Le centre de santé classique de Nyumashiwa répond désormais aux standards d’un centre médico-chirurgical après l’intégration de nouveaux services et la mise aux normes des pratiques.

 

Le district sanitaire de Nyumashiwa a officiellement changé de statut pour devenir un centre médico-chirurgical, à la faveur de l’inauguration, mardi 21 avril dernier, d’un bloc opératoire et de l’affectation, pour la première fois, d’un gynécologue-obstétricien. La cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte de l’établissement, en présence des autorités sanitaires de l’île, et de la gouverneure de Mwali, Chamina Ben Mohamed. Le nouveau bâtiment comprend une salle de réanimation, un bloc opératoire, une salle de préparation ainsi qu’un bureau médical. L’ensemble a été financé par l’Unicef, avec des travaux entamés depuis 2015.


Desservant six localités pour une population estimée à 11 000 habitants, le district sanitaire de Nyumashiwa enregistrait encore des décès maternels ces dernières années. «Entre 2020 et 2022, cinq décès ont été recensés, puis deux autres en 2023 et 2024», a indiqué le docteur Halisoi Maoulana Abasse, médecin-chef de l’établissement, qui a salué «une avancée majeure» tout en remerciant les autorités pour cet investissement. Pour le gynécologue Mohamed Ibrahim, plusieurs facteurs expliquent ces pertes en vies humaines.

Ils seraient selon lui liés «aux retards dans la prise de décision des femmes enceintes à se rendre à l’hôpital, aux difficultés de transfert vers l’hôpital régional de Fomboni en cas de complications, en raison de la distance, ainsi qu’à certaines insuffisances dans la prise en charge». Il estime toutefois que la mise en service du bloc opératoire constitue «une réponse concrète à ces défis».

L’événement a également été marqué par l’installation d’un nouveau spécialiste, le docteur Nourdine Allaoui, gynécologue-obstétricien formé dans le cadre du projet Compass. Originaire de Ndzuani, il devient le deuxième spécialiste du domaine à exercer à Mwali. 


«Pendant 20 ans, j’ai travaillé seul sur l’île, souvent sous pression. L’arrivée de ce collègue va alléger la charge et améliorer la prise en charge des patientes», a souligné le docteur Mohamed Ibrahim, qui appelle par ailleurs au renforcement du personnel, notamment en anesthésistes et en chirurgiens. De son côté, le docteur Nourdine Allaoui s’est dit prêt à «collaborer étroitement avec les équipes locales au service de la population».

 Enfin, la gouverneure de Mwali a rendu hommage aux deux médecins pour leur engagement. « Je tiens à saluer le docteur Mohamed Ibrahim. Grâce à lui, j’ai pu donner naissance à mes trois enfants», a-t-elle témoigné. Elle a promis de «poursuivre les efforts pour améliorer l’offre de soins dans la région de Mledjele»