Le Conseil des ministres s’est tenu hier mercredi, au palais présidentiel de Beit-Salam sous la présidence du chef de l’Etat, Azali Assoumani. Plusieurs sujets étaient à l’ordre du jour et à l’issue de la réunion, la porte-parole du gouvernement, en a livré le compte rendu à la presse.

 

Selon Fatima Ahamada, le renforcement des capacités nationales de stockage des hydrocarbures a occupé une place importante dans les travaux du Conseil. L’objectif est, selon le ministre de l’Energie de développer les infrastructures afin d’accroître les capacités de stockage du pays et de renforcer la sécurité de l’approvisionnement. Avant toute décision définitive, le conseil a exigé qu’une contre-expertise sur les coûts de construction des citernes soit réalisée. Un bureau d’études international sera mobilisé à cet effet avec l’appui de la Banque islamique de développement (Bid).

 Cette expertise devra également permettre de vérifier la faisabilité technique du site de Hoani, dont la viabilité reste à confirmer. Le Conseil a également examiné le projet de mémorandum d’entente entre la République populaire de Chine et l’Union des Comores, présenté par le ministre de l’Education nationale, dans le domaine de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle. Les orientations retenues prévoient une révision des objectifs de la coopération.

 Le gouvernement souhaite notamment accorder une place plus importante à la formation d’ingénieurs hautement qualifiés, plutôt que de concentrer la coopération sur la seule formation de techniciens. Le projet devra ainsi être accompagné d’un plan d’action détaillé, assorti d’un calendrier précis et ciblé sur les secteurs techniques dans lesquels les Comores enregistrent un déficit structurel de compétences.


Le ministre des Affaires étrangères a soumis une proposition relative à l’établissement de relations diplomatiques entre l’Union des Comores et la République de Vanuatu. Le principe du projet a reçu l’approbation des membres du Conseil. Le dossier doit désormais faire l’objet de discussions approfondies avant son adoption définitive. Le renforcement des relations bilatérales entre les Comores et la République togolaise a également été abordé. 

Le projet de loi de règlement

Les membres du gouvernement ont notamment félicité le ministre Mbae Mohamed pour les démarches ayant abouti au retrait de l’accord de coopération entre le Togo et Mayotte. Le Conseil a approuvé le principe d’un renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines d’intérêt commun, tout en appelant à un encadrement strict des mesures relatives à la circulation des personnes. Concernant les visas, les facilités d’exemption seront limitées aux détenteurs de passeports diplomatiques et de service. 


Sur le plan multilatéral, le ministre des Affaires étrangères a informé le Conseil que l’Union africaine s’est saisie du dossier. Des démarches diplomatiques doivent notamment être engagées auprès des pays africains, dont le Kenya, afin de rechercher des accords de coopération décentralisés avec Mayotte et d’harmoniser les positions africaines sur cette question de souveraineté. Le Conseil a par ailleurs examiné une proposition d’accords de coopération entre l’Union des Comores et la République du Portugal.

 Les futurs accords devraient notamment porter sur des secteurs considérés comme prioritaires, tels que le tourisme et les affaires maritimes. Le gouvernement souhaite inscrire cette coopération dans une démarche pragmatique, avec une programmation des activités correspondant aux priorités nationales et distinguant les objectifs à court, moyen et long terme. Le ministre de l’Economie a communiqué les résultats de la première réunion du Comité de pilotage du Programme pour les économies insulaires africaines en développement. Il a demandé aux différents départements ministériels d’identifier et de préparer rapidement leurs projets sectoriels prioritaires.

Ces propositions devront être transmises au ministère afin d’être structurées avant leur soumission à l’Auda-Nepad pour financement. Le Conseil a souligné que la réussite de cette initiative dépendra notamment de la rapidité et de la pertinence des projets présentés par les administrations. Le ministre des Finances a présenté au Conseil le projet de loi de règlement pour l’exercice 2025. Les membres du Conseil ont demandé une vérification exhaustive de la concordance des données budgétaires afin de garantir l’exactitude du document avant sa présentation à la représentation nationale.


Le Conseil a ensuite examiné les orientations du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Les ajustements présentés par le ministre des Finances portent notamment sur la prise en compte des domaines salants de la Société comorienne des hydrocarbures, l’intégration des crédits destinés aux Jeux des îles ainsi que les conséquences de la diminution des recettes douanières. Concernant les investissements publics, le Conseil a relevé un décalage entre la part de l’État dans les dépenses en capital et la réalité de ses engagements.

 Une révision des projections est donc demandée afin de mieux les adapter à la capacité réelle d’investissement de l’État.Le projet devra également intégrer les besoins du département de l’Artisanat, dont la provision est actuellement absente, ainsi que certains investissements routiers jugés prioritaires. La baisse des recettes douanières fera par ailleurs l’objet d’une analyse approfondie afin d’en déterminer les causes et de mettre en œuvre rapidement des mesures correctives.

La politique nationale d’égalité du genre

Le Conseil a, dans le même temps, salué les efforts de la Direction générale des impôts, dont les performances contribuent aux recettes de l’État. Le Secrétariat général du gouvernement devra également réviser les lettres de mission des départements ministériels en tenant compte de la baisse des recettes prévue dans le projet de loi de finances rectificative. Le ministre des Finances est chargé de consolider l’ensemble des ajustements et de présenter une version corrigée du projet au Conseil des ministres. 


La ministre de la promotion du Genre a présenté le rapport des Assises nationales sur les violences basées sur le genre (Vbg), ainsi que la feuille de route nationale 2026-2030. Le Conseil recommande la mise en place d’un projet spécifiquement consacré aux Vbg, plutôt que de disperser les actions dans différents projets de développement financés par les partenaires techniques et financiers. Une revue systématique des financements existants est également demandée afin de mieux structurer les ressources consacrées à la lutte contre les violences basées sur le genre. Sur le plan opérationnel, le ministère devra élaborer un plan d’action sur cinq ans, couvrant la période 2026-2030, afin de faciliter la mobilisation et l’utilisation des financements.


Le Conseil souhaite également renforcer la coordination territoriale. Les préfets et les maires devront être davantage impliqués dans les actions de prévention et de lutte contre les Vbg. La Politique nationale d’égalité du genre (Pneeg), adoptée en 2017, devra par ailleurs être actualisée. L’objectif est de transformer ce cadre national en un véritable plan d’action opérationnel. Le ministère a indiqué que le processus de mise à jour est déjà engagé.


Enfin, le Conseil a examiné le dossier relatif à l’arrivée à Moroni de la délégation de l’Association des Radios et Télévisions de l’Océan indien (Artoi), prévue du 5 au 9 octobre 2026. Le dossier, porté par le ministère de la promotion du Genre, prévoit une enveloppe budgétaire de 12 millions de francs comoriens. Après examen, le Conseil a estimé que cette enveloppe était excessive au regard des capacités financières actuelles. Une révision du budget est donc demandée afin d’optimiser les coûts avant une approbation définitive par le Conseil des ministres.