Les autorités ont échangé avec le Système des Nations-Unies (Snu) sur le cadre d’action des plans de développement du pays et revisité le niveau de mise en œuvre des différents programmes contenus dans le Pce.

 

Une réunion annuelle du dialogue stratégique entre le gouvernement comorien et le Système des Nations-Unies a eu lieu hier en fin de journée à l’hôtel Le Retaj à Moroni. Le but affiché est de maximiser les chances d’atteindre les objectifs fixés et contenus dans le Plan Comores émergent (Pce). 


Présidée par le secrétaire général du gouvernement et le coordonnateur résident du Système des nations-Unies, respectivement Azali Nour El-Fath et Tsok James Bot, cette réunion tenue en présence des ministres et secrétaires généraux a porté sur l’alignement stratégique du prochain cadre de coopération des Nations-unies sur les priorités nationales portée par le Plan d’accélération des Comores Emergent dont les travaux avaient eu lieu la semaine dernière, du 4 au 5 juin. Il s’agit, selon les intervenants de s’accorder sur les modalités de coopération et de leur mise en œuvre commune.

 Selon le secrétaire général du gouvernement, «cette réunion du dialogue stratégique intervient dans un contexte marqué par des avancées notoires dans la réalisation du Plan Comores émergent, estimé à 45 % grâce à l’engagement constant du chef de l’Etat et aux efforts conjugués du gouvernement, soutenus par vous, nos partenaires Bi et Multilatéraux, au premier plan le Système des Nations-unies». 

«45% des réalisations à 4 ans de l’échéance de 2030»

Toujours selon Azali Nour El-Fath, bien que la croissance actuelle frôle les 4 % (pour une cible de 7,5 %) et que l’inflation est maîtrisée à 3,5 %, l’émergence à l’horizon 2030 reste, selon lui, «un objectif réaliste et atteignable», à condition de redoubler d’efforts. «La mise en œuvre du Plan Comores émergent se fait à travers ses plans opérationnels, du Plan de développement Intérimaire 2020 – 2024, au plan de relance 2022 – 2026.

 Le Plan opérationnel de 2027 à 2030 vise à accélérer les réalisations du PCE à travers ses 5 socles, ses 5 catalyseurs et ses 3 conditions de mises en œuvre, tels qu’ils sont répartis sous forme de projets portés par les 16 programmes que nous connaissons tous», a-t-il toujours expliqué. Et de citer les 5 axes autour desquels, s’articule «cet ultime outil de mise en œuvre» notamment, à travers «une gouvernance rénovée et redevable, la modernisation des infrastructures, le renforcement de la résilience climatique et l’essor de l’économie bleue comme moteur de croissance».


La grande nouveauté de ce plan réside dans son approche inclusive, décliné en 21 produits stratégiques et 38 projets prioritaires redimensionnés et impliquant directement les gouvernorats, la société civile et le secteur privé, notamment via des Partenariats Public-Privé (PPP) accessibles pour moderniser les marchés et édifices publics. Pour sa part, le coordonnateur résident du Système des Nations-unies aux Comores a salué la tenue de cette réunion à un moment où, le Système des Nations-unies prépare son propre Cadre de coopération sur la même période afin de bâtir une vision parfaitement intégrée.

Et de toutefois invité l’assistance au réalisme face aux vents contraires de la conjoncture internationale. «Nous faisons face à un contexte international plus contraint, marqué par une évolution des priorités mondiales et des financements au développement plus limités. Cela nous oblige collectivement à mieux prioriser, mieux cibler et mieux coordonner nos interventions», a rappelé Tsok James Bot. Pour lui, «les défis structurels des Comores restent importants, notamment pour ce qui est de l’emploi des jeunes à la vulnérabilité climatique, exigeant un dialogue franc et constructif». 


A l’issue de cette réunion stratégique entre les membres du gouvernement et les représentants des différentes organisations du système des Nations-unies, le Coordonnateur résident s’est félicité de «la qualité des échanges et de l’esprit d’ouverture» qui a régné tout au long des discussions. Et d’exprimer «l’engagement du Système des Nations-unies à accompagner les Comores dans ses efforts de développement à travers une position commune sur les orientations du prochain cycle de coopération».