La machine mise en service a une capacité de production de 5000 litres par jour, largement suffisants pour couvrir les besoins potentiels au sein de cet établissement de santé de l'île.

 

Le président Azali Assoumani a inauguré hier mercredi la nouvelle unité de production d’oxygène médical installée au Centre hospitalier national de Bambao-Mtsanga. La cérémonie, organisée dans l’enceinte de l’établissement, s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement et de nombreuses personnalités. L’unité de la marque Novair serait capable de produire 360 litres d’oxygène médical par minute, soit plus de 5 000 litres par jour. Cette infrastructure répond à un besoin devenu crucial depuis la période  de la Covid-19, durant laquelle la demande en oxygène était excessivement forte.Prenant la parole, le directeur général de l’hôpital, Anthoumani Youssouf, a souhaité la bienvenue aux invités et a exprimé sa gratitude envers les partenaires ayant contribué à la réalisation de cette unité, qu’il considère comme «une avancée majeure pour l’établissement».

«Un besoin vital»

Intervenant à son tour, le représentant de l’Unicef, le Dr Sam, a salué « une réalisation historique » pour le système de santé comorien. « Cette cérémonie dépasse la simple inauguration d’une infrastructure. Nous célébrons la résilience et l’autonomie du système de santé comorien. La pandémie de Covid-19 nous a rappelé combien ces unités sont essentielles pour sauver des vies. Grâce à cette installation, le pays franchit une nouvelle étape et l’Unicef est fier d’avoir accompagné le gouvernement dans cette réalisation», a-t-il déclaré.Le gouverneur de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, a, quant à lui, insisté sur la portée de cette réalisation. « Le Coran nous enseigne que quiconque sauve une vie sauvait toute l’humanité. Chaque bouteille d’oxygène produite ici, chaque malade soulagé, chaque nouveau-né sauvé donnera tout son sens à cette recommandation divine. La présence du président témoigne de son engagement pour la santé des Comoriens. Sans la santé, l’émergence n’est pas possible», a-t-il souligné.


Le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi Nahouda, a rappelé «une unité qui répond à un besoin vital» pour les établissements de santé. «L’oxygène médical est indispensable à la prise en charge des urgences, des interventions chirurgicales, des femmes enceintes en situation de complications, des nouveau-nés, des enfants et de tous les patients souffrant de détresse respiratoire. Grâce à l’appui de l’Unicef et de ses partenaires, notre pays dispose désormais d’une centrale moderne capable de produire 360 litres d’oxygène médical par minute, soit plus de 5 000 litres par jour», a-t-il expliqué.


Poursuivant son intervention, le ministre a précisé que cette capacité permettra d’assurer l’approvisionnement des autres structures sanitaires de l’île. «Cet investissement, d’un montant de 323 000 euros, soit plus de 160 millions de francs comoriens, renforcera durablement notre système de santé. J’exprime notre profonde reconnaissance à l’Unicef ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques et financiers qui accompagnent les Comores dans la modernisation du secteur de la santé », a-t-il indiqué. Clôturant les interventions, le chef de l’État a estimé que cette infrastructure marque «une étape dans la modernisation» du système sanitaire national. 

La souveraineté sanitaire du pays

«Cette unité constitue une étape importante dans la modernisation de notre système de santé. Je remercie tous les acteurs qui ont rendu possible cette réalisation et j’exprime, au nom du gouvernement et du peuple comorien, notre sincère reconnaissance à l’Unicef, au Canada ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires techniques et financiers. J’adresse également notre profonde gratitude au président Xi Jinping pour l’appui constant de la Chine au développement des Comores », a-t-il déclaré.


Le président de la République a ensuite réaffirmé que la santé demeure une priorité du gouvernement. « Au-delà de cet équipement, cette cérémonie traduit notre volonté de faire de la santé l’un des piliers du Plan Comores Émergent à l’horizon 2030. Notre ambition est de bâtir un système de santé moderne, performant, résilient et capable de répondre aux besoins de chaque citoyen », a-t-il affirmé.


Évoquant enfin les enseignements tirés de la pandémie Covid-19, Azali Assoumani a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté sanitaire du pays. «Cette unité n’est pas un projet isolé. Elle s’inscrit dans un programme national destiné à doter nos îles de capacités modernes de production d’oxygène médical. Les récentes crises sanitaires nous ont appris que la sécurité sanitaire est désormais une composante essentielle de la souveraineté nationale. J’invite les responsables des établissements de santé à veiller à la bonne utilisation et à l’entretien de cette infrastructure», a-t-il plaidé.