Lors du lancement officiel du projet «Trash to Tale», les jeunes ont été appelés à sensibiliser leurs pairs à la protection de l’environnement à travers le théâtre, la musique et le recyclage.
Le projet «Trash to Tale» a été officiellement lancé ce mercredi 10 juin au Palais du peuple. Portée par l’association «Les Enfants du Théâtre et Isabelle», cette initiative réunit des artistes des Comores et de Maurice autour d’un même objectif : sensibiliser la jeunesse à la protection de l’environnement à travers l’art.
La cérémonie a rassemblé plusieurs personnalités, notamment des représentants de la commission de l’Océan indien (Coi), des représentants mauriciens, des représentants des institutions, partenaires techniques et financiers, des enfants ainsi que le secrétaire général de l’Assemblée de l’Union des Comores.
Un appel à projets
Dans son mot de bienvenue aux invités, le président de l’Assemblée de l’Union des Comores, Moustadroine Abdou, a, à l’occasion, salué une initiative «remarquable» qui allie éducation, créativité et préservation de l’environnement. Selon lui, «Trash to Tale» représente bien plus qu’un simple projet éducatif. Fondé sur les principes de l’économie circulaire, du tri sélectif et du recyclage, il transmet aux jeunes générations des valeurs de respect et de solidarité. Il a ainsi félicité l’association et ses partenaires pour leur engagement.
La présidente de l’association «Les Enfants du Théâtre et Isabelle», Isabelle Hoareau, a exprimé sa fierté lors du lancement du projet. Réalisé en collaboration avec un collectif d’artistes mauriciens, «Trash to Tale» est une œuvre théâtrale citoyenne qui transforme la pollution en art. Elle a expliqué que l’histoire met en scène «deux enfants insulaires vivant dans des territoires envahis par les déchets. Séparés par les flots, ils entreprennent un voyage initiatique pour se retrouver et sauver leur archipel de la pollution.
Un message universel qui trouve un écho particulier dans la région indianocéanique». Isabelle a rappelé que le projet est lauréat d’un appel à projets soutenu par la commission de l’Océan indien dans le cadre du programme régional de développement des industries culturelles et créatives, financé par l’Agence française de développement (Afd). Plusieurs activités sont prévues dans les prochains jours, notamment des ateliers «Trash to Music» dans les écoles de Moroni afin d’apprendre aux jeunes à fabriquer des instruments à partir d’objets recyclés.
Deux représentations théâtrales sont également programmées les 26 et 28 juin. «Ensemble, nous prouvons que les déchets ne sont pas une fatalité mais qu’ils peuvent être le point de départ d’une œuvre magnifique : un conte, un tale», a-t-elle déclaré. Le secrétaire général de la commission de l’Océan indien, Ibrahim Norbert Richard, a salué une initiative qui illustre la capacité de la région à conjuguer création artistique, engagement citoyen et coopération régionale.
Il a rappelé que la Coi soutient ce projet à travers son programme de développement des industries culturelles et créatives financé par l’Afd. Selon lui, «Trash to Tale» propose une approche originale en utilisant «l’art comme outil de sensibilisation aux enjeux environnementaux et à l’éco-citoyenneté». Il a également souligné l’importance du rôle de la jeunesse dans la transformation des comportements et la construction de sociétés plus responsables.
De son côté, le directeur adjoint de l’Agence française de développement, Nicolas Gury, s’est félicité du soutien apporté à ce projet. Il a rappelé que l’Afd accompagne aussi bien l’Union des Comores que la commission de l’Océan indien dans plusieurs domaines, notamment l’éducation et l’environnement. Pour lui, la jeunesse demeure un acteur prioritaire du développement.
Partenaire technique du projet, le gérant et cofondateur de l’entreprise de recyclage, Ali Nassim, a lancé un appel à une mobilisation collective. Se présentant comme l’un des rares acteurs du recyclage du plastique aux Comores, il a insisté sur la nécessité d’agir ensemble face au fléau des déchets plastiques. «Ne me laissez pas seul dans ce combat. Ce problème nous concerne tous», a-t-il déclaré.
La cérémonie s’est poursuivie par une conférence-débat consacrée aux défis de la gestion urbaine et de la valorisation des déchets à Moroni. Les participants ont ensuite découvert un village d’initiatives mettant en valeur des créations réalisées à partir de matériaux recyclés : tableaux en plastique, jouets et sacs, illustrant concrètement les possibilités offertes par le recyclage.




