La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose a été célébrée hier, lundi 24 mars, au siège du ministère de la Santé. Cet événement devait marquer l’importance de l’engagement, des investissements et des actions concrètes pour lutter contre cette épidémie mondiale. La cérémonie a été présidée par le directeur général de la Santé, en présence de la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et de plusieurs responsables du secteur. Le thème retenu cette année, «Oui, nous pouvons mettre fin à la tuberculose», est censé refléter un appel à l’espoir, à l’urgence et à la responsabilité.
Comme chaque année, les Comores se sont jointes à la communauté internationale pour commémorer cette journée. Le directeur général de la Santé, Saindou Ben Ali, a rappelé que la tuberculose demeure la première cause de décès due à un agent infectieux, devant le Vih/Sida et le paludisme. «Pourtant, cette maladie peut être prévenue et guérie. Grâce aux avancées en matière de prévention et de diagnostic, nous sommes aujourd’hui en mesure d’y mettre fin», a-t-il déclaré. Il a également annoncé une diminution du nombre de cas par rapport aux années précédentes, signe des progrès réalisés.
Toutefois, il a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts pour « lutter contre la tuberculose multi résistante» et «renforcer l’engagement national». Concernant la prise en charge des malades, les chiffres sont encourageants : le taux de guérison atteint 92%, contre un objectif mondial fixé à 80 %. «Le rapport 2024 sur la tuberculose aux Comores indique un taux de notification de 131 cas, soit 81 % des cas attendus. Ces résultats montrent que le programme national de lutte contre la tuberculose doit intensifier ses efforts pour atteindre les objectifs fixés par l’Oms», a-t-il ajouté.
Actions renforcées
La représentante de l’Oms aux Comores, Nkurunziza Triphonie, a rappelé que la tuberculose est redevenue, en 2023, la principale cause de mortalité liée aux maladies infectieuses. La région africaine de l’Oms a enregistré environ 2,5 millions de nouveaux cas et 404 000 décès, soit une vie perdue toutes les 78 secondes. Face à cette situation alarmante, elle a appelé à des actions audacieuses et à un engagement renouvelé, notamment par des investissements soutenus pour éradiquer la maladie en Afrique.
Elle a également évoqué la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose en 2023, où les dirigeants mondiaux, y compris ceux d’Afrique, ont pris des engagements forts pour accélérer la riposte. «Le moment est venu de transformer ces engagements en actions concrètes afin que chaque personne à risque ait accès à la prévention, au diagnostic et à un traitement rapide», a-t-elle conclu.
Nakib Issa et Moindjie Moinourou