De plus en plus utilisés pour améliorer les performances sexuelles, Attoté et autres Cialis exposent leurs consommateurs à de graves risques sanitaires. Un spécialiste appelle à la prudence et à la consultation médicale.
L’utilisation de médicaments destinés à améliorer les performances sexuelles, tels que Attoté, Cialis et d’autres encore qui font actuellement l’objet d’une forte publicité sur les réseaux sociaux aux Comores, inquiète les professionnels de santé. Le chirurgien urologue-andrologue, Kamal Abdel Aziz, alerte sur les dangers liés à leur consommation sans avis médical et sur la prolifération de produits contrefaits sur le marché comorien.
Selon le spécialiste, trois catégories de produits sont généralement utilisées par les hommes pour renforcer leurs performances sexuelles : les médicaments comme le sildenafil (Viagra) et le tadalafil (Cialis), les produits clandestins contenant des substances médicamenteuses non déclarées (Attoté, notamment) ainsi que certains remèdes naturels. «Le sildenafil et le tadalafil sont de véritables médicaments destinés au traitement des troubles de l’érection. Cependant, des contrefaçons circulent parfois avec des dosages excessifs, ce qui augmente considérablement les risques pour la santé», met en garde le médecin.
L’urologue explique en effet l’existence de produits «vendus clandestinement qui contiennent souvent des dérivés du sildenafil ou du tadalafil sans que les consommateurs en soient informés». Ces substances peuvent présenter un danger particulier lorsqu’elles sont utilisées sans contrôle médical, toujours selon ses explications. Les effets indésirables sont par conséquent nombreux.
Le médecin cite notamment «les maux de tête, les vertiges, les troubles digestifs, les douleurs musculaires, les palpitations cardiaques, ainsi que des troubles de la vision». «Dans certains cas, l’automédication ou l’association de ces produits avec des traitements contre l’hypertension artérielle ou l’angine de poitrine peut provoquer de graves complications cardiovasculaires, voire un accident vasculaire cérébral (Avc)», ajoute le docteur Kamal.
Le spécialiste attire également l’attention sur le risque de priapisme, c’est-à-dire «une érection prolongée et douloureuse pouvant durer plus de quatre heures». Une situation qui «constitue une urgence médicale nécessitant une prise en charge rapide afin d’éviter des lésions irréversibles pouvant entraîner des troubles permanents de l’érection».
Le risque de priapisme
Face à cette situation, le docteur Kamal Abdel Aziz appelle particulièrement les jeunes à «abandonner l’usage de ces produits sans prescription médicale». Selon lui, «toute baisse des performances sexuelles doit conduire à une consultation spécialisée afin d’en identifier les causes réelles et de déterminer le traitement le plus adapté».
L’urologue rappelle enfin que «l’amélioration de la santé sexuelle passe également par une bonne hygiène de vie». Il recommande «la pratique régulière d’une activité physique» et invite les hommes, notamment les plus âgés, à «privilégier la prévention plutôt que le recours systématique à ces médicaments». «Sans la santé, l’homme ne peut rien faire», conclut-il.



