Arrivé à Moroni fin août, Driss Elkaissi a pris ses fonctions de chargé d’affaires du Maroc. Il entend consolider les relations bilatérales, notamment dans l’agriculture, le tourisme et la formation.

 

L’ambassade du Royaume du Maroc aux Comores a un nouveau chargé d’affaires. Driss Elkaissi est arrivé à Moroni le 30 août 2026 et a pris ses fonctions le 1er septembre, succédant à Driss Allaoui.Diplomate de carrière, Driss Elkaissi revendique 36 années d’expérience au sein du service diplomatique marocain. Son parcours l’a conduit dans plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Il est titulaire d’un Master of Arts en relations internationales et diplomatie de l’Université Al Akhawayn d’Ifrane, d’un Dess de l’Université de Poitiers, en France, et d’une licence en sciences économiques de l’Université Mohammed V de Rabat.


Au cours de sa carrière, il a occupé plusieurs responsabilités au ministère marocain des Affaires étrangères ainsi que dans différentes représentations diplomatiques. Avant son arrivée aux Comores, il était consul général du Maroc à Strasbourg, fonction qu’il occupait depuis septembre 2020. Il a également été second de l’ambassadeur et chargé d’affaires par intérim auprès de la mission du Maroc à Bruxelles et de la mission du Maroc auprès de l’Union européenne. Son parcours l’a également conduit en Hongrie, en Russie et en Thaïlande.


Dans un entretien accordé à Al-watwan, le nouveau chargé d’affaires de l’ambassade du Maroc à Moroni a exprimé sa satisfaction de représenter son pays aux Comores. «Je suis très heureux de servir mon pays ici», a-t-il déclaré. Selon lui, les relations entre le Maroc et les Comores reposent sur une histoire ancienne. Il a rappelé notamment la présence de personnalités comoriennes aux côtés du sultan Mohammed V durant son exil à Madagascar, ainsi que le nombre important de Comoriens ayant effectué leurs études au Maroc. «Nous devons travailler pour parler des Comores au Maroc et raconter le Maroc aux Comores»,  résume-t-il. Le diplomate estime que les relations institutionnelles entre les deux pays sont aujourd’hui bonnes. Il entend néanmoins contribuer à leur consolidation, notamment à travers une collaboration accrue avec les institutions, mais aussi avec la société civile.

Faire vivre les accords existants

Parmi ses priorités figure le suivi des accords déjà conclus entre Moroni et Rabat. Driss Elkaissi souhaite faire le point sur leur niveau de mise en œuvre et identifier les domaines nécessitant un accompagnement supplémentaire. Il envisage également multiplier les rencontres, y compris en ligne, afin de faciliter les échanges entre les administrations et de réduire certaines contraintes liées aux déplacements.


La coopération décentralisée constitue un autre axe qu’il souhaite développer. Il s’agit notamment de favoriser des partenariats entre les îles comoriennes et des régions marocaines, afin de rapprocher les collectivités et les acteurs locaux des deux pays. Cette perspective devrait notamment être abordée dans le cadre de la deuxième commission mixte comoro-marocaine, dont la tenue est annoncée prochainement.


Pour le diplomate marocain, plusieurs secteurs peuvent contribuer au renforcement de la coopération bilatérale. L’agriculture figure parmi les domaines identifiés, notamment en matière de contrôle sanitaire agricole et de sécurité alimentaire.Le tourisme constitue également, selon lui, un secteur à fort potentiel pour les Comores. Le Maroc pourrait partager son expérience dans la valorisation du patrimoine, notamment à travers les médinas et les produits locaux, afin de contribuer à la promotion de l’offre touristique comorienne.


La formation demeure également un pilier important des relations entre les deux pays. Le diplomate souligne que la coopération en matière de bourses évolue en fonction des besoins exprimés par la partie comorienne. «Ce qui a changé, ce sont les domaines», explique-t-il.
Les Comores sollicitent désormais davantage de bourses techniques, notamment pour répondre aux besoins de formation d’ingénieurs et de cadres spécialisés. Driss Elkaissi rappelle que le Maroc accorde actuellement environ 330 bourses par an aux étudiants comoriens.