin d’éviter que la situation ne débouche sur une crise sociale. Le Conseil a également recommandé d’étudier la possibilité d’utiliser, en cas de besoin, l’amphithéâtre ainsi que les foyers sociaux environnants pour faire face à l’éventuelle saturation des infrastructures universitaires.


Le Conseil a, par ailleurs, pris connaissance du lancement de la formation de dix encadreurs pédagogiques de l’Enseignement et de la Formation techniques et professionnels (Eftp). Tout en prenant acte de cette initiative, le Conseil a recommandé que les personnes retenues soient issues des différentes îles du pays, afin de garantir une représentation équitable entre les îles. Ils ont également insisté sur la nécessité de former des encadreurs immédiatement opérationnels au terme de leur formation. 


Des formateurs sénégalais seront chargés de cette formation, a-t-on appris. 
Le ministre des Affaires étrangères, Mbae Mohamed, a introduit une demande d’établissement de passeports diplomatiques. Le ministre a présenté la liste des personnes concernées et rappelé qu’elles remplissent, selon le dossier soumis, les conditions prévues par l’arrêté relatif aux fonctionnaires internationaux habilités à bénéficier d’un passeport diplomatique. Toutefois, «le Conseil a recommandé d’approfondir les investigations concernant deux cas, identifiés sous les numéros 1 et 5. Les rapports présentés font en effet apparaître un risque que les passeports concernés soient utilisés à des fins qui ne seraient pas conformes à la dignité attachée à ce statut».

La télémédecine appelée à se développer

La préparation de la première commission mixte entre l’Union des Comores et la République d’Angola figurait également à l’ordre du jour. Le ministre a informé le Conseil de la tenue prochaine de cette rencontre bilatérale. L’une des questions encore en suspens est le choix du pays qui devrait accueillir cette première réunion. Dans l’attente d’une décision définitive, le Conseil a recommandé que la délégation angolaise soit reçue aux Comores pour cette première session. Cette rencontre devrait ainsi constituer «une étape importante dans le renforcement de la coopération entre Moroni et Luanda».


Le Conseil a également recommandé l’implication des ministères des Transports et de l’Education dans la délégation. Il a été également recommandé de tenir une réunion avec tous ces ministères afin de mieux coordonner la tenue de la commission mixte. Le ministre Mbae Mohamed a aussi exposé une note sur la nécessité de renforcer la coopération entre les Comores et le Bangladesh. Le Conseil a recommandé de tenir une réunion en visioconférence au lieu d’une présentielle pour bien s’informer sur les modalités de renforcement de cette coopération. 


Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a exposé l’état d’avancement du projet Amecc (Appui à la modernisation de l’état civil comorien). Malgré les activités déjà engagées, le conseil a insisté sur la sensibilisation qui doit être menée pour que la population soit bien informée sur le rôle de cette agence. Le conseil a donc recommandé à ce que certains services synchronisent leurs efforts dans l’Etat civil pour éviter les erreurs qui ont généralement lieu. Il a aussi demandé à ce que tous ces services soient effectués par des nationaux au vu de la sensibilité des données qui leurs seront fournis. 


Le ministre de l’Economie, Moustoifa Hassani Mohamed, a, quant à lui, évoqué la nécessité de la mise en place d’un guichet unique électronique de création d’entreprises et d’investissements. Selon le ministre, la mise en place du guichet unique est une reforme attendue depuis un moment. Après la présentation du ministre, le Conseil s’en est réjoui de l’initiative. Néanmoins, il a recommandé à ce que le débat se fasse en profondeur afin d’analyser tous les aspects. Il a recommandé à ce que le cahier de charges soit bien revu dans la phase de digitalisation. 
Le Conseil a enfin examiné une note consacrée à la télémédecine, une pratique encore inexistante à grande échelle sur le territoire comorien. Le  conseil a salué l’initiative portée par le ministère de la Santé, Ahamadi Sidi Nahouda, et a encouragé la poursuite de cette démarche. Plusieurs propositions ont néanmoins été formulées quant à la mise en œuvre de cette pratique. 


Certains membres préconisent de privilégier, dans un premier temps, les zones pilotes identifiées dans le cadre de la mise en œuvre de l’Assurance maladie généralisée (Amg) tandis que d’autres souhaitent que l’expérimentation soit menée dans des zones situées hors Amg, afin d’améliorer la visibilité et l’évaluation de la télémédecine. Le Conseil a surtout insisté sur la nécessité de garantir la protection des données personnelles des patients et des usagers après la mise en place de ce dispositif.