Invité à la célébration du 25e anniversaire, le parti Swauti assume sa présence tout en dénonçant des omissions, un manque d’inclusivité politique et l’absence d’un véritable travail mémoriel national.
Le président du parti d’opposition Swauti, Housni Mohamed Abdou, entouré du secrétaire général dudit part, El-Farouk Mroivili M’madi et du délégué Hassani Amir, a tenu une conférence de presse mercredi dernier à l’hôtel New Select de Moroni. Il s’est exprimé sur la célébration du 25e anniversaire de l’Accord cadre de Fomboni, organisée mardi 17 février dernier, et auquel il avait participé.
Housni Mohamed Abdou a indiqué que son parti avait répondu favorablement à l’invitation officielle adressée pour la cérémonie. « Comme nous avons été officiellement invités, nous avons répondu présent », a-t-il déclaré, en précisant que cette participation ne signifiait pas une adhésion à toutes les évolutions intervenues depuis la signature de l’accord. Selon lui, « prendre part à cette commémoration de la fin de la crise séparatiste inter-îles n’est pas synonyme de saluer ce qui s’est passé en contradiction avec l’Accord cadre ».
Évoquant les révisions constitutionnelles de 2009 puis de 2018, il a déploré « la suppression de certaines dispositions » qu’il juge « importantes ». Il a également regretté que la célébration n’ait pas été l’occasion de revenir sur les événements et les démarches ayant précédé et suivi le 17 février 2001. « Beaucoup de jeunes de 25 ans aujourd’hui ignorent l’histoire du pays liée à cette date. C’était l’occasion d’en parler mardi dernier à Fomboni », a-t-il estimé.
Le président de Swauti a par ailleurs critiqué l’organisation de la cérémonie. Selon lui, l’ensemble des partis politiques aurait dû être invité, au lieu d’une participation limitée au parti au pouvoir, à Swauti et au député Ibrahim Ali Mzimba, présenté comme représentant la commission des relations extérieures de l’Assemblée de l’Union des Comores et chef de l’opposition parlementaire. Il a également relevé l’absence de certaines figures qu’il qualifie d’emblématiques, notamment de l’île de Ndzuani, ayant contribué au processus de réconciliation nationale.
Et de dénoncer le climat tendu dans lequel s’est tenue la célébration qui a requis une forte mobilisation d’hommes en treillis. « Il fallait suivre les témoignages des avis qui pesaient pour le oui et le contre de la réconciliation nationale de 2001, avoir une commission d’organisation de l’évènement composée des pionniers de l’Accord et tous les acteurs politiques, une remise de médailles aux combattants, mettre en place une commission nationale de la réconciliation devant établir un rapport sur les causes, les événements et les solutions de la crise séparatiste », a-t-il suggéré.
Il a enfin estimé qu’il aurait été judicieux de faire adoption par l’Assemblée nationale une loi mémorielle avant la signature du décret faisant du 17 février une fête nationale, puisque « la crise a impliqué des patriotes, des coupables et des responsables dans l’ensemble des îles ».




