Les autorités veulent renforcer la lutte contre les pratiques médicales non encadrées et exhortent un travail approfondi pour bien identifier les structures sanitaires illégales dans le pays.
Le conseil des ministres s’est tenu hier jeudi 10 septembre au palais présidentiel de Beit-salam sous la présidence du chef de l’Etat Azali Assoumani. Plusieurs sujets étaient à l’ordre du jour et à l’issue de la réunion, la porte-parole du gouvernement, Fatima Ahamada, en a livré le compte rendu à la presse.
Elle a fait savoir que le conseil a été informé du déroulement de la cérémonie d’inauguration de trois centrales solaires le week-end dernier. Selon le ministre de l’Energie, Aboubacar Said Anli, ce projet a été initié dans le cadre du partenariat entre l’Union des Comores et les Émirats arabes unis. La gestion des centrales sera assurée avec l’appui d’une entreprise émiratie, parallèlement à un programme de formation de compétences locales afin de permettre progressivement aux Comoriens d’assurer le relais.
Autre dossier énergétique examiné : le projet de développement de la géothermie du Karthala. Le ministre a présenté l’état d’avancement du projet et souligné les prochaines étapes à franchir. Face aux enjeux liés à ce projet, le Conseil a recommandé l’organisation d’une séance dédiée afin de clarifier l’étude de faisabilité et de permettre son accomplissement.
Les infrastructures portuaires ont également été au cœur des discussions. La ministre des transports, Yasmine Hassane Alfeine, a évoqué la dégradation d’une partie de la digue du petit quai du port de Mutsamudu. La ministre a alerté le Conseil sur l’état jugé préoccupant de cette infrastructure. Un devis sommaire a déjà été présenté pour les travaux nécessaires. Toutefois, le Conseil a recommandé le recrutement d’un bureau d’études afin de préparer et encadrer techniquement les travaux. Cette démarche doit permettre de disposer d’une évaluation plus précise avant toute intervention sur la digue.
Sur le plan économique et financier, le ministre des Finances, Moussa Abderemane a présenté la situation du programme de Facilité élargie de crédit (Fec) du Fonds monétaire international (Fmi). Les échanges ont notamment porté sur les attentes du gouvernement concernant les sixième et septième revues du programme. Si certains obstacles subsistent, le ministre a estimé que leur franchissement demeure possible. Le Conseil a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite et d’une implication de toutes les parties prenantes afin de favoriser le succès de ces prochaines revues.
La question des exonérations douanières a également fait l’objet d’un examen. Le ministre des Finances a présenté une note dressant un constat de la situation et formulant des propositions de mesures correctives. Face aux enjeux financiers liés à ces exonérations, le Conseil a recommandé la mise en place d’un comité de lecture chargé d’examiner les différentes conventions et contrats susceptibles d’engager l’État.Le Conseil a également recommandé que les exonérations futures soient clairement comptabilisées comme faisant partie des participations de l’État. Une orientation qui vise notamment à améliorer le suivi et la transparence des engagements publics.
Le secteur de la santé a, lui aussi, fait l’objet de décisions importantes. Le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi Nahouda, a présenté les résultats et les perspectives d’une opération d’inspection et de contrôle des structures de médecine traditionnelle et privée sur l’ensemble du territoire national. Cette opération vise notamment à lutter contre les structures médicales exerçant en dehors d’un cadre légal. Le ministre a informé le Conseil des opérations conjointes déjà menées pour démanteler certaines structures médicales illégales.Le Conseil a toutefois appelé à une vigilance accrue concernant la présence de nationaux qui se cacheraient derrière des ressortissants étrangers dans certaines de ces structures. Les autorités souhaitent également donner une dimension médiatique à cette opération. Le Conseil a recommandé qu’elle soit menée dans les médias afin de mettre fin aux différentes propagandes concernant des pratiques médicales considérées comme non encadrées.Enfin, il a demandé un renforcement de la direction chargée de l’inspection, afin de donner aux services compétents les moyens de mener efficacement ce type d’opération.
Le compte rendu mentionne également, au titre du secteur de la protection sociale, le lancement des transferts monétaires sociaux du Projet de Filets Sociaux de Sécurité Résilients et Réactifs aux Chocs (Pfsrrc). Ce dispositif s’inscrit dans les efforts visant à renforcer les mécanismes de protection des populations vulnérables face aux différents chocs économiques et sociaux.
Enfin, un projet de décret portant création, organisation et fonctionnement de l’Institut national de santé publique (Insp) a été discuté ainsi que son cadre organique. Selon le ministre, la création de cet institut constitue une étape dans la structuration du secteur de la santé publique et le renforcement des capacités nationales dans ce domaine.




