Le paludisme sévit de nouveau avec force dans le pays, malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires pour éradiquer ce fléau. Le médecin-chef du district de Hambuu, Mohamed Djaloud Mohamed Assoumani, revient sur la persistance et la propagation de la maladie.

 

Vous êtes confronté quotidiennement au paludisme. Combien de patients recevez-vous par jour?

Au cours des trois derniers mois, nous accueillons en moyenne entre 10 et 15 patients par jour. Au centre de Mitsudje, nous enregistrons environ 10 cas quotidiens. En incluant les structures de Singani et de Mdjwaezi ya Hambuu, le total peut atteindre jusqu’à 15 patients par jour.

Dans quel état arrivent-ils généralement ?

La grande majorité des patients se présente avec de la fièvre, souvent autour de 38°C, et plus rarement au-delà de 39°C. Les cas accompagnés de vomissements ou de douleurs abdominales restent peu fréquents, sauf chez les enfants en bas âge, qui peuvent présenter ces symptômes.

Observe-t-on des récidives ? Si oui, comment les expliquez-vous ?

Oui, les récidives existent. Elles s’expliquent en partie par la perception du paludisme comme une maladie bénigne, ce qui pousse certains patients et leurs familles à négliger les traitements ou à refuser l’hospitalisation, alors même que leur état peut être grave. À cela s’ajoutent des contraintes structurelles : la capacité d’accueil est limitée et nous devons également prendre en charge d’autres pathologies, ce qui nous oblige parfois à prescrire des traitements à domicile. Enfin, les réinfections sont fréquentes : certains patients, une fois rentrés chez eux, reprennent des habitudes à risque et ne respectent pas les mesures de prévention.

Qu’est-ce qui freine réellement la lutte contre cette maladie ?

La lutte contre le paludisme reste un défi majeur pour toutes les structures sanitaires, publiques comme privées. D’importants efforts ont été consentis : distribution gratuite de médicaments, campagnes de traitement de masse, mise à disposition de moustiquaires imprégnées, pulvérisation des habitations… Un dispositif complet a été mis en place.

Pourtant, la maladie persiste. Il y a trois à quatre ans, la région de Hambuu était considérée comme une zone verte, à l’instar de Ndzuani et de Mwali. Aujourd’hui, nous assistons à un retour du paludisme, notamment en raison de la résistance de certains patients aux recommandations sanitaires et du manque d’implication des populations, qui restent souvent indifférentes aux mesures de prévention.