La grève des contractuels de l’hôpital El-Maarouf, déclenchée le 9 mars, continue de susciter de vives inquiétudes. Avec le climat de «non-négociation» affiché par les grévistes à l’issue des discussions du jeudi et vendredi, entre la direction générale de l’hôpital, le ministère de la Santé et le délégué à la Défense, la direction de l’hôpital a tenu un point de presse ce samedi 28 mars, afin de «dénoncer l’attitude des grévistes».

 

Devant la presse, le directeur général du Chn El-Maarouf, Assoumani Aboudou, a exprimé son mécontentement quant à la réaction des grévistes malgré les différentes propositions faites afin de mettre fin à la grève. «Nous avons répondu à 3 des 5 doléances des grévistes. Il s’agit notamment de l’augmentation des primes de garde, une revalorisation salariale de 8 % et une couverture mutuelle portée à 75 %», a rappelé le directeur. Pour ce qui est de l’alignement de leurs salaires sur ceux des fonctionnaires ainsi que l’obtention du statut de fonctionnaire, le directeur de l’hôpital a dit que cela ne relève pas de ses compétences mais celles de l’État. 

Des licenciements sans  relation avec la grève

«Ainsi, pendant les rencontres avec les représentants du gouvernement, il a été dit aux représentants du personnel en grève que l’alignement des salaires concerne l’ensemble des contractuels du pays et dépendra des capacités financières de l’État» a rapporté Assoumani Aboudou, déclarant avoir compris que «l’objectif de ce mouvement est de mettre l’hôpital à l’arrêt». Sur cette question d’alignement des salaires, les autorités, par la voix du directeur de cabinet chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali, ont fait savoir que des travaux techniques à la Fonction publique permettront d’évaluer les besoins dans les différents services de l’Etat avant tout processus de recrutement et que cela «ne doit pas se faire seulement à El-Maarouf mais dans toute l’administration». Toujours devant les medias, le directeur de l’hôpital a dénoncé l’inobservation des règles qui régissent une grève dans un établissement public de santé, précisant que «le préavis de grève légal de huit jours n’a pas été respecté», puisqu’ils n’en ont donné que trois jours. Il a déploré l’absence d’un service minimum, estimant que cette attitude «met en danger la vie des patients».


Assoumani Abdoudou, entourés de ses proches collaborateurs, a fait savoir que «certains représentants des grévistes cherchent à détourner l’attention, alors qu’ils sont eux-mêmes impliqués dans des affaires malsaines».Et de préciser que  «des audits financiers menés au sein de l’hôpital ont révélé des pratiques frauduleuses dans certains services faisant d’ailleurs qu’on a mis à la disposition du ministère de la Santé, un médecin-fonctionnaire, récidiviste de ces pratiques». La direction affirme que les licenciements constatés ne sont pas liés à la grève, mais à des motifs disciplinaires tels que la fraude. La direction a remercié les médiateurs qui ont tout fait pour que des solutions soient trouvées à cette situation de grève. Et de réaffirmer son engagement à «garantir la continuité des soins afin d’éviter la fermeture de l’hôpital», saluant le courage dont font preuve les patients pendant des moments pareils. Il a appelé les contractuels «à la coopération et au respect des règles» qui régissent l’établissement hospitalier.