Le gouvernement comorien a voulu adresser un double message : solidarité envers les pays du Moyen-Orient touchés par la crise, d’une part, et sérénité à l’égard de la population comorienne, d’autre part. Les autorités assurent suivre de près l’évolution de la situation et réaffirment leur engagement à protéger les intérêts nationaux, à accompagner les ressortissants à l’étranger et à garantir la stabilité économique du pays.
Le gouvernement comorien a tenu un point de presse, hier lundi 2 février, au Secrétariat général du gouvernement afin d’informer l’opinion nationale des mesures prises et de rassurer la population sur les conséquences éventuelles de cette guerre au Moyen-Orient. Les autorités, par le biais du secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, ont indiqué avoir rencontré le chef de l’Etat pour échanger sur la conduite à tenir avec les pays amis et frères de la région. «Cette concertation vise à coordonner la position diplomatique des Comores et à maintenir un dialogue étroit avec les partenaires concernés», a expliqué Nour El Fath Azali.
«La désescalade, à la retenue
et au dialogue»
Le gouvernement a affiché «la solidarité » envers les pays amis touchés par les récentes tensions et a exprimé également «toute sa sympathie et sa compassion aux familles éprouvées, suite aux lourdes pertes en vies humaines ». « le gouvernement comorien, profondément attaché aux principes et aux valeurs du Droit international, exprime sa solidarité avec les pays touchés par cette crise, en cette période de jeûne et de recueillement», a souligné le ministre des Affaires étrangères, Mbae Mohamed. Le gouvernement a aussi lancé un appel à «la désescalade, à la retenue et au dialogue».
Le ministre des Affaires étrangères a précisé que «des contacts » ont été établis avec les ambassades et les missions consulaires comoriennes dans les pays de la zone. «Nous leur avons demandé d’être le plus proches possible de nos citoyens », a-t-il déclaré, soulignant la priorité accordée à la sécurité et à l’accompagnement des ressortissants comoriens. Le ministre «appelle les ressortissants comoriens établis dans cette région, à la vigilance et à prendre contact, au besoin, avec les missions diplomatiques et consulaires comoriennes, les plus proches ». Par ailleurs, selon toujours le ministère, «un recensement actualisé des étudiants, professionnels et ressortissants comoriens présents dans les zones concernées a été effectué. Des dispositifs de suivi et d’assistance sont prêts à être activés si la situation venait à se détériorer».
Une zone de transbordement intacte
De son côté, le ministre premier, Aboubacar Said Anli, s’est voulu rassurant s’agissant de l’approvisionnement en produits pétroliers et gaziers. «Nous assurons les citoyens que ces différents produits ne sont pas en manque et sont suffisants pour une longue durée », a-t-il affirmé. Il a tenu à remercier le gouvernement ainsi que la société comorienne des hydrocarbures (Sch) pour «les efforts consentis » afin de garantir la stabilité des stocks et d’éviter toute rupture d’approvisionnement. Pour sa part, le ministre de l’Économie, Moustoifa Hassani Mohamed, a salué l’engagement des opérateurs économiques. Selon lui, «les produits de première nécessité sont disponibles en quantité suffisante sur le marché national».
Les autorités ont également tenu à préciser que la zone de transbordement des produits importés vers les Comores, notamment via Maurice et le canal du Mozambique, n’est pas affectée par les tensions actuelles. Cette situation permet de maintenir les circuits d’approvisionnement et d’éviter toute perturbation logistique majeure. «Les opérateurs économiques ont assuré l’essentiel en maintenant un niveau d’approvisionnement stable sur l’ensemble du territoire national. Par ailleurs, 7 000 tonnes de riz ont été commandées et sont en cours d’acheminement ; elles arriveront dans les jours à venir afin de renforcer davantage les stocks disponibles », a-t-on souligné. L’on apprend que «le gouvernement a mis en place un suivi interministériel de la situation pour suivre l’évolution de la situation» au niveau du secrétariat général du gouvernement pour veiller «à la sécurité de nos ressortissants à l’étranger et à la stabilité énergétique et alimentaire». Toujours, dans ce même registre, «des mesures préventives sont prises et prêtes à être activées si le contexte international venait à évoluer défavorablement».



