Après les élections des nouveaux maires, des adjoints et des conseillers communaux dont certains ont déjà pris fonction, le consultant en développement local, membre de l’Académie d’Afrique des collectivités locales, ancien élu de la ville de Mans, en France, Loukmann Said El-Hadi, a accordé un entretien à Al-watwan au cours duquel, il a partagé quelques expériences variées. Tenant compte de celles vécues au niveau des Comores et en France, le consultant met en lumière les défis et opportunités auxquels sont confrontés les élus locaux.
Selon lui, «les nouveaux maires élus, leurs adjoints ainsi que les conseillers communaux découvrent une réalité complexe. Ils doivent rapidement s’adapter à la diversité des compétences et des responsabilités qui leur incombent. Cette prise de fonction met en évidence des enjeux stratégiques». L’ancien commissaire chargé des collectivités locales à Ndzuani en 2015 souligne que les nouveaux élus communaux doivent avant tout comprendre les questions financières. «Il faut mesurer les impacts des choix sur les ressources communales », préconise-t-il avant de poursuivre que «les maires doivent comprendre et maîtriser les compétences qui leur sont réservées, souvent sans consultation préalable du conseil communal », mais aussi «naviguer dans une réalité où chaque décision impacte directement la qualité de vie des citoyens».
Cinq ans d’engagement
Loukman Said El-Hadi dévoile ce qu’il considère comme « les défis » des nouveaux élus locaux. «Les cinq prochaines années offrent une opportunité unique d’agir pour un développement équilibré des territoires », a-t-il introduit, poursuivant que cela inclut de «s’assurer que les actions entreprises respectent un équilibre entre développement et durabilité, renforcer les liens entre les citoyens et leurs élus pour une gouvernance participative et construire une dynamique basée sur la concertation, la transparence et l’engagement collectif ». Il a, par ailleurs, insisté sur la décentralisation comme levier du développement citant ses réformes et ses lois. Les réformes visent selon lui, à l’efficacité de l’action publique en « adaptant les réponses aux besoins spécifiques des territoires », et la démocratie de proximité attend pour sa part, «encourager la participation citoyenne et l’implication des acteurs locaux».
Ce membre de l’Académie d’Afrique des collectivités locales estime que les collectivités locales doivent devenir des acteurs centraux du développement en s’appuyant sur «la concertation» et en impliquant tous les acteurs, publics comme privés, dans la prise de décision. «Il faut aussi s’appuyer sur l’innovation et la résilience, c’est-à-dire adopter des approches modernes pour répondre aux défis locaux, et construire des territoires capables de s’adapter aux transformations économiques, sociales et environnementales», a-t-il suggéré.