Des candidats de l’opposition ont été reçus hier mercredi 13 décembre à la Maison des Nations-Unies à Moroni par le coordinateur du Snu, François Batalingaya. Aucun ordre du jour officiel n’a été préalablement communiqué à la presse. Les candidats, au cours d’un point de presse, ont expliqué toutefois les raisons qui les ont poussés à solliciter une rencontre avec le bureau des Nations-Unies.
«Nous sommes venus partager notre requête déposée à la Cour suprême avec le coordinateur des Nations et l’inviter à porter nos revendications auprès des institutions partenaires. Comme vous le savez, cette question du congé, la sécurisation et la transparence méritent une attention particulière», a souligné Daoudou Abdallah Mohamed, du parti Orange, désigné porte-parole des candidats.
L’article 13 de la loi organique N°23-003/AU
Cette rencontre intervient cinq jours après les inquiétudes exprimées, dans un communiqué, par les candidats au sujet du congé du président en exercice, de la sécurisation des opérations électorales et des garanties de transparence des scrutins. Elles constituent à ce jour les principales sources d’inquiétudes des candidats à l’élection du 14 janvier. Les cinq candidats avaient demandé à la haute juridiction de constater « la disqualification » du candidat Azali Assoumani, pour n’avoir pas déposé son congé dans le délai de 72h comme le prévoit l’article 13 de la loi organique N°23-003/AU relative à l’élection du président.
«Les candidats de l’opposition à l’élection présidentielle de 2024, conscients de la responsabilité qui pèse sur nous, exprimons notre préoccupation quant au non-respect du délai réglementaire de congé par le président-candidat Azali Assoumani», avaient indiqué ce communiqué siger par Bourhane Hamidou, Mouigni Baraka Said Soilihi, Daoudou Abdallah Mohamed, Docteur Salim Issa Abdillah et Aboudou Soefo. «Il a été constaté que le président-candidat Azali Assoumani n’a pas respecté les dispositions constitutionnelles et règlementaires en vigueur, et cela soulève des préoccupations sérieuses quant à l’équité du processus électoral en cours», écrivent les candidats.
Ouverts au dialogue
Les candidats protestataires ont décidé de faire valoir leurs revendications, sous forme de plaidoyer, auprès de la communauté internationale. «Nous avons décidé de porter cette affaire devant la Cour Suprême pour qu’elle examine attentivement le respect des procédures électorales et garantisse l’intégrité du processus démocratique», précise le communiqué. «Nous avons la forte conviction que la Cour Suprême se portera garant pour juger avec toute responsabilité cette affaire avec la diligence nécessaire afin de rétablir la confiance du peuple dans le processus électoral».
La question du congé est au centre de la plainte des candidats, estimant que la situation actuelle, ne permet pas d’assurer «l’égalité et l’équité entre tous les candidats». Les plaignants se réfèrent notamment à «la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance» qui recommande, dans son article 3, entre autres, «la tenue régulière d’élections transparentes, libres et justes, la séparation des pouvoirs (…)».
Les candidats disent rester «à la disposition de la haute juridiction pour rendre ces élections plus crédibles devant la nation, et de surcroit, la communauté internationale», se disant toujours ouverts à «toute discussion franche et constructive» sur tous les sujets qui les inquiètent et plus particulièrement le congé de l’actuel chef de l’État, candidat à sa propre succession, et qui alimente les débats au sein des états-majors des partis politiques et des candidats. La décision de la Cour suprême sur la requête des cinq candidats est attendue d’une journée à l’autre.