À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, les autorités sanitaires ont appelé à renforcer les pratiques d’allaitement, encore insuffisantes aux Comores malgré des progrès enregistrés ces dernières années.
C’est sous le thème : « Allaiter pour un départ durable dans la vie : renforcer ce qui fonctionne », que les autorités de santé nationales, ont lancé la semaine de l’allaitement maternel, du 1e au 7 août, ce vendredi dans la matinée, au ministère de la Santé. Cette cérémonie présidée par le ministre de la Santé, Ahamada Sidi Nahouda, s’est tenue en présence des partenaires techniques et financiers, notamment l’Unicef et l’Oms, l’objectif étant, selon leurs interventions, de « promouvoir les progrès en faveur de l’allaitement maternel et de la nutrition des mères et des enfants».
Pour le ministre de la Santé, cette célébration est l’occasion de « réaffirmer notre engagement collectif en faveur d’une pratique qui demeure l’une des interventions les plus efficaces, équitables et rentables pour améliorer la survie, la croissance et le développement harmonieux des enfants, tout en progressant la santé des mères ». Les données nationales présentées ont également mis en évidence les défis persistants en matière de pratiques d’allaitement. Selon l’enquête MICS 2022, seuls 31 % des nouveau-nés sont mis au sein dans l’heure qui suit la naissance, malgré un recours élevé à l’assistance qualifiée lors de l’accouchement. Les mêmes données montrent que le taux d’allaitement maternel exclusif n’atteint que 22,6 %, soit moins de la moitié de la cible mondiale fixée à 50 %. La situation est particulièrement préoccupante pour les nouveau-nés vulnérables.
Risques de mortalité
Près de 13 % des bébés naissent avec un faible poids à la naissance, ce qui les expose davantage aux risques de mortalité, de maladies et de retard de croissance. Malgré ces défis, le ministre Ahamadi Sidi Nahouda s’est réjoui des «avancées significatives» soulignées. Il a rappelé que « le taux d’allaitement maternel exclusif est passé de 12 % en 2012 à 22 % en 2022, reflétant les efforts conjoints du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des professionnels de santé et des communautés».
Le ministre a exprimé son inquiétude quant à l’impact de la malnutrition sur le développement humain. Selon lui, les estimations conjointes publiées en 2025 par l’Oms, l’Unicef et le Groupe de la Banque mondiale montrent que 149,2 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance, 42,8 millions sont touchés par l’émaciation et 35,5 millions sont en situation de surpoids. Des chiffres qui illustrent le double charge de la malnutrition qui touche aujourd’hui de nombreux pays. Et de préciser qu’aux Comores, les résultats de l’enquête Smart 2024 montrent que 24,1 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance, tandis que 7,8 % sont affectés par une malnutrition aiguë.
Le représentant par intérim de l’Unicef, Franklin Golay, a rappelé que l’allaitement maternel constitue l’une des interventions les plus efficaces pour protéger la santé de l’enfant dès sa naissance. «L’allaitement maternel est bien plus qu’un mode d’alimentation. Il constitue la première protection de l’enfant contre les infections, la malnutrition et de nombreuses maladies. Le lait maternel apporte au nouveau-né les nutriments, l’énergie et les éléments de protection dont il a besoin pour survivre, grandir et développer pleinement son potentiel», a-t-il expliqué, aux côtés du docteur Ahamada Msa Mliva, représentant l’Oms à la cérémonie. Et de préciser que c’est pour cela que l’Unicef et l’Oms recommandent de mettre le nouveau-né au sein dans l’heure qui suit la naissance, de pratiquer un allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois, puis de poursuivre l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans ou plus, tout en introduisant, à partir de six mois, une alimentation complémentaire adéquate, sûre et appropriée.




