Le «Collectif Anjouan 2029», composé de cadres originaires de l’île de Ndzuani et mobilisé pour le respect du principe de la présidence tournante aux Comores, a tenu une conférence de presse le samedi 10 octobre dernier au restaurant Le Select à Moroni. Ses membres ont réaffirmé leur attachement au retour de la présidence tournante à Ndzuani en 2029 et présenté leurs propositions pour améliorer le processus électoral, à la suite de la récente visite d’une mission technique des Nations unies dans le pays.
Pour les responsables du collectif, «l’enjeu est d’anticiper le travail d’organisation des prochaines échéances électorales en tirant les enseignements des précédents scrutins». Ils appellent à engager suffisamment tôt les réformes nécessaires à l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Prenant la parole, Nidhoimi Houmadi, ancien candidat aux élections des gouverneurs, a rappelé que le collectif avait été lancé dans un contexte marqué par des incertitudes supposées sur le respect du principe de la présidence tournante. Il s’est toutefois réjoui des «signes d’apaisement observés ces derniers temps», notamment après les déclarations du chef de l’État sur le retour de la présidence tournante à Ndzuani en 2029. Selon lui, ces propos ont ensuite été confirmés et renforcés par le secrétaire général du gouvernement. L’arrivée d’une mission des Nations unies chargée de faire un état des lieux et d’analyser le dispositif électoral existant constitue également « un signal encourageant».
Nidhoimi Houmadi a précisé que la conférence de presse faisait suite aux échanges entre des membres du collectif et la mission onusienne. Il s’agissait, selon lui, «de partager leur vision et leurs propositions en vue des prochaines consultations électorales». De son côté, Ayinoulhouda jaffar, ancien candidat aux élections législatives, a présenté les initiatives engagées par le collectif pour contribuer à l’amélioration du système électoral. Il a notamment rappelé l’organisation, en janvier 2026, d’un atelier de réflexion consacré à la préparation des prochaines échéances. «Les recommandations issues de ces travaux portaient principalement sur la révision des textes électoraux, l’assainissement du fichier électoral et la mise en place d’un cadre de concertation réunissant les différents acteurs concernés», a-t-il expliqué. L’ancien candidat a également évoqué un atelier gouvernemental organisé en avril, consacré à l’évaluation du processus électoral de 2024.
Neutralité, assainissement
Le collectif a pris part à ces initiatives et contribué à l’élaboration des recommandations formulées à leur issue. Ayinoulhouda a estimé que «ces contributions ont participé à la dynamique ayant conduit le Gouvernement à solliciter l’appui des Nations unies». À l’issue des échanges avec la mission technique, il s’est félicité de constater que « plusieurs des recommandations défendues par le collectif avaient été prises en compte par les autorités».
Ancien député et ancien membre de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Latuf Abdou a insisté sur «la nécessité de garantir la neutralité de l’organe chargé de l’organisation des élections et de procéder à un assainissement rigoureux des listes électorales ». Il a également plaidé pour «la création d’un cadre de concertation afin d’examiner les textes électoraux et de déterminer les réformes indispensables à l’amélioration du processus». Lors de leur rencontre avec les représentants des Nations unies, les membres du collectif ont sollicité «un accompagnement technique du processus électoral, notamment un audit du fichier électoral après son assainissement, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de dialogue entre les différents acteurs concernés ».
Pour Latuf Abdou, l’une des principales différences entre les échéances de 2024 et celles de 2029 doit résider dans l’anticipation. « L’objectif est de nous mobiliser suffisamment tôt afin d’identifier les insuffisances du système électoral et d’y apporter les corrections nécessaires dans les meilleurs délais, plutôt que d’attendre les derniers moments », a-t-il soutenu. «Le collectif lui-même reste prudent», a-t-il souligné, tout en estimant que «certains indicateurs permettent d’espérer une amélioration du processus électoral». La transmission d’un document aux Nations unies et la réponse favorable de la mission à l’invitation du collectif sont notamment considérées comme des signaux positifs.
Pour les responsables du « Collectif Anjouan 2029», l’objectif est donc double : «veiller au respect du principe de la présidence tournante, avec un retour attendu à Ndzuani en 2029, et créer les conditions d’un processus électoral plus transparent, inclusif et démocratique ».




