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Youssoufa Mohamed Ali I «La Crc s’est imposée en tant que force politique de premier plan»

Youssoufa Mohamed Ali I «La Crc s’est imposée en tant que force politique de premier plan»

Politique | -   A.S. Kemba

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Le secrétaire général de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) revient, dans cette interview, sur, entre autres, l’esprit du congrès prévu ce week-end, son bilan à la tête du parti, le processus électoral, le climat socio-politique et la présidence comorienne de l’Union africaine.

 

Un congrès de la Crc a été annoncé mais plusieurs fois reporté. Où en est-on ?
Les préparatifs vont bon train. Le Congrès aura lieu les 12 et 13 août prochains. Tout est ficelé. Des équipes y travaillent depuis des semaines. Nos militants, les différents bureaux fédéraux, les coordinateurs régionaux, les cellules villageoises et nos partenaires sont invités. C’est un congrès très important qui est organisé au milieu d’une pré-campagne que nous avons organisée avec succès et que nous menons encore sur l’ensemble du pays ces trois derniers mois.

Vous êtes à la tête de la Crc, cela fait presque cinq ans. Quel bilan tirez-vous à la tête du parti ?
D’abord la cohésion. Elle est retrouvée et est en train d’être consolidée. L’unité d’un parti conditionne sa force et ses marges d’action sur tous les fronts. Je suis fier d’avoir réussi à maintenir cette cohésion grâce à l’esprit constructif de tous les militants. Nous avons promis une politique importante d’ouverture au niveau des jeunes et des femmes, elle est engagée et se consolide jour après jour.

Je veux parler surtout du bilan politique…
La Crc s’est imposée en tant que force politique de premier plan sur l’échiquier politique national. Nous continuons à donner un élan à la vision du chef de l’Etat et à défendre les politiques de transformation du pays. Durant mon mandat, nous avons réussi ensemble à gagner des batailles électorales importantes : les élections législatives et communales en 2020, la mise en place de toutes les structures du parti au niveau régional, communal et villageois. Nous avons réussi à faire enregistrer environ 15 mille nouveaux adhérents. La Crc a également réussi à s’ouvrir à l’international. Le parti a tissé des relations fortes avec d’autres grands partis politiques : le parti communiste chinois, le parti Chama Chamapinduzi en Tanzanie, au Burundi et avec l’ANC en Afrique du sud. Ce bilan sera bien étalé pendant le congrès. La Crc a aussi accompagné la politique de vulgarisation des actions du pouvoir.


Des malentendus ont émaillé le parti avec de nombreuses dissensions internes…
Il n’y a pas des dissensions. La cohésion est retrouvée. Il y a un travail engagé dans ce sens pour ressouder nos rangs et rester fidèles à la vision du président de la République. Au sein de la Mouvance, les rapports sont au beau fixe. Nous continuons à travailler ensemble, agir ensemble, dialoguer ensemble pour réussir ensemble.

Quels messages le parti entend livrer lors de ce congrès ?
Un message d’unité, de paix, de sécurité, et de développement pour notre cher pays. Un message de solidarité entre toutes les forces de la Mouvance, un message de cohésion entre les militants autour de la vision du chef de l’Etat et surtout un message de continuité du chemin tracé par le président de la République. Un message de rassemblement pour mieux nous organiser pour pouvoir aller dans les nouvelles batailles électorales et les gagner. Le pays s’est fixé un cap. L’Emergence du pays à l’horizon 2030 est l’affaire de tous les Comoriens, à commencer par ceux restent convaincus de cette capacité du pays à relever ses défis. Des chantiers sont engagés sur tout le territoire. Il faut accélérer les actions comme le demande toujours le président pour répondre aux attentes de la population.

Seriez-vous candidat à votre propre succession ?
La Crc est un parti politique où règnent le débat et le dialogue. Le congrès va décider de la nouvelle direction du parti. Tout sera décidé à l’issue du congrès. Je suis un soldat au service du parti. Je servirai avec abnégation là où le parti m’affectera même au niveau de la cellule de base. L’idéal pour moi est d’encourager les jeunes à accéder à de responsabilités qui leur permettront de consolider leurs expériences pour pouvoir ensuite servir loyalement le parti et le pays. La Crc a travaillé inlassablement pour devenir une grande formation politique de référence. Le parti comptait avant l’année 2023, environ 12 mille adhérents. Le travail fait ces derniers mois nous a permis d’enregistre 15 mille nouveaux membres. On est aujourd’hui à environ 30 mille adhérents. La vision est de faire de la Crc une véritable école politique où seront enseignées les valeurs démocratiques, le civisme, l’amour de la patrie et où tout le monde aura l’occasion d’apprendre les grandes évolutions du pays en matière de développement.

