Les anciens grévistes du Centre hospitalier national (Chn) El-Maarouf ont organisé, jeudi 4 juin, un sit-in devant le ministère de la Santé. Ils espéraient rencontrer les responsables du département afin d’exposer «les difficultés rencontrées» depuis la reprise du travail, après plus d’un mois de grève. Selon eux, “le protocole d’accord ayant permis la suspension du mouvement social n’est toujours pas appliqué».
Parlant aux nom de ses collègues, l’infirmière Zoulfata Ali Hamadi a affirmé que «le protocole de neuf articles signé entre les représentants du personnel et les autorités gouvernementales n’est pas respecté par la direction de l’hôpital». L’accord avait été conclu en présence du chef du pôle social du Secrétariat général du gouvernement ainsi que du secrétaire général du ministère de l’Intérieur.
«Notre employeur ne s’engage pas à respecter ce protocole. Avant notre reprise, il nous a demandé de signer une note interne que nous avons refusée. Le secrétaire général du ministère de la Santé est ensuite intervenu à travers une autre note autorisant notre retour au travail, mais la direction a également rejeté cette démarche», a-t-elle affirmé.Selon les grévistes, la note interne proposée par la direction ne contiendrait aucun engagement précis. Elle se limiterait à «recueillir des avis favorables ou défavorables”, ce qui permettrait, selon eux, de «déterminer quels agents pourront reprendre leurs fonctions et lesquels seront écartés». Ils affirment également qu’une autre note a fixé au 30 mai la date limite de signature, sous peine de «suspension définitive».
«Depuis la levée de la grève, le 29 avril, nous avons respecté tous nos engagements pour assurer le fonctionnement normal des services hospitaliers. Pourtant, nous continuons à subir des pressions et des intimidations», a soutenu Mme Hamadi. Elle a indiqué, par ailleurs, que “le licenciement des cinq principaux représentants du mouvement demeure effectif». Toutefois, cette revendication a été temporairement reléguée au second plan. «Même les agents autorisés à reprendre leur service rencontrent encore des difficultés. Certains chefs de service refusent de travailler avec d’anciens grévistes. Dans certains cas, les affectations seraient conditionnées par la signature de la note contestée», affirme-t-elle. Les représentants du personnel qui avait grève regrettent également «l’absence de dialogue direct avec les principaux signataires du protocole depuis la reprise des activités». Selon eux, «les échanges se limitent désormais aux discussions entre leur avocat et les autorités ministérielles».
Contacté à son bureau vers 14 heures, le directeur général du Chn El-Maarouf, Assoumani Aboudou, n’a pas souhaité commenter les accusations formulées par ses agents. Interrogé sur les notes internes évoquées et sur le sit-in organisé devant le ministère, il a simplement déclaré : «S’ils se sont rendus au ministère pour quelque raison que ce soit, c’est là-bas qu’il faut chercher les informations.»
Malgré plusieurs tentatives, Al-Watwan n’a pas pu obtenir la réaction du ministère de la Santé.



