Au lendemain du dialogue politique de Samoa, l’Union européenne réaffirme son engagement auprès des Comores, avec des priorités axées sur les relations politiques, le commerce et le développement.
L’Union européenne (UE) entend renforcer et approfondir son partenariat avec l’Union des Comores. C’est ce qu’a déclaré mercredi Roland Kobia, ambassadeur de l’UE auprès de Madagascar et des Comores, lors d’une conférence de presse au siège de la Délégation de l’UE à Moroni le mercredi 7 octobre, en présence du chargé d’affaires, Pavlos Evangelidis.
Cette rencontre avec la presse intervient au lendemain du dialogue politique de Samoa, organisé par le ministère comorien des Affaires étrangères. Selon Roland Kobia, ce rendez-vous régulier permet aux deux parties d’évaluer leurs relations et de définir les perspectives de leur coopération. « Nous avons passé quatre bonnes heures avec tous les secrétaires généraux des ministères, une série d’ambassadeurs de haut rang du ministère des Affaires étrangères et les directeurs généraux », a-t-il fait savoir. Côté européen, plusieurs ambassadeurs des États membres de l’UE et des chargés d’affaires ont également participé aux échanges.
L’ambassadeur a qualifié les discussions de « dialogue politique de partenariat extrêmement constructif et positif », et estimé qu’elles ont permis de mesurer « la profondeur et l’épaisseur » des relations entre l’UE, ses États membres et les Comores.Les échanges ont porté sur trois volets : les questions politiques, les relations économiques et commerciales et la coopération au développement. Sur le plan politique, Roland Kobia a souligné l’attachement commun aux principes de la Charte des Nations unies, notamment l’État de droit, la justice, les droits de l’homme, le respect des frontières et l’intégrité territoriale. « Il y a eu une réaffirmation très solide de notre vision commune sur ces grands enjeux politiques qui sont des enjeux de droit international, de respect des frontières, d’intégrité territoriale, de paix et de justice », a-t-il déclaré.L’UE a également salué certaines positions des Comores sur la scène internationale, notamment leur vote à l’Assemblée générale des Nations unies sur la guerre en Ukraine et leur action contre les pratiques liées à la flotte fantôme et le retrait de certains pavillons concernés.
450 millions de consommateurs
Roland Kobia a par ailleurs félicité les Comores pour l’inscription de leurs médinas historiques au patrimoine mondial de l’Unesco et souhaité plein succès au pays dans l’organisation des prochains Jeux des îles de l’océan Indien. « Nous viendrons de toutes les façons », a-t-il assuré.
Le volet économique et commercial a également occupé une place importante dans les discussions. Roland Kobia a rappelé que l’UE et ses États membres représentent un marché d’environ 450 millions de consommateurs, doté d’un pouvoir d’achat important.
Dans le cadre de l’Accord de partenariat économique, les Comores bénéficient d’un accès préférentiel au marché européen. Depuis quatorze ans, leurs produits peuvent y entrer sans droits de douane ni restriction quantitative.
L’enjeu est désormais d’accroître l’utilisation de ces possibilités par les entreprises comoriennes, notamment en améliorant la productivité, l’environnement des affaires et les capacités d’exportation. « Nous avons discuté de la façon d’améliorer encore les possibilités pour les entreprises comoriennes de pouvoir produire d’abord dans un cadre d’un environnement des affaires propice et puis de pouvoir exporter leurs produits », a-t-il expliqué.L’ambassadeur a également annoncé une évolution prochaine de l’Accord de partenariat économique. Celui-ci devrait être élargi à une quinzaine de nouveaux chapitres, notamment les services et d’autres secteurs économiques, au-delà du seul commerce des biens.
L’UE entend par ailleurs favoriser le développement de chaînes de valeur aux Comores. Roland Kobia a insisté sur la transformation locale des matières premières afin d’accroître les revenus générés dans le pays. « Contrairement à d’autres partenaires qui veulent acheter des produits comoriens bruts et ajouter de la valeur à l’étranger, notre action est de créer des filières locales de valeur ajoutée, des chaînes de valeur qui permettent de créer la valeur ici localement et puis de l’exporter en la vendant plus cher », a-t-il dit.L’objectif est ainsi d’accompagner l’industrie et l’artisanat dans la transformation des matières premières. L’ambassadeur a rappelé que l’UE constitue le premier partenaire commercial des Comores hors hydrocarbures, tout en estimant que le potentiel de l’accord reste encore largement sous-exploité.
Financements au développement
La coopération au développement a constitué le troisième volet du dialogue. Roland Kobia a rappelé que l’UE figure parmi les principaux partenaires des Comores dans ce domaine, en privilégiant notamment les dons non remboursables. « Nous avons rassuré l’Union des Comores que notre volonté est de continuer à accompagner le pays », a-t-il déclaré.
Alors que l’aide publique au développement connaît des réductions dans plusieurs pays et institutions, l’ambassadeur a affirmé que les engagements européens envers les Comores restent inchangés. « Nous n’avons pas diminué d’un seul euro. On a gardé nos enveloppes malgré la situation internationale », a-t-il affirmé. Il a également annoncé le renforcement de l’équipe de l’UE à Moroni, sous la direction de Pavlos Evangelidis.Pour Roland Kobia, ces différentes orientations traduisent une volonté de « maintenir, renforcer et approfondir le partenariat avec l’Union des Comores », sur les plans politique, économique et du développement.