L’opposition craint que les futures élections ne soient pas véritablement démocratiques et transparentes. Qu’en dites-vous ?
C’est de la pure fiction. Les garanties nécessaires ont été créées pour des élections démocratiques, ouvertes et transparentes. Il n’y a rien à craindre. Un cadre de concertation a été mis en place et regroupe toutes les forces politiques du pays y compris celles qui sont dans l’opposition. La Ceni travaille convenablement. Le gouvernement a répondu à presque toutes les doléances de l’opposition. Il appartient à l’opposition de se préparer à aller à la rencontre des électeurs au lieu d’entretenir une fiction sur une élection qui n’a pas encore eu lieu. Les partis ou les mouvements politiques sont libres de battre campagne et d’aller à la rencontre des électeurs. Une chose est sûre : il y aura, avec la grâce de Dieu, un chef de l’Etat qui sera investi le 26 mai 2024. Et, pour moi, je veux que ça soit Azali Assoumani.

L’armée sera-t-elle cantonnée dans les casernes ?
Les forces de défense seront cantonnées dans leurs casernes. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas un dispositif exceptionnel pour garantir la sécurité dans les bureaux de vote. Il n’y a aucun pays au monde, le jour d’une élection, qui ne prend pas des mesures de sécurisation. Il y a toujours d’éventuels débordements et des éléments incontrôlés qui cherchent à troubler les opérations de vote. Des mesures de sécurité seront prises pour garantir la quiétude et la sécurité des Comoriens pendant les élections.

Le Modec a récemment pointé du doigt la vie chère, l’absence de mesures pour protéger les opérateurs économiques et surtout une pression fiscale très forte. Qu’en dites-vous ?
La conjoncture mondiale est très difficile. Les économistes doivent prendre les devants pour expliquer cette situation qui a une répercussion sur toutes les économies fragiles comme la nôtre. Mais, le gouvernement, sur instruction du chef de l’Etat a pris des mesures d’accompagnement pour limiter les effets négatifs de cette conjoncture internationale difficile. Les gens parlent d’une inflation. Mais il faut aussi reconnaitre qu’il y a aussi la loi de l’offre et de la demande. Tout le monde sait qu’une forte demande entraine logiquement une flambée des prix. Nous vivons une période de forte pression de la consommation. Le gouvernement a pris toutes les mesures pour inonder le marché et faire en sorte qu’il n’y manque rien.

Et au sujet de la pression fiscale ?
Le Modec parle d’une pression fiscale. Le chef de l’Etat a initié un dialogue Public/Privé justement pour échanger ensemble et tracer les voies et moyens pour mieux protéger les opérateurs économiques. Le dialogue n’a jamais été rompu. Il appartient aux techniciens de s’y mettre et faire les propositions nécessaires à la résorption des difficultés. Il y a eu une proposition sur la libéralisation du riz ordinaire pour inonder le marché et éviter les pénuries. Le chef de l’Etat a immédiatement suivi les recommandations et a libéralisé l’importation du riz ordinaire. Le dialogue doit se poursuivre sur les autres aspects de la vie économique. Des discussions sont engagées par exemple pour voir comment négocier avec les compagnies aériennes pour réduire les billets d’avion et faciliter les mécanismes de dédouanement au profit de nos compatriotes de la Diaspora. Le chef de l’Etat est toujours ouvert au dialogue Public/Privé.

Quel bilan tirez-vous de la présidence comorienne de l’Union africaine ?
D’abord le leadership du président de la République dans les grandes instances africaines. Notre pays gagne en maturité en matière de gestion de crises et de conduite de négociations régionales et internationales. C’est un point très important. Il y a ce combat de la Zlecaf, le marché commun africain. Tout est en train d’être fait pour son entrée en vigueur sous présidence comorienne. On notera aussi le combat pour faire adhérer l’Afrique au G20 et au Conseil de sécurité des Nations-unies. Il y a la tenue de cette grande réunion des Petits Etats insulaires africains avec la déclaration de Moroni. Les services de renseignement des pays d’Afrique de l’Est ont dégagé une vision nouvelle pour faire face aux nouveaux défis notamment la lutte contre le terrorisme. Les discussions menées et qui sont toujours en cours entre la Russie et l’Ukraine. Le chef de l’Etat s’est imposé en tant que partie prenante au mécanisme de règlement du conflit. Au Soudan, le président a ce privilège de maintenir le dialogue avec les deux généraux. Tout comme dans les autres pays en crise notamment dans la région des Grands lacs en République démocratique du Congo. Ce sont les Comores qui rayonnent à l’échelle régionale et internationale. Le pays s’affirme en tant qu’acteur majeur dans la recherche de solutions aux grandes problématiques du continent.
Propos recueillis
par A.S.Kemba

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