Au cours de cette célébration, le ministre a annoncé que les autorités de santé comoriennes sont en train de voir comment disposer du vaccin antipaludique afin de renforcer la lutte contre cette maladie dans le pays.
Les autorités de santé comoriennes ont célébré hier, mardi 12 mai, la journée mondiale de la santé couplée à celle de la lutte contre le paludisme. Le secrétaire général du gouvernorat de Ngazidja et l’ambassadeur de Chine aux Comores, ont pris part à cette célébration, présidée par le ministre de la Santé. La célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme a été placée sous le thème : «Motivés pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons, maintenant nous devons agir».
«Le paludisme reste une menace réelle»
Le ministre a rappelé que le paludisme n’est pas une fatalité mais une maladie évitable et guérissable bien que les chiffres restent préoccupants. « Aux Comores, malgré des avancées significatives vers l’élimination, la situation nous interpelle fortement. Au cours des cinq dernières années : les cas autochtones à Ngazidja ont connu une augmentation alarmante, passant de 10 441 cas en 2021 à plus de 49 000 cas en 2025. Les cas importés ont fortement progressé à Ndzuani et Mwali », a mis en alerté le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi. Selon lui, ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. « Ils représentent des vies humaines, des familles affectées, des enfants privés d’école, des pertes économiques pour notre pays. Ils nous rappellent que le paludisme reste une menace réelle, et que les acquis restent fragiles », a-t-il poursuivi.
Et de formuler l’engagement du gouvernement à travers le ministère de la Santé et de la Protection sociale à «renforcer la surveillance épidémiologique aux points d’entrée, intensifier le dépistage systématique des voyageurs, assurer une prise en charge rapide et efficace des cas, renforcer la collaboration entre les îles». Il a ainsi appelé les différents partenaires à «à maintenir et renforcer leur appui», les professionnels de santé à « poursuivre leurs efforts avec engagement » et les communautés à «adopter des comportements préventifs».
«L’accès équitable aux soins pour toutes et tous»
Dans la foulée, le ministre de la Santé a fait savoir que les autorités de santé sont en train de voir comment se procurer du vaccin antipaludique dans le but de renforcer la lutte contre cette maladie qui sévit dans le pays depuis plusieurs décennies. «L’introduction des vaccins antipaludiques, de nouveaux outils de lutte anti vectorielle et l’amélioration des stratégies de traitement représentent une avancée majeure.
Parallèlement, le renforcement des capacités de recherche et de la production régionale en Afrique peut contribuer à garantir que l’innovation profite à ceux qui en ont le plus besoin», a lu docteur Ahamada Msa Mliva, représentant la cheffe du bureau-pays de l’Oms à cet évènement. Selon ce dernier, l’éradication du paludisme nécessite un effort de toute la société et pas seulement des acteurs du secteur de la santé, citant entre autres, les facteurs environnementaux, sociaux et économiques qui déterminent la transmission du paludisme. «Pour y remédier, il faut une collaboration entre les secteurs, notamment la santé, le logement, l’agriculture, l’éducation, l’environnement et les finances. Les communautés doivent également y participer activement», a-t-il suggéré. L’ambassadeur de la République populaire de Chine aux Comores, Huang Zheng, a pour sa part rappelé les efforts fournis par les différentes équipes médicales chinoises au profit de la lutte contre le paludisme dans le pays, citant à cet effet son appui dans les différentes campagnes de traitement de masse et de sensibilisation.
Par rapport à la célébration de la journée mondiale de la santé, le ministre a expliqué qu’elle était placée sous le thème : «Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science», mettant en avant le fait selon lequel, «sans science, sans innovation, sans solidarité, il ne peut y avoir de progrès durable en matière de santé». «Aujourd’hui, nous devons tirer les leçons de cette expérience et agir avec détermination en renforçant nos systèmes de surveillance sanitaire, notre capacité de préparation et de réponse aux urgences, l’accès équitable aux soins pour toutes et tous car la santé n’est pas un privilège : elle est un droit fondamental et un pilier du développement durable», a-t-il déclaré.



