Réunis à Moroni dans un atelier régional, les acteurs électoraux de l’océan indien examinent les réformes juridiques nécessaires pour renforcer la transparence des scrutins, la confiance citoyenne et la gouvernance démocratique.
Le ministère de l’intérieur organise à l’hôtel Retaj, un atelier régional de deux jours sur les cadres légaux électoraux réunissant les organes de gestion des élections, des parlementaires, des représentants de la société civile ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers. Organisée avec l’appui du projet « Gouvernance, paix et stabilité » (Gps), financé par l’Agence française de développement (Afd), cette rencontre vise à renforcer les capacités des acteurs électoraux de la région et à promouvoir des réformes adaptées aux réalités nationales.
Ouvrant les travaux au nom du gouvernement, le directeur de cabinet du ministère de l’Intérieur, Mohamed Abderemane Boina, a rappelé que les réformes électorales sont devenues indispensables face aux évolutions des sociétés, aux avancées technologiques et aux attentes croissantes des citoyens en matière de transparence et de crédibilité des scrutins. «Une évaluation n’a de sens que si elle débouche sur des actions concrètes», a-t-il déclaré, estimant que la modernisation des systèmes électoraux ne se limite pas à la révision des textes de loi.
Elle passe également par la professionnalisation des administrations électorales, le renforcement des capacités des acteurs politiques et une meilleure implication des citoyens dans le processus démocratique.Le directeur de cabinet a également mis en garde contre les défis auxquels font face les démocraties contemporaines, notamment la désinformation, la polarisation politique et la contestation des résultats électoraux.
Selon lui, ces enjeux imposent une responsabilité collective afin de préserver la confiance des citoyens dans les institutions. Il a rappelé que les Comores se sont engagées dans une réflexion nationale sur l’amélioration de leur gouvernance électorale. À cet effet, un séminaire national d’évaluation du cycle électoral 2023-2025 a été organisé en avril dernier avec la participation des institutions publiques, de la Commission électorale, des autorités judiciaires, des partis politiques, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers. Cette démarche a permis d’identifier les réformes prioritaires à conduire en vue des prochaines échéances électorales.
Un exercice complexe
Pour sa part, le représentant de la Coi a souligné que la révision des cadres légaux électoraux constitue un exercice fondamental pour toute démocratie. Selon lui, elle exige une démarche inclusive, fondée sur le dialogue, l’écoute et la concertation entre les institutions de l’Etat, les organes de gestion des élections, les parlementaires, les partis politiques, les organisations de la société civile ainsi que l’ensemble des parties prenantes.
Prenant la parole à son tour, le chargé d’affaires par intérim de l’Ambassade de France aux Comores, Jean-Baptiste Lesecq, a salué la tenue de cet atelier qu’il considère comme un espace privilégié de réflexion et de partage d’expériences entre les pays de la région. Il a rappelé que la question des cadres légaux électoraux constitue le fondement même de toute démocratie. «Un processus électoral n’est crédible que si les règles du jeu sont claires, acceptées par tous et conformes aux standards internationaux», a-t-il souligné.
Selon lui, la révision des cadres électoraux demeure un exercice complexe qui se heurte souvent à des sensibilités politiques nationales. Toutefois, il a estimé qu’une réforme menée avec rigueur permet de concilier les réalités propres à chaque pays avec les exigences des normes internationales. Jean-Baptiste Lesecq a précisé que cet atelier répond à une demande exprimée par les membres du Réseau électoral de l’océan indien (Reoi), qui avaient souhaité disposer d’un espace d’échanges consacré aux réformes électorales.
Les travaux permettront notamment d’analyser les références juridiques internationales, de partager les expériences des différents pays et de promouvoir des méthodologies inclusives associant les organes de gestion des élections, les parlementaires et la société civile. Les experts présents accompagneront les participants dans une analyse comparative des cadres juridiques afin d’identifier des outils méthodologiques concrets susceptibles d’inspirer des réformes inclusives et consensuelles.



