La passation officielle s’est tenue hier à Itsandra Beach. Le ministre du Tourisme prend la présidence des Iles vanille avec l’ambition de faire de la région un modèle de tourisme durable, humain et reconnu à l’échelle mondiale.
La cérémonie officielle de passation de la présidence de l’Organisation des Îles Vanille s’est tenue hier mercredi 4 février à l’hôtel Itsandra Beach. En présence des présidents sortant et entrant, du directeur des Îles Vanille, des représentants des États membres, ainsi que de plusieurs personnalités du secteur touristique de la région. À cette occasion, le ministre délégué au Tourisme de la République de Maurice, Sydney Pierre, président sortant de l’organisation, a tenu à adresser ses remerciements au président Azali Assoumani, en saluant «l’amitié sincère du peuple comorien» et en soulignant que les Îles Vanille dépassent aujourd’hui le cadre d’une simple association pour constituer «une véritable famille».
Reconnaissant la brièveté de son mandat, Sydney Pierre a rappelé que «la durée d’un mandat ne définit ni son impact, ni la direction que l’on peut impulser lorsque l’on partage une vision claire et collective». Cette vision s’articule autour d’un objectif majeur : «positionner la région des Îles Vanille comme la plus belle région touristique du monde, en misant sur la diversité des destinations, la richesse culturelle et l’authenticité des expériences». Dans cette dynamique, une nouvelle Commission Marketing a été mise en place, sous sa présidence, avec pour mission de redéfinir la stratégie marketing et de consolider le positionnement international des Îles Vanille.
Le président sortant a insisté sur le fait que la force des Îles Vanille réside dans leur diversité et non dans l’uniformité. «Chaque île, par son identité propre, contribue à renforcer la notoriété de l’ensemble de la région», a-t-il soutenu. Il a également souligné que l’absence de liaisons aériennes directes entre certaines îles ne doit pas être perçue comme un frein, mais plutôt comme une opportunité de promotion collective. Sous l’impulsion du directeur de l’organisation, un travail structurant a par ailleurs été engagé sur le développement du segment croisière, considéré comme un levier stratégique pour améliorer la connectivité régionale et générer des retombées économiques, tout en respectant une approche responsable.
Le président sortant a également rappelé l’urgence des défis environnementaux auxquels sont confrontées les îles de la région : réchauffement de l’océan, érosion des plages, blanchissement des coraux et protection de la biodiversité marine. Il a plaidé pour que le développement durable soit placé au cœur des stratégies touristiques futures.
Rôle stratégique
Évoquant la nouvelle présidence comorienne, Sydney Pierre a estimé que l’Union des Comores occupe aujourd’hui une place stratégique au sein des Îles Vanille. Il a mis en avant l’authenticité, la naturalité et la richesse culturelle de l’archipel, appelant les Comores à assumer un positionnement de «niche», fondé sur l’écotourisme de qualité, le tourisme culturel, le tourisme marin et scientifique, ainsi que des formes d’hospitalité responsables. «La qualité doit primer sur la quantité, la durabilité guider l’investissement et les populations locales doivent être au cœur de la chaîne de valeur », a-t-il dit.
Prenant la parole, le ministre de l’Environnement chargé du Tourisme, Abubakar Ben Mahamoud, a rappelé que cette passation de présidence n’est pas une première pour les Comores. Il a souligné le caractère apolitique de l’Organisation des Îles Vanille, dont la mission principale est la promotion du tourisme dans les îles membres, à savoir les Comores, Maurice, les Seychelles et La Réunion.
Selon lui, l’objectif est de développer des circuits touristiques combinés permettant aux visiteurs, notamment en provenance d’Europe et d’Asie, de découvrir plusieurs îles de la région. «Chaque île a sa beauté, son histoire et sa culture. Ensemble, nous pouvons positionner notre région comme une destination de référence sur la scène internationale», a-t-il déclaré.
Le ministre a également mis en avant les retombées positives pour les Comores, «dont le secteur touristique connaît une croissance significative». «De 3 000 arrivées en 2014, le pays est passé à plus de 80 000 visiteurs en 2024, avec des perspectives encore plus prometteuses pour 2025», a-t-il rappelé. Toutefois, des défis subsistent, notamment en matière d’infrastructures routières, portuaires et sanitaires. Des efforts sont en cours pour développer les ports afin d’accueillir les croisières et renforcer les infrastructures connexes, indispensables à l’essor durable du tourisme.




