À Ngazidja, les consultations pour gastro-entérite se multiplient chez les jeunes enfants. Le pédiatre Zoubeir Boinaid, qui exerce dans trois établissements à Hamahame et à Bambao, appelle à la vigilance et rappelle l’importance d’une prise en charge rapide.
Le nombre de consultations pour gastro-entérite est en hausse ces dernières semaines chez les enfants, particulièrement à Ngazidja. C’est le constat posé par le docteur Zoubeir Boinaid. Diarrhées, vomissements et risques de déshydratation conduisent de nombreux parents à consulter. Pour le pédiatre, cette situation reste toutefois conforme à un phénomène qu’il observe chaque année à la même période. «C’est une situation saisonnière», explique le médecin. Selon lui, ces épisodes reviennent régulièrement pendant la période des grands mariages comme maintenant, mais également entre les mois de novembre et janvier. Sans pouvoir identifier avec certitude l’origine de cette recrudescence, il constate qu’elle coïncide systématiquement avec ces périodes de forte activité sociale.
Le praticien affirme ne pas avoir relevé de lien particulier avec une région, un aliment ou une boisson spécifique. Chez les enfants qu’il a examinés, les parents décrivent généralement des repas habituels, sans changement notable des habitudes alimentaires. Le médecin avance toutefois une hypothèse. Selon lui, lors des journées passées à l’extérieur par les parents à l’occasion des festivités, certains repas pourraient être moins bien conservés ou moins bien surveillés, sans qu’il soit possible d’établir un lien de cause à effet. Le week-end, le docteur Zoubeir Boinaid indique recevoir en moyenne une dizaine d’enfants atteints de gastro-entérite sur une trentaine de consultations. Il ajoute que, selon son observation, la gastro-entérite occupe actuellement une place prépondérante dans l’activité du service de pédiatrie d’El-maarouf, où la majorité des enfants hospitalisés sont pris en charge pour cette pathologie.
Risque de déshydratation
Pour le pédiatre, la principale complication reste la déshydratation, qui peut évoluer vers un état de choc hypovolémique et, en l’absence d’une prise en charge rapide, mettre en jeu le pronostic vital. Il invite également les parents à consulter sans attendre en cas d’apparition de sang dans les selles. Ce symptôme peut évoquer une invagination intestinale, une urgence chirurgicale, même s’il précise que toutes les selles striées de sang ne correspondent pas à ce diagnostic.
Autre particularité observée cette année, certains enfants présentent des vomissements qui résistent aux traitements antiémétiques administrés par voie orale, rendant parfois nécessaire une hospitalisation afin de mettre en place un traitement par voie intraveineuse.
Selon le docteur Zoubeir Boinaid, les enfants de moins de cinq ans sont les plus concernés.
Pour limiter les risques, il recommande un lavage régulier des mains, l’utilisation d’une eau potable ou préalablement bouillie, une bonne conservation des aliments et la stérilisation des biberons chez les nourrissons. Il insiste enfin sur l’importance d’une hydratation précoce et d’une consultation rapide en cas de diarrhées persistantes, de vomissements empêchant de boire, de forte fièvre ou de signes de déshydratation.




