Face aux députés, le ministre de la Santé a détaillé les mesures de préparation contre Ebola, évoqué le dossier sensible des contractuels d’El-Maarouf et présenté les actions prévues en santé mentale.

 

La préparation du pays à une éventuelle apparition de la fièvre Ebola, la situation des agents contractuels du Centre hospitalier national El-Maarouf et les défis liés à la santé mentale ont dominé la séance de questions orales tenue mardi 23 juin à l’Assemblée nationale. Présidée par le président de l’institution, Moustadroine Abdou, cette séance a permis aux députés d’interroger le ministre de la Santé, Ahamada Sidi Nahouda, sur plusieurs préoccupations d’actualité.


Concernant la menace que représente la fièvre Ebola, le ministre a assuré que le gouvernement a déjà engagé plusieurs mesures de prévention et de préparation. Il a notamment évoqué le renforcement du contrôle sanitaire aux frontières afin de permettre une détection précoce des cas suspects, ainsi qu’une meilleure coordination entre les services de santé, les autorités portuaires, les garde-côtes et les ministères concernés. Selon lui, un budget de 52 millions de francs comoriens a été prévu pour les actions d’urgence, tandis que 516 millions sont destinés à la préparation nationale.

La prise en charge des patients

Le ministre a également indiqué que des sites de prise en charge ont été identifiés sur les trois îles. À Ngazidja, les éventuels cas suspects seront orientés vers le site de Serehini. À Ndzuani, c’est l’École de police qui a été retenue, tandis qu’à Mwali, un site est en cours d’aménagement afin de répondre aux normes requises. Il a précisé que des équipements spécifiques restent nécessaires pour la prise en charge des patients et que des demandes ont déjà été adressées aux partenaires techniques et financiers pour leur acquisition.


Les échanges ont ensuite porté sur la situation des contractuels du Centre hospitalier national El-Maarouf. Interrogé par le député Hachim Halidi sur l’application du protocole d’accord signé entre le ministère et les représentants du personnel, Ahamada Sidi Nahouda a annoncé la mise en place d’un mécanisme de suivi institutionnel. Il a expliqué qu’un cadre de concertation réunit désormais la direction de l’hôpital et les représentants des travailleurs afin d’évaluer régulièrement l’état d’avancement des engagements pris.

 Le ministre a expliqué que certaines revendications relèvent de la gestion interne de l’établissement, tandis que d’autres nécessitent des arbitrages gouvernementaux, notamment en matière de politique salariale et de statut du personnel. Une évaluation détaillée des effectifs, des engagements financiers et des éventuels arriérés a également été demandée afin de disposer d’une vision précise de la situation.

 Face au risque d’une reprise du mouvement de grève, le membre du gouvernement a assuré que l’exécutif privilégie le dialogue et la recherche de solutions durables. Il a annoncé le renforcement du dialogue social, la réalisation d’un diagnostic approfondi de la situation administrative, financière et sociale de l’hôpital ainsi que l’élaboration progressive d’un plan d’amélioration des conditions de travail. La question de la santé mentale a également retenu l’attention des élus.

 Répondant aux interrogations de la députée Halifa Amina Sagaf, le ministre a présenté un état des lieux du secteur. Selon les données communiquées, 209 cas de troubles mentaux ont été recensés dans les structures sanitaires du pays entre 2023 et 2026. La majorité concerne des troubles non spécifiés, tandis que d’autres cas sont liés à des troubles du comportement, à la consommation d’alcool, de cannabis ou d’autres substances psychotropes.

 Pour améliorer la prise en charge, le gouvernement prévoit notamment la mise en place d’un dispositif d’identification et d’orientation des personnes en errance, le renforcement de la collaboration entre les secteurs de la santé, de la solidarité et de la sécurité, ainsi que le développement des services de psychiatrie existants. L’ouverture de centres spécialisés et la lutte contre la stigmatisation des personnes souffrant de troubles mentaux figurent également parmi les priorités annoncées.