A Nairobi, le président de la République a mis l’occasion à profit pour faire un «bilan à mi-mandat» qui a couvert les volets sécuritaire, politique, économique et diplomatique. Azali Assoumani est, de prime abord, revenu sur les crises politico-institutionnelles et les conflits armés qui menacent la stabilité du continent.
Alors que le mandat de la présidence comorienne de l’Union africaine intervient dans un contexte particulier marqué par ce «monde de plus en plus agité», le chef de l’Etat dit compter sur «notre intelligence collective pour obtenir des résultats concrets et inverser ainsi la tendance».
Revenant sur la guerre au Soudan, le président de l’Ua, qui a eu des entretiens téléphoniques avec les deux généraux protagonistes en mai dernier – a énoncé les actions engagées à différents niveaux pour obtenir des trêves, plaider et obtenir des couloirs humanitaires au profit des populations civiles prises entre deux feux. Azali Assoumani a salué l’engagement des Etats unis dans ce processus de dialogue, salué les efforts du royaume d’Arabie saoudite et soutenu le travail poursuivi par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad).«J’ai, en concertation avec le président Moussa Faki, entrepris des contacts avec les principaux acteurs de la crise au Soudan pour parvenir à une sortie de crise pacifique», a-t-il révélé en précisant que l’effort de médiation allait se poursuivre pour exhorter les deux généraux à mettre un terme à «cette guerre fratricide» qui a «entrainé de nombreuses pertes en vies humaines» et «jeté de milliers de personnes sur le chemin de l’exil».
Une première étape
Au sujet du Mali, de la Guinée-Conakry et du Burkina Faso, Azali Assoumani a annoncé l’envoi d’émissaires pour échanger sur les dernières phases du processus de transition politique dans les deux premiers pays d’Afrique de l’Ouest. «Je me suis rendu en Guinée-Conakry où j’ai porté le message de l’Union africaine d’une transition pacifique, avec, à la clé, un retour rapide à l’ordre constitutionnel par un scrutin ouvert, libre et équitable», a-t-il indiqué, en espérant que la tenue du référendum constitutionnel au Mali, constituera une première étape vers des élections à la fois «transparentes, inclusives et apaisées».
A propos de la médiation pour un cessez-le-feu en Rdc, il a fait part des discussions qu’il a eues, à de nombreuses reprises, avec son homologue kenyan, William Ruto, et des chefs d’Etat de la région pour créer les conditions nécessaires à la désescalade dans des points chauds du conflit à l’Est du pays. «La réunion quadripartite qui s’est tenue le 27 juin en Angola, sur la crise à l’Est de la Rdc, sous l’égide de l’Union africaine, et à laquelle j’ai pris part, participe à cette volonté de contribuer à résoudre ce conflit qui dure déjà plus de deux décennies et déstabilise la région, voire l’Afrique toute entière», a-t-il rappelé.
Au sujet de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, la Zlecaf, le président de l’Union africaine a fait mention des efforts menés pour inciter les pays à ratifier l’accord et à s’engager à mettre en conformité leurs législations avec les nouvelles règles commerciales. «L’accélération de la Zone de Libre-Échange continentale africaine» (Zlecaf), thème retenu pour cette année 2023, a enregistré ces six derniers mois des avancées notables qui nous confortent dans notre conviction que ce marché commun continental est une belle opportunité pour atteindre la vision panafricaine d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique, a-t-il.
Pour plus ratifications
Azali Assoumani citera, entre autres résultats, «la création d’un Fonds d’ajustement, à travers Afrexim Bank, disposant déjà d’une capitalisation d’un milliard de dollars, au profit des États membres de la Zlecaf», «le lancement de l’Initiative du Commerce guidé en octobre 2022, qui a permis de rendre la Zlecaf opérationnelle dans sept pays qui ont adhéré à cette initiative» et «l’officialisation du système panafricain de paiements et de règlements, sur le marché financier, qui facilite le paiement des échanges intra-africains en monnaie nationale africaine, permettant ainsi la réduction des coûts de transfert de devises».Reconnaissant des «actions concrètes qui constituent de réels motifs d’espoir», il a dans cette lancée, invité les Etats membres «qui n’ont pas encore ratifié, et déposé leurs instruments de ratification, à le faire dans les meilleurs délais possibles».Pour ce qui est de la volonté de l’Union africaine d’intégrer le G20, Azali Assoumani dit avoir suivi la voie tracée par son prédécesseur, Macky Sall, «notre plaidoyer au Sommet du G7 à Hiroshima, en revendiquant la place de l’Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies ». (…).Nous reviendrons sur les autres aspects du bilan à mi-mandat (Economie bleue, changements climatiques, Ukraine, la crise de la dette), entre autres, dans notre prochaine édition de “Diplomatie Africaine”.
«J’ai, en concertation avec le président Moussa Faki, entrepris des contacts avec les principaux acteurs de la crise au Soudan pour parvenir à une sortie de crise pacifique», a-t-il révélé en précisant que l’effort de médiation allait se poursuivre pour exhorter les deux généraux à mettre un terme à «cette guerre fratricide» qui a «entrainé de nombreuses pertes en vies humaines» et «jeté de milliers de personnes sur le chemin de l’exil». |