Devant plus de 6000 personnes, Azali Assoumani a rappelé l’interdépendance des Etats et leur obligation à travailler ensemble pour mieux faire face aux défis économiques, sanitaires, alimentaires, climatiques et numériques pour un monde «plus juste, plus humain et plus durable, pour plus de paix, de progrès et de prospérité».
Le président de la République a lancé, samedi 29 novembre, un appel à la solidarité collective pour mieux faire face aux défis du monde et ceux de l’Afrique en particulier dans son discours clôturant la 17eme édition du Forum international MeDays 2025 organisé à Tanger au Maroc sous le parrainage du Roi Mohamed VI.
Plus de 6000 personnes dont des chefs d’Etat et des grands décideurs de tout bord étaient réunis pendant quatre jours à l’occasion de ce forum qui s’est imposé comme « le Davos de l’Afrique ». L’objectif des participants est de revisiter les défis du continent, repenser les modèles de coopération à mettre en place et apporter des solutions innovantes pour répondre aux préoccupations des populations. Des délégués des pays du Nord participent à cette plateforme d’échanges mise en place depuis 2008.
La coopération Sud-Sud et l’intégration de l’Afrique
«Fracture et polarisation : réinventer l’équation globale ». Tel a été le thème retenu cette année avec, en toile de fond, une centaine de sessions et diverses thématiques tournant autour de la sécurité alimentaire, la transition numérique, la résilience climatique, la coopération Sud-Sud et l’intégration de l’Afrique dans les grandes sphères de décisions à travers le monde. «Plateforme de référence au niveau international, le «Forum du Sud» se veut, dans un monde marqué par l’incertitude, un carrefour de réflexion géostratégique et économique, fidèle à sa mission de transformer les idées en action, de donner une voix au Sud et d’influencer la redéfinition des équilibres mondiaux », peut-on lire dans un communiqué publié par les organisateurs du forum.
Le chef de l’Etat a ainsi appelé à plus de solidarité pour mieux faire face aux menaces globales, estimant qu’aucun pays, grand ou petit, ne peut vivre en vase clos et prétendre faire face tout seul à ses propres défis. «J’invite chacun de nos pays et organisations à sortir des postures, à dépasser les logiques de blocs et à croire encore au pouvoir de la coopération internationale» a souligné Azali Assoumani avant de rappeler que «l’histoire jugera notre capacité à dépasser nos fractures et à transformer nos polarités en complémentarités, tout comme elle jugera notre courage à inventer un monde nouveau, un monde meilleur pour demain ».
Pour le président de la République, les bouleversements géopolitiques du moment et les crises de toute nature doivent faire appel à des réponses collectives. «Nous vivons, en effet, à l’époque des fractures : des fractures géopolitiques d’abord, qui menacent la stabilité internationale », a-t-il souligné. «Des fractures économiques ensuite qui creusent les inégalités, des fractures climatiques également dont les petits États insulaires paient le prix le plus lourd, des fractures numériques, en outre, qui accélèrent les asymétries de puissance et des fractures sociales et sociétales enfin, nourries par la désinformation et la polarisation», a encore indiqué le chef de l’Etat.
Surmonter les défis communs pour construire un idéal commun
Malgré ce constat, Azali Assoumani veut croire en la capacité des pays à surmonter les défis communs pour construire un idéal commun fondé sur la justice et l’inclusion de tous. «A travers les sessions, les tables-rondes et les riches échanges de ces derniers jours, nous avons pu relever, avec discernement, que la sécurité du continent africain, dépend de celle de ses voisins que la prospérité de nos pays dépend de la stabilité du monde et que la transition climatique ou numérique ne pourra réussir que si elle inclut toutes les nations, sans exception».
S’agissant de l’Afrique et des pays du Sud en général, Azali Assoumani a plaidé en faveur de l’accès aux financements, estimant que le poids démographique et l’intérêt que suscite l’Afrique ne doivent pas placer le continent dans une logique de dépendance. «Les pays du Sud ne demandent pas la charité. Ils demandent un accès équitable au financement du développement à la technologie, au commerce et à la connaissance, dans le cadre de partenariats gagnant-gagnant», a-t-il indiqué, félicitant les efforts entrepris pour mobiliser des fonds pour soutenir le plan d’une justice climatique. «Le Pacte financier mondial, les discussions sur la réforme des institutions de Bretton Woods et les mécanismes de swaps dette-climat sont des pistes encourageantes».
Le «leadership» du Royaume du Maroc
Le chef de l’Etat n’a pas manqué de souligner les conséquences des dérèglements climatiques. «Mon pays, l’union des Comores, à l’instar des autres États insulaires, vivent déjà l’urgence climatique, l’érosion, la montée des eaux, la perte de biodiversité et les phénomènes extrêmes », a-t-il informé, se félicitant «que ce Forum ait permis, de reconnaître que la bataille du climat se gagnera ou se perdra dans les îles, sur les côtes, dans les océans, qui sont à la fois baromètre et régulateur de la vie sur Terre».
À noter que de nombreux intervenants, à l’instar des ministres des Affaires étrangères du Niger et de São Tomé-et-Principe ont salué «le leadership » du Royaume du Maroc dans la construction de nouveaux modèles de partenariats et la recherche de solutions adaptées aux enjeux de transformation du continent. Le président de l’Institut Amadeus Brahim Fassi Fihri s’est félicité du «succès» de l’évènement, parlant d’une édition «fructueuse, respectueuse et sincère », ajoutant que la 17eme édition du Forum MeDays a «permis aux pays du Sud de regarder le Nord droit dans les yeux sans complexe ni compromission» avant de saluer «le rôle du Maroc en tant que plateforme crédible de dialogue portée par la vision du roi Mohamed VI».




