À l’issue des consultations organisées les 7 et 8 octobre 2026 à Moroni avec les partis d’opposition et la mission des Nations unies, son président, Dr Housni Mohamed Abdou, a présenté, au cours d’une rencontre avec la presse vendredi dernier à son bureau, les principales recommandations de sa formation politique. Objectif : prévenir les contestations électorales et assurer une alternance dans le respect du calendrier constitutionnel, sans recourir à une transition politique.


Le Swauti estime que la crédibilité des prochaines élections dépend avant tout de la neutralité des institutions chargées de leur organisation et de leur contrôle. Le parti dénonce une influence excessive du pouvoir sur les différentes étapes du processus électoral, de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) aux bureaux de vote, en passant par les commissions insulaires et communales.


Il réclame également un renforcement des garanties juridictionnelles, notamment concernant le traitement des recours et les décisions de la Cour suprême relatives aux résultats.  Pour Dr Housni Mohamed Abdou, la priorité n’est pas d’instaurer une transition, «mais de garantir des arbitres neutres et des règles acceptées par tous les acteurs politiques». La feuille de route prévoit l’adoption des réformes électorales au plus tard en avril 2027. 

Un accompagnement des Nations unies

Le Swauti propose ensuite de tenir le premier tour de la présidentielle le 3 décembre 2028 et le second tour le 14 janvier 2029, avant le début du Ramadan. Ce calendrier doit, selon le parti, permettre d’organiser les opérations nécessaires, notamment le recensement électoral, la formation des agents, les campagnes électorales, la proclamation des résultats et le traitement des éventuels recours. Le parti demande, par ailleurs, la promulgation du Statut de l’opposition politique, adopté par l’Assemblée de l’Union le 27 décembre 2022. «Ce texte permettrait notamment de désigner un chef de l’opposition reconnu institutionnellement et de renforcer la représentation des partis opposants au sein des organes électoraux», a déclaré Housni Mohamed Abdou qui souhaite également la mise en place d’un nouveau cadre de concertation politique.

Le Swauti plaide pour une assistance technique permanente des Nations unies, depuis l’élaboration d’un nouveau Code électoral jusqu’à l’observation du scrutin. Selon le parti, cet accompagnement viserait à renforcer les capacités des institutions et à améliorer la transparence des opérations.  Le parti précise toutefois que  «les décisions doivent rester du ressort des institutions comoriennes, l’appui international n’ayant pas vocation à se substituer aux autorités nationales». La formation politique rejette les propositions de transition et de nouvelles Assises nationales, estimant qu’elles risqueraient de perturber le calendrier constitutionnel. 

Elle s’oppose également à «toute nouvelle révision de la Constitution avant 2029, notamment au regard des échéances institutionnelles liées au retour de la présidence à Ndzuani et à l’investiture du prochain président de l’Union, prévue le 26 mai 2029 dans sa feuille de route». 
En défendant cette démarche, le Swauti affirme «vouloir rester dans l’opposition tout en participant aux discussions sur les règles électorales».