Le volume des échanges commerciaux entre la Russie et les pays africains a atteint «environ 27,7 milliards de dollars en 2025», selon l’Institut d’Afrique de l’Académie des sciences de Russie. «La souveraineté, fondement d’un développement durable», «l’économie d’un ordre mondial souverain», «la coopération socio-humanitaire et le capital humain» et «Technologies et innovations pour améliorer la qualité de vie» sont au cœur de ce troisième sommet après ceux de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023.

 

De nombreux chefs d’Etat africains sont arrivés depuis le week-end à Moscou pour le troisième sommet Russie-Afrique prévu les 28 et 29 octobre dans la capitale russe. Le président de la République, Azali Assoumani, est arrivé ce mardi 27 octobre, accompagné d’une délégation composée de hauts cadres de l’administration publique, du secteur privé et des journalistes. «Ce sera un moment important pour notre diplomatie. La Russie a été toujours un ami de notre pays.

La vision du chef de l’Etat est de diversifier notre action diplomatique pour tirer le maximum d’avantages en faveur de nos politiques de développement», a souligné hier lundi le conseiller diplomatique du président de la République, Djaé Ahamada Chanfi. 


Des chefs d’Etat  du continent sont à Moscou depuis dimanche 25 octobre. C’est le cas du président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, arrivé dans la capitale russe le 25 octobre. Le président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, s’est lui aussi rendu à Moscou deux jours plus tôt tout comme le président burundais, Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine. Ce dernier devrait coprésider une séance plénière avec Vladimir Poutine, consacré au renouveau du partenariat politique et économique entre le continent et la Fédération de Russie, selon le programme officiel du sommet.

Recentrer et consolider le partenariat russo-africain

La cérémonie officielle est prévue au centre historique de Gostiny Dvor, situé dans le quartier Kitaïgorod de Moscou, près de la place Rouge. Un lieu à la fois mythique et symbolique de la politique russe. Les travaux du troisième sommet sont supervisés par le conseiller du président russe,  Iouri Ouchakov.  «Pour la Russie, cette rencontre est l’occasion de consolider ses relations avec les États africains et d’explorer de nouvelles possibilités de partenariat. Pour les pays du continent, elle offre un cadre de discussion sur leurs priorités et les perspectives de coopération avec Moscou», souligne le site officiel du sommet.


Le programme du Forum de 2026 s’articulera autour de quatre axes : «La souveraineté — fondement d’un développement durable», «l’économie d’un ordre mondial souverain», «la coopération socio-humanitaire et le capital humain» et «Technologies et innovations pour améliorer la qualité de vie ». Des tables rondes et des manifestations thématiques sont prévues sur les principales questions de coopération entre la Russie et les pays d’Afrique, notamment «dans les domaines du commerce, de l’investissement, de l’industrie, du transfert de technologies, de la sécurité alimentaire et énergétique, de la numérisation, de la santé, de l’éducation, de la science, des médias et des échanges de jeunes».


Le programme du troisième sommet comprendra de nouveau le Forum des médias Russie-Afrique, avec la participation des dirigeants d’agences de presse et de groupes médiatiques des pays africains. «Les principaux acteurs du paysage médiatique examineront l’influence des médias des pays de la majorité mondiale sur le monde ainsi que l’émergence de médias indépendants en Afrique», souligne le site du troisième sommet. «Ils définiront les perspectives de développement des ressources médiatiques en tant qu’instruments de lutte contre la désinformation et de renforcement de l’image positive de la Russie et de l’Afrique, et aborderont également la question de la décolonisation des contenus médiatiques», ajoute la plateforme.


On apprend l’organisation de nombreuses manifestations dédiées à des «programmes jeunesse» du Forum qui se dérouleront à l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (Mgimo) et qui relève directement du ministère des Affaires étrangères russe. «Les discussions doivent notamment porter sur le commerce, les investissements, l’énergie, l’agriculture, la sécurité alimentaire, les nouvelles technologies, l’éducation et la coopération sécuritaire», ajoutent les organisateurs.

« Évaluer les avancées réalisées et fixer de nouvelles orientations»

La Russie et le continent africain renforcent leur partenariat stratégique dans de nombreux domaines avec des implications directes qui permettent à Moscou de consolider son assise dans certains pays. Côté économique, le volume des échanges commerciaux entre la Russie et les pays africains a atteint «environ 27,7 milliards de dollars en 2025», selon l’Institut d’Afrique de l’Académie des sciences de Russie qui ajoute que «les exportations russes dépassent largement les importations», citant principalement «les produits alimentaires, les engrais, les ressources énergétiques et les métaux». 


À l’issue des sommets de Sotchi en 2019 de Saint-Pétersbourg en 2023, les autorités de Moscou ont affiché l’ambition de «multiplier ces échanges par 1,5 à 2 d’ici 2030». Le secteur alimentaire reste l’un des plus stables. « En 2024, les exportations agroalimentaires russes vers l’Afrique ont dépassé 7 milliards de dollars (+19 % environ en un an), et près de 9,5 milliards en incluant les engrais. Au cours de la campagne 2023/24, les pays africains ont importé un volume record de 21,2 millions de tonnes de blé russe.

 Les livraisons d’engrais ont progressé de 83 % en 2024, atteignant 2,5 millions de tonnes », souligne l’Institut d’Afrique de l’Académie des sciences de Russie. D’après la diplomatie russe, le troisième sommet Russie-Afrique «s’inscrit dans la continuité de ces deux rendez-vous, avec un objectif central : évaluer les avancées réalisées et fixer de nouvelles orientations pour le partenariat».