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Covid-19 I Une forte baisse des cas, trois malades seulement à Samba

Covid-19 I Une forte baisse des cas, trois malades seulement à Samba

Santé | -   Faïza Soulé Youssouf

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Le ciel se dégage-t-il ? L’épidémie de Covid-19 a entamé une tendance baissière si on en croit les chiffres publiés chaque jour par le ministère de la Santé. L’afflux des hôpitaux se serait lui aussi amoindri.

«Dans les principaux centres de santé anti-Covid, il y a très peu de malades, voire aucun pour ce qui est du centre Ndzuani», devait révéler le Dr Ibrahim Djabir, ce 24 février alors qu’il était en visite à Al-watwan. Et de fait, ce 25 février, il n’y avait que 3 malades à Samba «dont l’état n’était pas préoccupant». Pour autant, les dépistages massifs qui étaient promis n’ont pas encore eu lieu. « Je ne peux affirmer avec certitude que l’épidémie recule vu que nous testons moins», a prudemment répondu le Dr Djabir Ibrahim qui chapeaute par ailleurs la communication anti-Covid au niveau gouvernemental.


Toujours est-il qu’au total pour Ngazidja, il y a eu 81 décès cumulés dont 4 lors de la 1ère vague. Pour la deuxième, il y aurait eu 43 décès à Samba. «Il y a eu un décès Covid à l’hôpital de Mitsamihuli, deux à El-Maarouf, pour le reste ce sont des décès communautaires», a clarifié Dr Harmia Mmadi de la coordination de Ngazidja, soit 33 décès.
En l’absence d’un dépistage systématique, le nombre de morts pourrait avoir été largement sous-évalué ? Difficile de le confirmer. Le Dr Djabir parlera également d’hypoxie heureuse (ou silencieuse). Généralement, le patient qui a un taux d’oxygène sanguin bas est incohérent ou tombe dans le coma.

Appel à la vigilance

En revanche, fait étonnant, certains patients atteints par le Covid-19 présentent une saturation en oxygène anormalement basse et n’en ressentent qu’une gêne respiratoire.
Ce phénomène, silencieux est spécialement dangereux. Il est souhaitable d’avoir un oxymètre pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang, dont la saturation est située entre 95 et 100%. Cette petite machine a sauvé bien des vies alors que des témoignages ont fait état de Covidés qui se sentaient malades mais qui ont tout de même sous-évalué la gravité de la maladie du fait de l’hypoxie silencieuse.


«Nous préconisons que les équipes de prise en charge communautaires soient munies d’un saturomètre pour qu’elles mesurent la saturation en oxygène des malades positifs au Covid-19», a déclaré le Dr Anssoufouddine Mohamed, cardiologue et chef de la coordination anti-Covid à Ndzouani. Les agents de santé devraient, au même titre que le tensiomètre, le thermomètre, intégrer le saturomètre, devait-il ajouter. Le cardiologue a témoigné d’un malade qui avait les poumons bien abimés, qui présentait un taux d’oxygène sanguin très bas, qui se mouvait de lui-même. Ce patient est finalement mort des suites de la Covid-19.
En outre, pour le chargé de communication, le pic de l’épidémie a été atteint. Le Dr Djabir Ibrahim appelle néanmoins à la vigilance et à l’intensification des mesures barrières en attendant la vaccination. «La maladie est toujours là, il ne faut pas baisser la garde et je ne puis qu’exprimer ma tristesse pour ceux qui continuent de croire que cette épidémie n’existait pas», s’est-il désolé.


Celui-ci a quand même tenu à rendre hommage à la majorité des Comoriens qui ont soutenu les personnels soignants. «Je ne peux qu’éprouver de la fierté en étant ici aux côtés des miens, aux côtés de ce peuple si bon, si mature que je m’évertue à soigner du mieux que je peux», devait-il déclamer, la larme à l’œil. Il a par ailleurs lancé un appel pour cette même population : «qu’elle se rende à l’hôpital pour se soigner».
En effet, depuis l’arrivée brutale de l’épidémie de Covid-19, les patients souffrant d’autres pathologies évitent de se rendre dans les centres de santé et s’exposent à ce que le praticien appelle, «  une mort injuste », un décès qui aurait pu être évité

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