Le sommet extraordinaire de l’Union africaine sur le renforcement des mécanismes de prévention des conflits en Afrique a eu lieu à Luanda, en Angola, du 29 au 30 août 2026. Le ministre des Affaires étrangères, Mbae Mohamed, a dressé un constat préoccupant de la situation sécuritaire du continent, marqué par la persistance des conflits, le terrorisme, les déplacements de populations et les migrations. «Beaucoup de crises et de conflits inscrits à l’ordre du jour de l’agenda concernant la paix et la sécurité se trouvent sur notre Continent», a relevé le chef de la diplomatie comorienne, citant notamment le Sahel, la région des Grands-Lacs et la Corne de l’Afrique.
Dans son intervention, Mbae Mohamed a également évoqué la question des migrations, devenue « une préoccupation pour l’Union des Comores ». Longtemps relativement épargné par l’ampleur de ce phénomène, l’archipel est désormais confronté aux conséquences des flux migratoires. Le ministre a estimé que cette problématique ne peut pas être traitée par les seuls Etats concernés et nécessite des réponses concertées et collectives à l’échelle continentale et internationale. « C’est une Afrique stable et prospère qui permettra à nos pays de porter une réponse positive au fléau des pertes de vies humaines liées aux migrations et toutes ses conséquences », a-t-il déclaré avant d’évoquer le cas de l’île comorienne de Mayotte occupée illégalement par la France.
Mayotte au cœur du message comorien
La question de l’île comorienne de Mayotte a également été abordée par le ministre lors de son intervention devant ses pairs du continent. Dans un entretien accordé à Al-watwan, Mbae Mohamed a placé la question de la souveraineté et de l’intégrité territoriale au centre de son message. «La paix, cette précieuse richesse que nous avons et que nous devons préserver, se construit sur un socle solide de solidarité agissante, de respect de nos souverainetés et de l’intégrité territoriale de chacun de nos Etats membres », a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie comorienne s’est ensuite inquiété de «l’érosion progressive de la solidarité » entre Etats africains, au profit d’intérêts particuliers. «Depuis quelques temps, nous constatons que cette solidarité, qui est le fondement de notre organisation panafricaine, s’érode progressivement, au profit d’intérêt singulier. Le cas de mon pays est le plus éloquent, avec la signature d’instruments juridiques entre des pays frères et amis d’Afrique, et des autorités de l’île comorienne de Mayotte, occupée illégalement par la puissance colonisatrice, la France ».
Il a rappelé et réaffirmé l’intégrité territoriale des Comores composé de quatre îles Ngazidja, Ndzuani, Mwali et Mayotte occupée illégalement par la France. Pour Mbae Mohamed, «de tels rapprochements sont susceptibles d’alimenter des tensions politiques et diplomatiques sur le continent». Il a ainsi appelé les Etats membres de l’Union africaine et la Commission de l’organisation panafricaine à faire preuve de vigilance. «J’invite donc nos pays et la Commission de l’UA à observer la vigilance requise pour éviter des conflits politiques et diplomatiques sur notre Continent», a-t-il déclaré Mbae Mohamed. Face à ces défis, le ministre comorien a appelé l’Union africaine à consolider son unité et sa solidarité, tout en dépassant les clivages politiques entre Etats.
Pour le chef de la diplomatie comorienne la prévention des conflits passe ainsi autant par la capacité de l’Afrique à anticiper les crises que par sa volonté de défendre collectivement les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et de solidarité entre Etats. À Luanda, le message comorien aura donc porté sur deux fronts. «Renforcer les mécanismes africains de prévention des conflits et rappeler, dans une enceinte continentale, la position de l’Union des Comores sur la question de Mayotte».




