Lors d’un point de presse organisé hier au siège de la Confédération des travailleurs et travailleuses comoriennes (Ctc), les représentants des grévistes ont dénoncé notamment la réquisition décidée par la procureure de la République, tout en déplorant l’absence de démarches du ministère de la Santé pour engager des discussions.
Le comité du personnel contractuel de l’hôpital El-Maarouf a tenu un point de presse hier jeudi dans la matinée au siège de la Confédération des travailleurs et travailleuses comoriennes (Cttc). Cette rencontre avec la presse visait, selon les organisateurs, à déplorer «l’absence de dialogue » et surtout dénoncer « les pressions » notées depuis le début de leur mouvement de grève. Parmi les faits évoqués, les représentants du personnel citent la réquisition décidée par le parquet de la République.
Une décision que les grévistes jugent « contestable », estimant qu’elle ne devrait intervenir que « dans le cas où le service minimum n’est pas assuré» à l’hôpital. « Nous dénonçons la réquisition de la procureure de la République qui ne devait être faite que si le service minimum n’était pas assuré », ont déclaré les conférenciers, par la voix de Zainoudine Ahamada, vice-président du comité du personnel contractuel de l’hôpital. Selon lui, les modalités de cette réquisition posent également problème.
Le dialogue…
«Ils nous ont envoyé la réquisition avec les noms de toutes les personnes devant être réquisitionnées pour que ce soit nous qui les appelions. Et nous n’avons pas les moyens de le faire. Normalement, le déplacement de ces personnes-là devait être pris en charge par ceux qui les réquisitionnent», a-t-il expliqué.
Les représentants du personnel ont également exprimé leur regret face à l’absence, selon eux, d’initiatives des autorités pour ouvrir des discussions depuis le début de la grève. Zainoudine Ahamada affirme qu’aucune autorité gouvernementale ne s’est rapprochée du mouvement pour s’enquérir de la situation. «Depuis notre entrée en grève, le lundi 9 mars, aucune autorité gouvernementale, pas même le ministère de la Santé, ne s’est approchée de nous ne serait-ce que pour s’enquérir de la situation.», a-t-il déclaré.
Lors de ce point de presse, les grévistes ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leur mouvement jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. Ils ont néanmoins tenu à rassurer la population sur la continuité du service minimum au sein de l’établissement. Le vice-président du comité du personnel de santé a également souligné l’importance du personnel soignant dans le fonctionnement du système hospitalier. La grève concerne actuellement environ 308 membres du personnel soignant.
Présent lors de cette rencontre, le secrétaire général de la Confédération des travailleurs et travailleuses comoriens (Cttc), Omar Ibrahim, a exprimé le soutien de l’organisation syndicale au personnel soignant de l’hôpital El-Maarouf. Il a notamment évoqué certaines dispositions des conventions internationales relatives au travail.
Selon lui, la situation que traverse le personnel de santé pourrait être interprétée à la lumière de l’article 4 de la convention 95 de l’Organisation internationale du travail (Oit), qui porte sur la question des salaires.



