Les résultats de cette année traduisent une nette progression par rapport aux exercices précédents, le taux de réalisation étant passé de 18 % en 2024 à 56 % en 2025. Cette dynamique se confirme au premier semestre 2026 avec le franchissement de la barre des 60 %.
Le gouvernement comorien poursuit sa démarche d’évaluation périodique de l’action publique avec un nouveau bilan présenté, ce jeudi 1er octobre, au palais présidentiel de Beit-Salam. À l’issue de ce troisième exercice depuis la refonte du Secrétariat général du gouvernement, le taux consolidé de réalisation des activités programmées au premier semestre 2026 atteint 61,6 %. C’est un résultat en progression par rapport aux années précédentes, mais qui reste en deçà de l’objectif annuel minimum fixé à 70 %.
Cette démarche d’évaluation s’inscrit dans la volonté affichée des autorités de renforcer le suivi des plans de travail annuels des différents départements ministériels. Le gouvernement avait déjà enregistré une progression importante entre 2024 et 2025, avec un taux de réalisation passé de 18 % à 56 %. Pour le premier semestre 2026, la barre des 60 % est donc franchie, avec 975 sous-activités réalisées contre 607 non réalisées.
Selon les éléments présentés lors de la séance, les données ont été extraites des quinze matrices de revue semestrielle correspondant aux grandes orientations gouvernementales, de G1 à G15. Les résultats ont ensuite été recalculés sous-activité par sous-activité, plutôt que de reprendre les taux déclarés dans les documents ministériels. Une méthode qui selon les organisateurs, vise à donner une photographie consolidée de l’état d’avancement des Plans de travail annuels.
Des performances contrastées selon les ministères
L’évaluation fait apparaître des écarts significatifs entre les départements ministériels. Le ministère de l’Économie affiche le taux de réalisation le plus élevé, avec 85 %, suivi des Affaires étrangères avec 83,7 % et des Finances avec 75,5 %. Les Transports atteignent pour leur part 70,9 %, tandis que la Justice se situe à 69,4 %. D’autres départements présentent des taux intermédiaires : la Santé affiche 62,6 %, l’Agriculture 59,2 %, l’Aménagement 58,9 %, l’Intérieur 57,3 %, l’Énergie 56,2 % et l’Environnement 55,9 %.
L’Éducation atteint 50 %, tandis que la Promotion du genre s’établit à 47,6 %. Les Postes et télécommunications enregistrent 46,3 % et le département Jeunesse et Emploi 44,3 %. Pour le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, l’intérêt de cet exercice ne réside pas uniquement dans le pourcentage global. Il doit surtout permettre de mesurer les réalisations concrètes et leur impact sur la population ainsi que sur les engagements pris avec les partenaires du pays.
«Ce pourcentage représente surtout de véritables réalisations impactant favorablement la vie quotidienne de nos concitoyens ainsi que des réalisations de nos engagements vis-à-vis de nos partenaires», a-t-il déclaré. Nour El Fath Azali a également présenté cette progression comme le résultat d’une nouvelle méthode de travail fondée sur la définition d’objectifs, la discipline administrative et le suivi régulier des plans de travail. «Cette démarche avait déjà été mise en avant lors des précédentes évaluations gouvernementales, avec l’objectif de passer d’une logique de programmation à une logique davantage centrée sur les résultats.«
Économie, diplomatie et secteurs sociaux mis en avant
Dans son bilan, le secrétaire général du gouvernement a insisté sur plusieurs domaines considérés comme prioritaires au cours des six premiers mois de 2026.
Sur le plan international, il a notamment évoqué la diplomatie et la coopération régionale, ainsi que l’inscription des six médinas historiques au patrimoine mondial de l’Unesco, intervenue en juillet 2026.
Cette inscription a effectivement été annoncée comme une reconnaissance majeure du patrimoine culturel comorien. Sur le plan économique et financier, le gouvernement met en avant la mobilisation des recettes intérieures, la poursuite des financements des programmes de développement et la continuité de la mise en œuvre du Plan Comores émergent. Les autorités soulignent également la nécessité d’une administration suffisamment organisée pour transformer les financements disponibles en réalisations concrètes.
Le Fmi, dans son rapport consacré aux Comores publié en janvier 2026, faisait lui aussi état du suivi des réformes économiques et des finances publiques du pays. L’éducation, l’énergie, l’agriculture et la connectivité figurent également parmi les secteurs cités. Le gouvernement affirme notamment que les résultats aux examens nationaux ont progressé au cours de la période. Ces affirmations constituent toutefois des résultats sectoriels distincts du taux de réalisation des Plans de travail annuels et doivent être considérées séparément dans l’évaluation globale.
«61 % n’est pas suffisant»
Malgré la progression affichée, le secrétaire général du gouvernement a lui-même appelé à ne pas considérer le résultat comme une raison d’autosatisfaction. Avec un objectif annuel minimum de 70 %, le taux de 61,6 % atteint au premier semestre signifie que plusieurs ministères devront accélérer la mise en œuvre de leurs activités au cours des prochains mois. Nour El Fath Azali a ainsi appelé à revoir les méthodes lorsque les objectifs ne sont pas atteints et à renforcer les exigences en matière de compétences, de discipline et de responsabilité administrative.
Trois domaines ont particulièrement été identifiés comme nécessitant des efforts supplémentaires : l’éducation, la justice et la protection des personnes vulnérables, notamment les femmes et les enfants victimes de violences. Pour l’éducation, le secrétaire général du gouvernement a appelé à traduire rapidement les conclusions des assises nationales en réformes concrètes. Dans le domaine judiciaire, il a estimé que les résultats obtenus après plusieurs mois de mise en œuvre des réformes restaient insuffisants.
La lutte contre les violences basées sur le genre demeure également, selon lui, une priorité nécessitant une réponse renforcée de l’État, de la justice et des communautés. A l’issue de la présentation, le président Azali Assoumani a salué l’organisation de cet exercice d’évaluation, estimant qu’il permet de mieux mesurer les actions engagées par les différents ministères. Le chef de l’État a particulièrement insisté sur la question administrative. «La question de l’administration doit être la préoccupation majeure du secrétariat général du gouvernement», a-t-il déclaré, en demandant notamment de revoir la feuille de route des gouverneurs des îles.
Le président a également évoqué la question des violences qui sévissent dans le pays, qu’il a qualifiées de «fléau qui nous préoccupe au quotidien». Cette troisième évaluation confirme ainsi l’installation progressive d’un mécanisme de suivi des performances gouvernementales. Avec 61,6 % de réalisation au premier semestre, l’exécutif dispose désormais d’un indicateur permettant d’identifier les secteurs ayant avancé et ceux qui accusent encore du retard. Le défi des prochains mois sera de transformer cette photographie à mi-parcours en accélération effective des activités, afin de rapprocher le bilan annuel de l’objectif fixé à 70 %.



