Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a participé, jeudi 10 septembre 2026 à Lianyungang, en Chine, à la troisième édition du Dialogue ministériel Chine-Afrique sur l’application des lois. Organisée sous le thème «Faire face ensemble aux défis communs, réaliser main dans la main la sécurité commune», la rencontre a réuni plusieurs responsables africains et chinois chargés des questions de sécurité et d’application des lois.


Prenant la parole devant ses homologues, le ministre comorien a remercié le gouvernement chinois, notamment le ministère de la Sécurité publique, pour l’organisation de cette rencontre. Il a également souligné l’importance du partenariat entre les deux pays. «Si nous sommes réunis aujourd’hui avec autant de détermination, c’est grâce à la vision claire et stratégique de nos chefs d’État, le président Xi Jinping et son homologue, Azali Assoumani.

 Leurs orientations avisées et leur engagement indéfectible continuent d’insuffler une dynamique exemplaire à notre partenariat bilatéral, fondé sur la solidarité, le respect mutuel, ainsi que la recherche constante du bien-être de nos peuples. Cette amitié sino-comorienne, ancrée dans la confiance, constitue le socle solide sur lequel nous bâtissons notre coopération sécuritaire», a-t-il déclaré.


Mohamed Ahmed Assoumani a ensuite évoqué les menaces sécuritaires contemporaines, notamment la criminalité transnationale organisée, la cybersécurité et les différentes formes d’instabilité. Selon lui, ces défis nécessitent une réponse collective, aucun État ne pouvant les relever seul. «L’Union des Comores réaffirme ici sa pleine adhésion à cette dynamique de solidarité régionale et internationale en tant qu’État archipélagique.

 Elle est confrontée à la vulnérabilité intrinsèque de ses îles et aux défis majeurs du contrôle de ses frontières maritimes. La porosité de nos côtes, le long de routes hautement fréquentées, expose notre pays aux réseaux de migration irrégulière, au trafic d’êtres humains et à la criminalité transfrontalière», a insisté le ministre.

372 affaires criminelles et délictuelles

Dans son allocution, il a plaidé auprès de ses homologues, notamment Wang Xiaohong, ministre chinois de la Sécurité publique, pour un suivi renforcé et une surveillance accrue des espaces insulaires. Il a estimé que ces réalités exigent des mécanismes efficaces de contrôle des frontières et une vigilance opérationnelle continue. Le ministre a également présenté des données illustrant l’ampleur des défis auxquels les services de sécurité comoriens sont confrontés. De janvier à juillet 2026, la police nationale a enregistré et traité 372 affaires criminelles et délictuelles.


Selon les chiffres communiqués, les atteintes aux biens et les escroqueries représentent “42 %, soit 157 affaires”. Elles sont suivies des infractions sexuelles et atteintes aux mœurs, avec “21,8 %, soit 81 cas”, puis de la délinquance liée aux stupéfiants et à l’alcool, qui représente “21,2 %, soit 79 affaires”. S’y ajoutent les infractions à l’ordre public et la falsification de documents administratifs.

 Pour Mohamed Ahmed Assoumani, ces chiffres soulignent la nécessité de renforcer les capacités matérielles, logistiques et technologiques des services de sécurité comoriens. Il a enfin rappelé que la position des Comores, au cœur de l’océan Indien occidental et au croisement de routes maritimes stratégiques, fait de la stabilité régionale un enjeu étroitement lié à la sécurité globale.