«Notre présence ici témoigne ainsi de la volonté partagée de nos pays d’ouvrir de nouveaux horizons pour un partenariat stratégique fondé sur le respect mutuel, la solidarité agissante et une vision commune de l’avenir, bâtie sur le socle de la souveraineté, de l’intégrité et du développement de nos États», a souligné le chef de l’État.

 


Le président de la République a plaidé en faveur «des partenariats mutuellement bénéfiques avec la fédération de Russie et tous les partenaires» dans son discours prononcé à l’occasion de la séance plénière des travaux du sommet Russie-Afrique qui a pris fin hier jeudi 29 octobre à Moscou. Azali Assoumani, qui a pris la parole après Vladimir Poutine, le président du Burundi et celui de la Centrafrique, a insisté sur le besoin réel d’investissements pour transformer les économies africaines par la capitalisation des ressources naturelles du continent. 
«L’Afrique pourrait mieux valoriser ses ressources énergétiques, développer ses infrastructures pour continuer à atténuer les conséquences des chocs extérieurs vis-à-vis de nos fragiles économies et créer des emplois pour sa jeunesse», a-t-il indiqué, dans son intervention devant ses homologues du continent réunis autour du dirigeant russe.

«Un changement d’approche et de méthode»

Le chef de l’État a rappelé les instruments mis en place pour accompagner la dynamique de développement du continent, citant la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et les autres marchés économiques régionaux comme le Comesa et la Sadc, qui demeurent à ses yeux, des dispositifs à explorer pour atteindre les objectifs de prospérité (les Odd et l’agenda 2063 de l’Union africaine) affichés par les gouvernements africains. Mais, pour y parvenir, Azali Assoumani évoque un nécessaire « changement d’approche et de méthode», réitérant, encore une fois, une diversification des partenariats qui profitera aux peuples du continent. Pour le président de la République, «l’Union des Comores a intégré la Zone de libre-échange continentale africaine et compte mettre à profit l’opportunité de cette adhésion pour diversifier son économie et son industrialisation et renforcer sa sécurité alimentaire et énergétique». Mais, estime Azali Assoumani, «pour que cette intégration soit réelle pour mon pays comme pour tous les États du continent, le respect de la souveraineté de nos États reste un préalable pour que nous puissions nous atteler à construire un meilleur avenir pour nos populations».


Sur cet aspect, le chef de l’État fera savoir que tous les capitaux, quelle que soit leur origine, seront les bienvenus en Afrique et aux Comores pour répondre aux aspirations des citoyens en matière de développement socio-économique. «Nos pays ont besoin d’investissements directs étrangers qui soutiennent la transformation locale, le développement des infrastructures pour une meilleure circulation des personnes et des biens, et le renforcement des chaînes de valeurs régionales», a-t-il insisté, rappelant pour le cas des Comores, la possibilité de transformer le potentiel existant «dans les secteurs porteurs de l’agro-transformation avec des épices dont le girofle, l’ylang-ylang, la vanille et bien d’autres cultures vivrières, le tourisme vert, l’éco-hôtellerie et les projets portés par la diaspora».


Avec la Russie, le chef de l’État a souligné l’urgence de développer des partenariats dans la promotion du capital humain, la recherche médicale, l’accès aux vaccins «pour répondre aux défis liés aux maladies, aux pandémies et aux épidémies», le développement du numérique, la cyber-sécurité, l’imagerie satellitaire, l’économie bleue, la digitalisation de l’économie, les changements climatiques et la protection de l’environnement marin.  «Nous appelons la Fédération de Russie, les pays amis et les organismes de développement à la construction de partenariat gagnant-gagnant», a encore insisté Azali Assoumani.


Il a loué la coopération entre les Comores et la fédération de Russie amorcée en 1976 et qui a fait ses preuves dans les domaines de la formation, du développement «de l’agriculture, de la pêche, du commerce et de la sécurité maritime».  Azali Assoumani s’est félicité que cette coopération avec la Russie soit «basée sur le respect mutuel, le soutien à la souveraineté nationale et à l’intégrité territoriale de nos pays», souhaitant dorénavant sa diversification par un nouveau «partenariat économique et technique et des échanges» dans les domaines clés du développement.

Les jeux des îles, la Palestine, le Moyen-Orient 

Les chefs d’État du continent sont allés dans le même sens de transformation structurelle des économies africaines et la diversification des partenariats. Le président en exercice de l’Union africaine, le Burundais, Évariste Ndayishimiye, a, lui aussi, demandé à ce que «les richesses de l’Afrique profitent aux Africains», renouvelant la position de ses homologues à poursuivre l’élan de consolidation de la coopération multiforme avec la Russie.


Pour Azali Assoumani,   «face aux bouleversements auxquels le monde fait face, ce sommet incarne parfaitement notre volonté de sortir de la logique des rapports de force et de privilégier le multilatéralisme et le dialogue pour relever les défis du dérèglement climatique, de la paix, de la sécurité collective et du développement partagé». Sur ce registre, le président de la République a appelé à la fin des souffrances infligées au peuple palestinien, à la création de deux États palestinien et Israélien, à la fin du conflit russo-ukrainien, à une solution rapide aux tensions au Moyen-Orient, à la réforme du conseil de sécurité de l’Onu en vue de la présence permanente du continent 


Azali Assoumani a, par ailleurs, exprimé la volonté de l’Union des Comores d’accueillir «avec enthousiasme la volonté de la Fédération de Russie d’ouvrir une ambassade russe à Moroni comme nous sommes fiers et heureux d’y abriter les ambassades de la République populaire de Chine, de la République française, en espérant voir s’y installer celles des autres membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et celles de tous les pays frères et amis africains et de l’ensemble de nos partenaires au développement».


Le président de la République a rappelé l’organisation, l’an prochain, des jeux des îles de l’océan indien aux Comores, appelant le soutien de la Russie avant  d’exprimer sa gratitude «aux pays amis et aux partenaires» qui accompagnent le pays  «dans la réalisation de cet engagement national et régional».Le sommet Russie-Afrique s’est soldé par un paquet d’engagements dans de nombreux secteurs stratégiques entre la Russie et l’Afrique pour consolider et diversifier leur coopération à travers «le cadre du partenariat Russie-Afrique 2027-2029».